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Bordeaux primeurs 2009 Le classement
2009 des meilleures
AOC bordelaises |
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Mise en bouche
Ecrit par Boottle-Man le 29 Mars 2010
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Bon.. me voici de retour “at home”
après 80 crus derrière la cravate.. la bouche pâteuse mais
l’esprit vif!
Alors.. 2009, troisième millésime du siècle de la décennie à
Bordeaux? Pour tout dire, je me tâte encore.. Faudra confirmer
ce premier sondage lors des dégustations de ces prochains jours.
Temps gris, mais sans pluie ce matin.. 14°: les conditions
idéales pour amorcer mes primeurs 2009 à Bordeaux au Château de
Carles à Fronsac pour une session du Cercle de la Rive Droite à
l’attention de la presse. Sous l’oeil attentif d’Alain Raynaud
qui vient serrer les louches et échanger quelques mots aimables
avec chacun, me voici enfin à l’œuvre entre un journaliste
danois et un américain autour d’une petite table ronde.
Quelques têtes connues sont déjà concentrées dans la salle..
Jacques Perrin fait crépiter son clavier alors que Jean Solis
semble particulièrement inspiré dans ses prises de notes.
L’arrivée de Michel Bettane crée même un mini-évènement..
Quelques mots échangés avec lui lors de la pause-buffet
m’apprennent qu’il ne dégustera pas davantage aujourd’hui car il
juge les conditions de pression atmosphérique défavorables aux
vins. Ah ben, c’est pas trop de chance, Michel, car les
conditions météo ne vont pas vraiment changer ces prochains
jours! Faut faire avec.. ou alors revenir cet été lors du
robuste anticyclone prévu entre le 24 juin et le 2 juillet!
Une impressionnante tablée de 25m de long supporte des centaines
de bouteilles sagement alignées de Bordeaux Supérieurs, Loupiac,
Sainte-Foy, Premières Côtes de Bordeaux, Blaye, Bourg,
Castillon, Francs, Fronsac, Canon-Fronsac. Le tour de table se
termine par Lalande de Pomerol, Pomerol, Saint-Emilion et
Saint-Émilion Grand Cru… Quel programme!!
“Et alors.. ce 2009?” salivent déjà les gourmands de la rubrique
Boottle-Primeurs.. Minute papillon.. j’y arrive!
Dressons déjà une fiche signalétique du vin-type cette année:
Couleurs particulièrement denses, profondes
Des arômes de fruits noirs, savoureux pour les vins à ma
gauche.. confiturés pour ceux à ma droite. Des boîtes à
condiments et du bois.. parfois énormément de bois!
Une grosse.. très grosse structure.. corsée, charpentée. Les
tannins sont souvent mûrs, épicés.. croquants dans les meilleurs
des cas, charnus et robustes pour d’autres. Au point que nombre
de vins semblent singulièrement manquer d’élégance à ce stade
d’évolution.
La sélection est cependant hétérogène, un bon tiers des crus
montrant une précision et une finesse tout à fait prometteuse et
se dégustent avec plaisir et une certaine facilité, à l’autre
bout du spectre, certains “cancres” habituels semblent forcés,
fardés, hyper-extraits alors qu’il suffisait pourtant
d’accompagner la richesse naturelle de la matière cette année!
Parmi eux, beaucoup sont marqués par une liqueur alcooleuse
dominante, parfois gênante.. mais reconnaissons que beaucoup de
crus ont su maîtriser les fermentations avec doigté et montrent
des échantillons gourmands, équilibrés, à la texture ciselée et
étonnamment digestes en ce moment!
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Pessac, ça remue Graves
Ecrit par Boottle-Man le 30 Mars 2010
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Bon. On a déjà dû la faire 1855 fois, celle-là. Mais il y a tout
de même un fond de vérité à ce titre digne du meilleur Luc
Plamondon!
9h30 – me voici sonnant à la porte de Smith Haut Lafitte… enfin,
façon de dire puisqu’une centaine de voitures sont déjà garées
le long des vignes. Pour un moment d’intimité, faudra repasser..
ou alors réserver un week-end “Spa et Wellness” en amoureux aux
Caudalies!
Tour de chauffe en passant en revue une quinzaine de blancs
secs, puis plongée en apnée profonde pour les rouges.
Curieusement, de (très) jeunes professionnels venant de Shangai
se tiennent au milieu de la pièce, discutant entre eux comme
lors d’une cocktail party. Je me demande si ils ont bien compris
le principe de la dégustation primeurs. Au même moment, Florence
Cathiard, en bonne maîtresse des lieux à qui rien n’échappe, les
prend en charge.. avec un doigté diplomatique!
