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Bordeaux 2006: un millésime fin mais irrégulier..
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cliquez sur l'image pour l'agrandir
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Evaluation générale
du millésime par appellations
Le graphique ci-dessus présente la moyenne des notes obtenues
par tous les vins par
AOC en les comparant par rapport à
l'appellation la mieux réussie (cette année Pomerol). Ce tableau
est exprimé par rapport à la meilleure AOC située tout à gauche du graphique,
indiquée avec une valeur
relative de 100 points.
Ces évaluations par appellations vous permettront de définir vos
priorités régionales en vue de vos achats Bordeaux Primeurs ou lors des
Foires aux vins. Pour plus de détails, consultez grâce à notre moteur de recherche
"Recherche Vins", les plus belles réussites (et les échecs marquants) de chaque
région par millésime. (Izak Litwar) |
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Bordeaux 2006. compte rendu et analyse: une météo "yoyo"..
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Jusqu’aux vendanges et durant
celles-ci, la météo de 2006 ne fut pas égale pour toutes les
régions de Bordeaux. L’hiver fut relativement calme avec des
températures douces. Cependant, mars 2006 s’avéra être le mois
le plus pluvieux depuis 30 ans alors qu’avril et mai furent secs
avec des températures inhabituellement élevées pour le
printemps. A son tour, le mois de juin fut anormalement chaud et
sec, entraînant une rapide floraison sans histoire. Jusqu’à la
fin juillet, le millésime ressemblait à s’y méprendre au
phénoménal 2005. Mais c’est alors que les problèmes débutèrent
car août fut le plus froid depuis 20 ans avec un faible
ensoleillement et davantage de pluie. Septembre débuta sur une
semaine extrêmement chaude, humide et ensoleillée, rapidement
suivie par dix jours pluvieux et frais. Puis le beau temps
arriva à nouveau pour les derniers jours de septembre alors
qu’octobre se révéla instable dès le début.
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Culture, vendanges et vinification des Bordeaux 2006
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Les nuits froides d’avril
retardèrent le débourrage des vignes. Alors que dans certaines
régions il avait lieu le 1er avril, certaines vignes ne
débourrèrent qu’à partir du 18. Un débourrage tardif ne signifie
pas forcément dire un millésime de mauvaise qualité, mais
annonce plutôt des vins de style "classique". Et à ce moment-là,
il devint clair que les rendements de 2006 n’allaient pas être
très élevés, tout comme en 2002 et 2003. De plus, une gelée
matinale le 11 avril ne fit qu’ajouter à l’argument que les
volumes seraient bas cette année.
Le mois de mai fut presque parfait. Aux températures douces
succédaient quelques pluies douces et régulières vers le milieu
du mois. Puis la floraison débuta sur les chapeaux de roues,
accélérant notablement alors que les températures basculaient en
une véritable vague de chaleur. Rapidement les 30° furent
dépassés. On notait quelques cas de
coulure sur certains
Merlots à cause des variations extrêmes des températures, mais
la situation n’était pas vraiment critique.
En juin, de nombreux orages arrosèrent, hélàs de façon
aléatoire, le bordelais, évitant presque totalement le Médoc et
le Sauternais. A ce stade, les pluies printanières étaient
absorbées et si les vignes avaient certes belle allure, l’herbe
sur le côté des routes tournait franchement au jaune. La seconde
moitié de juin confirmait cette tendance sèche et à part
quelques orages très localisés, principalement concentrés sur la
rive droite, Pessac-Léognan et Graves, le Médoc dans son
ensemble resta totalement asséché. Avec des températures diurnes
largement au-dessus des 25°, Bordeaux s’attendait déjà à un
nouvel été aride.
En effet, un mois de juillet extrêmement chaud et sec, ne
faisait que confirmer ce sentiment alors que les températures
culminaient de 4° au-dessus de la moyenne des 85 dernières
années. La vague de chaleur trouva son paroxysme début juillet
avant que la chaleur n'accorde un court répit d'une semaine
avant une suite de 19 jours consécutifs au-dessus des 30°. Cette
période représente la plus longue période de canicule
jamais enregistrée (août 2003 n’avait compté que 13 jours
consécutifs de canicule).
Quels furent les effets d'une telle canicule sur la vigne? Avant
la
véraison, les raisins ne sont pas capables de constituer du
sucre comme ils le feraient au mois d’août et certains affirment
que seuls les
tannins et la peau arrivent à se développer avec
de telles conditions.
A partir du 1er août la situation changea du tout au tout. Les
hautes pressions se dégonflèrent, permettant à une suite de
dépressions de traverser rapidement l’Europe. Si celles-ci ne
produisirent pas énormément de pluies et le mois passa en une
série de semaines fraîches et plutôt bruineuses. Les effets sur
la vigne étaient clairs. De petites baies dures, les raisins se
transformèrent, gonflant significativement à la suite des fortes
pluies de la mi-août. Dès lors, les risques de pourriture se
faisaient dangereusement sentir. En l’espace d’un mois, l’idée
de produire un second millésime extraordinaire de suite s’était
muée en une course pour sauver la récolte!