De nombreuses chaines télé (France 2, France 3) et la télé
japonaise qui filme en direct avec envoyée spéciale nippone au
nez fripon. Et puis Boottle-Man a même son quart d’heure de
célébrité avec interview par une charmante et souriante
journaliste de France 3 Aquitaine. Dommage, j’ai pas arboré mon
écharpe aux couleurs de Boottle. Faut vraiment penser à tout
lors de la campagne primeurs !
Robes pâles, encore non filtrées. Pour certains blancs, les
bâtonnages sont encore en cours au chai, action permettant de
remettre régulièrement les lies en suspension dans les barriques
afin d’étoffer la structure et les arômes.
Pour la plupart, les nez sont fins, fruités (agrumes, pêche..
selon la proportion de Sémillon). Les sensations en bouche sont
fraîches, montrant un fruit mûr et une belle clarté avec parfois
de délicates notes salines qui donnent du relief à ces vins.
Difficile encore d’évaluer si 2009 sera LE millésime référence,
surtout après la suite des excellents millésimes récents. Mais
en tout cas, il n’aura pas à rougir de ses prestigieux ainés.
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Pourtant, que la Rive Droite
est belle..
Ecrit par Boottle-Man le 13 Avril 2010
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“Ô temps! suspends ton vol, et
vous, heures propices!
Suspendez votre cours:
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours!” (Alphonse de Lamartine)
Ces quelques vers intemporels et sublimes pour excuser mon
silence sur la rubrique “Primeurs 2009″ de Boottle, le
tourbillon de ces dernières journées n’ayant laissé que des
poussières de lune entre mes doigts.
Le lundi quasi estival à Pessac laisse la place à un temps
détestable le jour suivant. Chute brutale des températures et
pluie en bataille, portée par un vent océanique de fort méchante
humeur. L’essuie-glace en rythme accéléré, me voici arrivé chez
Jean-Luc Thunevin et son team de producteurs qu’il couve comme
une vraie mère poule. Ambiance chaleureuse et bon enfant. La
grande foule n’est pas encore sur place et les discussions avec
les vignerons vont bon train. Idéal pour se mettre dans le bain!
Les Angelots de Gracia me font une excellente mise en bouche et
Château Gracia, élégant comme une Yelena Isinbayeva, fixe la
barre à des hauteurs déjà vertigineuses! Michel affiche une
fierté légitime pour son 2009 qui fait plaisir à voir autant que
son vin à boire.
Tiens.. et si je sautais (à la perche) sur la rive opposée? Le
rare Château Marojallia, LE vin de garage de Margaux (1.2 ha),
extrêmement profond et onctueux, donne un aperçu de ce qui
m’attendra le lendemain dans le Médoc. Un peu plus loin, Fleur
Cardinale, au fruit pur et à la trame soyeuse me donne envie de
tout avaler. Allons.. ce ne serait pas raisonnable à cette heure
matinale! Beaucoup de belles choses le long des stands et même
Faugères et sa cuvée de luxe “Péby“, dont je ne suis
habituellement pas particulièrement fan, me comble de
contentement. Tiens, voilà Denis Barraud qui m’accueille avec un
grand bonjour chaleureux. Bon sang.. cette Lynsolence me fige
littéralement de bonheur. A la table à côté, le médocain Rémy
Fauchey sourit dans sa moustache en me présentant sa cuvée
éponyme de l’Inclassable (l’ex-Château Lafon).. Excellent vin,
fin et volumineux mais sans excès, typiquement le genre de
bouteille pour les amateurs recherchant le très bon à prix
raisonnable. Déjà presque midi! Je salue en vitesse Jean Guyon
et Emmanuel Bonneau, ravis à très juste titre, de leur Château
Rollan de By et Haut Condissas avant de rouler sur Pomerol où
j’ai rendez-vous au Château Roses Camille, toute petite parcelle
d’un hectare jouxtant l’Eglise-Clinet. Depuis 2005, Christophe,
la passion chevillée au corps, y produit 2 à 3000 bouteilles
d’exception et son 2009 est tout à fait remarquable, à la fois
svelte et concentré.
Petit casse-croûte vite fait en sa compagnie à Libourne et me
voici déjà en piste vers Angélus. Ambiance plus feutrée avec
beaucoup de marchands étrangers (anglais, danois, allemands..),
presque tous endimanchés en costume sombre. Quelle drôle d’idée!