Tout comme en 1996, début septembre apporta du beaume au coeur
avec l’anticyclone des Açores amenant à nouveau un cycle d’air
chaud sur Bordeaux. Les températures reprirent immédiatement
l’ascenseur, dépassant à nouveau les 30° et écrivant sur les
tabelles de nouveaux records pour un début septembre qui s'avéra
le plus chaud depuis 1921!
C’est à cette époque que les premiers blancs de Pessac furent
vendangés dans des conditions fabuleuses. L’ensemble de la
récolte était rentré lorsque le temps changea à nouveau le 11
septembre. Les raisins étaient parfaitement mûrs, présentant des
conditions sanitaires excellentes, de bons niveaux de sucre tout
en préservant une belle fraîcheur. Il était clair que 2006
serait une magnifique année pour les blancs secs.
Il était maintenant temps de commencer les vendanges pour les
rouges. Les terroirs précoces, particulièrement à Pomerol et
dans les Graves, vendangèrent leurs Merlots durant la semaine du
11 septembre, alors que Saint-Émilion et le Médoc vendangèrent
les leurs après le 18. Hélas, les hautes pressions choisirent
fort malencontreusement cette semaine cruciale pour disparaître
et permettre à une série de fronts pluvio-orageux de venir
perturber la récolte. Ce système perturbé était vraiment de
trop, diluant les Merlots non vendangés et concentrant leurs
tannins aux dépens de la sucrosité du raisin. Ceci obligea de
nombreux domaines à rentrer leurs Merlots alors qu’ils n’avaient
pas tout à fait atteint leur maturité phénolique optimale. Il
faut cependant noter, que certains terroirs tardifs purent
attendre l'embellie du mois d’octobre. Mais en règle générale ce
fut une course contre la montre, surtout sur la
Rive Gauche,
pour tout ramasser avant que les baies soient trop sévèrement
touchées par la pourriture. Etonnamment, ce ne sont pas les sols
constitués de graves profondes qui tirèrent le mieux leur
épingle du jeu et certains sols argileux semblèrent même mieux
faire dans ces conditions très particulières.
A l’heure de la récolte des
Cabernet-Sauvignon début octobre,
cette variété avait profité de l'embellie des semaines
précédentes pour reconcentrer ses
sucres. Au vu de la situation,
de nombreux propriétaires avancèrent la date des vendanges,
estimant le degré de maturité atteint. Egalement ce fut durant
cette semaine-là que le Sauternais enregistra un bénéfique
déploiement du
Botrytis. Ainsi, grâce à leurs 3e et 4e
tries,
les vins liquoreux présentent finalement une qualité générale
tout à fait satisfaisante. (Tony Le Ray Cook - Wine & Dine)
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Les conclusions de Winemega.com sur le millésime 2006
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Nos classements montrent que
l’appellation
Pomerol
est la gagnante cette année. Les scores
moyens de tous les domaines (39) atteignent une valeur moyenne
exceptionnelle de 90,6 points, surpassant ainsi tous les records
des années précédentes. Ce fait est-il dû à l’amélioration
qualitative des vins ou à un progressif phénomène inflationniste
des scores parmi les critiques ?
Bon second,
Saint-Julien à nouveau fait montre de son excellence
et de sa légendaire constance. Ces deux appellations sont
suivies de près par
Pauillac et
Pessac-Léognan.
Saint-Émilion a
certes produit parmi les meilleurs vins de 2006. Mais la
performance globale de l’appellation semble quelque peu
irrégulière.
Saint-Estèphe et
Margaux abritent également de bien beaux vins
mais les résultats d’ensemble semblent, là également, assez
inconsistants.
Généralement, les performances des régions
Médoc,
Listrac,
Moulis,
Haut-Médoc ainsi que des
Satellites de la Rive Droite,
bien que présentant ça et là de beaux résultats, restent en
dessous de la moyenne générale.
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Inflation des notes? |
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114 domaines ont, cette année, enregistré des notes moyennes en
dessus de 90! Une telle abondance de scores "stratosphériques"
n’a jamais été constatée auparavant ! Voici une comparaison de
l'évolution du nombre de notes moyennes > 90 et > 95 sur les dix années
précédentes:
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1997 |
1998 |
1999 |
2000 |
2001 |
2002 |
2003 |
2004 |
2005 |
2006 |
| >90 |
28 |
41 |
26 |
24 |
21 |
22 |
56 |
34 |
52 |
114 |
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Proportion (%) |
10.3 |
14.1 |
8.4 |
7.3 |
6.4 |
6.6 |
16.5 |
9.9 |
14.9 |
32.8 |
| >95 |
2 |
4 |
0 |
4 |
0 |
0 |
4 |
1 |
10 |
10 |
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Il
faut également relever que l’écart-type des scores mesurant
les divergences entre dégustateurs, est particulièrement bas cette année. Ceci
signifie qu’un large consensus s’est fait jour concernant la
qualité des vins. Alors, 2006 année exceptionnelle? Est-ce
réellement que le nombre de vins de grande qualité aurait
spectaculairement augmenté grâce à de nouveaux viticulteurs, à
l'implémentation de nouvelles techniques, aux divers progrès techniques? Ou sont-ce les critiques qui se laissent
aller à davantage d'indulgence qu'il y a seulement 5 ou 10 ans? Ces questions restent ouvertes en attendant
que chacun se fasse sa propre opinion, verre en main!
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L'effet note
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Pour plus de détails sur ce sujet, veuillez
vous reporter à notre page
TOP Qualité/Prix, ou lire notre étude sur
les Prix du marché
et le calcul du Juste Prix.
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Style des Bordeaux 2006
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Blancs secs :
Les conditions particulières du 2006 ont été idéales pour les
blancs secs, la fraîcheur du mois d’août qui a contribué à
préserver l’acidité du fruit, facteur tellement important pour
exhauster le caractère fruité de ces vins. La semaine de chaleur
juste avant les vendanges permit au raisin de parfaitement
mûrir. Les vins s’annoncent concentrés, aromatiques, superbement
structurés et d’un niveau que nous n’avions pas vu depuis de
nombreuses années.
Sauternes Barsac :
La qualité n’est certainement pas aussi belle qu’en 2001, 2003
ou 2005. Comme en 1997, Sauternes a dû combattre les mouches
drosophiles qui sont venues perturber ce millésime. Ces
insectes, appelés aussi mouches du vinaigre, prolifèrent grâce à
des conditions météo favorables et attaquent les raisins en
perçant la peau, ce qui provoque des goûts aigres dans le fruit.
Ils sont ainsi responsables cette année de 15% à 90% de perte de
récolte selon les terroirs. Grâce à des tries sévères en
septembre et lors des vendanges la qualité des vins peut,
cependant, être jugée bonne mais de faible volume.
Vins rouges Rive Droite :
Les terroirs précoces de la Rive Droite tel Cheval Blanc et la
Plateau de Pomerol eurent à choisir de ramasser leurs Merlots
avant les pluies alors que les baies n’étaient pas totalement
matures ou de prendre le risque d’attendre la fin des pluies. Il
s’avère que la meilleure stratégie a été d’avoir fait un peu des
deux. De nombreux exemples sont là pour le prouver. Les terroirs
plus tardifs qui durent attendre après les pluies pour vendanger
sont clairement d’un niveau inférieur. On ne peut ainsi
considérer 2006 comme un grand millésime de Rive Droite comme
l’est 1998 par exemple mais plutôt à une année sélective avec
des vins qui pourront ressembler, dans certains cas aux 1995.
Vins rouges Rive Gauche :
Les Merlots Médocains furent, probablement, plus affectés par
les pluies de septembre que sur la Rive Droite. Ainsi de
nombreux domaines ont décidé de les intégrer, majoritairement,
dans leur second vin. Les Cabernets ont finalement bien survécu
aux pluies de la mi-septembre et présentaient une belle maturité
lors des vendanges début octobre. Pour les producteurs
méticuleux, le résultat est souvent excellent pour autant que la
sélection pour le Grand Vin ait été sévère. Ainsi de nombreux
Châteaux de la Rive Gauche déclarent une proportion très élevée
de Cabernet. Ainsi à Château Margaux seule 45% de la récolte de
Cabernet finira dans le premier vin pour un assemblage d’où le
Merlot est quasiment exclu. Le cas est similaire à Latour (38%
de la récolte dans le grand vin dont 86% de Cabernet).
Le style des 2006 médocains n’aura que peu de similitude avec
les millésimes récents (2000, 2003, 2005) mais rappelle
clairement les structures classiques des 1986 et 1988.
Vins rouges Pessac-Léognan :
Les producteurs de l’appellation confirment la qualité des
Cabernets, bien qu’ils aient été capables de rentrer leurs
Merlots dans d’assez bonnes conditions. Les Cabernets sont ainsi
souvent remarquables, permettant l’élaboration de vins fins et
bien équilibrés. Finalement, une belle année pour l’appellation
Graves Pessac-Léognan. (Simon Staples)
Grâce à sa méthodologie "statistique", Winemega est à même de vous guider
clairement dans vos achats,
en toute objectivité et sans aucun conflit d'intérêts.
Merci aux contributeurs mentionnés de leurs appréciations sur
Bordeaux 2006: - Tony Le Ray Cook
- Izak
Litwar
- Simon Staples
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Charles Wyplosz et
Alain Bringolf pour Winemega.com
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