A côté, mon banquier suisse fait preuve d’une fantaisie
vestimentaire affriolante!
Le Plus de Fleur de Boüard est très très bien. Bellevue est fin
et précis. Et Angélus? Un vin M O N U M E N T A L.. qui emplit
la bouche avec élégance. Mais l’ombre au tableau est sa finale
un peu trop chaude à mon goût. Le Directeur technique avoue
d’ailleurs qu’il tire à 15°! Ouch.. Napa Valley n’est pas loin!
Un très beau Clos la Madeleine, floral et élégant, me remet les
idées en place avant que je file à la superbe salle des
Dominicains au coeur de Saint-Emilion.
Voici l’endroit le plus méconnu de la Rive Droite où pourtant,
on y trouve une diversité de vins remarquable avec plus de 300
crus présentés. Plusieurs échantillons me séduisent tout
particulièrement: Château Mangot des frères Karl et Yann
Todeschini.. minéral et fin. La Cuvée Todeschini à forte
proportion de Cabernet Franc (40%), élaborée en vinification
intégrale en barriques ainsi que la Cuvée Quintessence
constituée à 100% de vieux Merlot sont “top de chez top”. Je
note également les excellents Châteaux Vrai Canon Bouché à
Canon-Fronsac, Lafon La Tuilerie (St-Emilion GC), Château Jean
Faure (idem), Grandes Murailles (itou), Clos Saint-Martin et
Tour du Pin, tous à St-Emilion.
Cette journée marathon se termine à La Grappe de Stéphane
Derenoncourt au Château la Gaffelière. Il est déjà presque 17h
et je me concentre alors sur une quinzaine de crus. Ce d’autant
plus que j’y retrouve quelques connaissances qui me freinent
dans ma boulimie dégustatrice. Qualité remarquable.. voire
exceptionnelle sur Pavie-Macquin, Larcis-Ducasse,
Beauséjour-Duffau et enfin la cuvée “1901″ de Beauséjour à
Montagne Saint-Emilion qui me font tous frémir de bonheur!
La nouvelle de l’annulation d’une soirée avec des amis ne
m’attriste finalement pas trop et c’est avec plaisir que je
retourne au soleil couchant à Bordeaux City sur mon fier
destrier (I’m a poor lonesome cowboy..), le sentiment du devoir
accompli avec près de 130 vins dégustés en 9 heures!
Quelquefois, je m’étonne moi-même!
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Compte-rendus de dégustations Bordeaux
2009, suivez ce lien |
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Modique Médoc, où es-tu ?
Ecrit par Boottle-Man le 20 Avril 2010
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Levé à potron-minet sous un ciel
apaisé par rapport au temps exécrable de la veille. C’est
aujourd’hui ma grande tournée dans le Médoc! En direction de
Pauillac, roulant au pas derrière de lourds camions, je constate
que la pluie des derniers jours a carrément formé de petits
étangs le long des palus gorgés d’eau où le soleil, encore bas,
s’y reflète avec éclat. Deux-trois virages et voici enfin le
Château Batailley où se tient cette année la dégustation
organisée par l’Union des Grands Crus (UGC).
Malgré l’heure matinale, c’est déjà la grande foule et le
personnel de Batailley s’affaire à éviter aux visiteurs de trop
s’embourber dans la gadoue bordant la départementale. Il fait
bien frais et cette température s’en ressent quelque peu dans la
salle où les vins sont servis à température ambiante.. c’est à
dire trop froids! Qu’importe: ma motivation est à son comble et
je bifurque immédiatement sur la gauche pour évaluer
Saint-Julien, fidèle à lui même, présentant des échantillons
homogènes et de qualité irréprochable.
Dans la continuité, Pauillac est plus contrasté. Des vins
décevants.. (D’Armailhac, Croizet-Bages, Lynch-Moussas) cotoient
d’authentiques merveilles !
Orpheline de ses principaux crus prestigieux, Saint-Estèphe est
réduit cette année à portion congrue et le niveau général, sans
être mauvais loin de là, ne fait pas couler de larmes de
bonheur. C’est agaçant !
Attention, coup de gueule!
Cette nouvelle mode des Châteaux dits “de luxe” à vouloir
présenter les primeurs directement à la propriété, me semble
perverse et injuste. Pour accéder à leurs vins, il faut prendre
rendez-vous bien à l’avance et, faute de temps sur les quatre
jours de la semaine-primeurs, le dégustateur stressé ne goûtera
finalement que les 40 “blockbusters” , ce qui est bien dommage
pour lui. De plus, cette nouvelle mode ridicule oblige
professionnels et journalistes à parcourir un cumul ahurissant
de kilomètres (c’est vaste la Gironde), frisant les excès de
vitesse dans les contours et les accidents de la route afin
d’arriver pile à l’heure aux propriétés, sous peine de se voir
refuser l’entrée, mésaventure arrivée à une connaissance cette
année au Château Latour!
Ceci dit, les dégustations organisées par l’UGC seront bientôt
totalement vidées de leur substance première car outre les 1GCC,
la catégorie des “Seconds” n’y est quasi plus représentée,
préférant elles aussi, faire classe et recevoir au domaine (Pontet-Canet,
L’Évangile, Duhart-Milon, Grand Puy Lacoste, Montrose, Cos d’Estournel,
Palmer etc..). Cette tendance est en marche et il ne
m’étonnerait pas que les derniers mohicans de l’UGC, je cite les
deux Pichon, Léoville-Barton, Poyferré et Lynch-Bages ou, La
Conseillante, Troplong-Mondot ou Pavie-Macquin sur l’autre rive
ne cèdent prochainement à l’appel des sirènes du « Quand vous
descendrez, montez voir le petit comme il est grand! ».
Mais plus grave à mon sens : les dégustations à la propriété ont
l’inconvénient majeur qu’il y est, fort logiquement, impossible
d’y déguster à l’aveugle. Le cadre, l’ambiance et le cérémonial
des lieux ne vaudrait-il pas 1 ou 2 précieux points
supplémentaires sur l’inconscient du dégustateur, alimentant
ainsi la spéculation finale du marché ?
Avant de passer l’après-midi à Margaux, petit saut à Biturica.
Pour ceux qui l’ignorent, le groupe Biturica regroupe neuf
viticulteurs provenant de la partie la plus méridionale du
Sud-Médoc. Leurs vins sont qualitatifs et représentent, pour la
plupart, d’excellents rapports Qualité-Prix. Mention très bien
pour Château Belle Vue, Château Mille Roses et d’Agassac 2009.
Le type même de vins que rechercheront les amateurs de Médoc.. à
prix modiques! |
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Margaux: jeux d’ombres..
Ecrit par Boottle-Man le 25 Avril 2010
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Après une pause ensoleillée.. et bienvenue en matinée, voici que
la pluie se remet à tomber avec rage à mon arrivée au Château
Desmirail. Les bourrasques de giboulées font s’envoler les
frêles parapluies multicolores et je prends le pari de laisser
le mien dans la voiture en piquant un sprint depuis le parking
jusqu’à la porte d’entrée. Tout en m’activant en direction du
sas d’entrée mis en place par l’UGC, je ne cesse de me poser la
question existentielle qui me taraude depuis des décennies: “En
courant, je me mouille davantage que si je marche
tranquillement. Mais est-ce compensé par le fait que je reste
moins longtemps sous la flotte?”. Ayant battu à cette occasion
mon record personnel du 243m – départ gravier, la question reste
toujours ouverte.. par manque de temps pour y réfléchir!
Je suis rapidement happé par la foule des grands jours dans la
salle de dégustation. Le temps de reprendre mes esprits et
d’agripper un verre, me voici déjà devant une valeur sûre le
l’appellation: Brane-Cantenac! C’est dense, corpulent, long en
bouche avec des tannins fins et un beau fruit mûr.. Miam!
Est-ce cette année que sonne l’heure de gloire de Margaux? Après
une suite de millésimes décevants, où de nombreux vins de l’AOC
ne se montraient pas à la hauteur de leur prestigieuse
réputation, cachant leur manque de maturité phénolique chronique
sous le maquillage d’un élevage outrancier, ce millésime 2009
pourrait ENFIN redorer l’image globale de l’appellation.
La suite de la séance de dégustation me laisse pourtant
perplexe.. Si certains domaines ont certes sorti le très grand
jeu, quelques indécrottables cancres ont tout de même réussi à
produire des vins astringents, aux tannins anguleux, mal
structurés.. Bon sang.. mais comment ont-ils fait avec une telle
matière première!?!
Début octobre, j’ai (modestement) participé aux vendanges chez
Patrick Grisard dans le Haut-Médoc. De peur que je ne me coupe
un doigt – je suis particulièrement maladroit pour ceux qui ne
me connaissent pas perso , Patrick m’avait attribué une place à
la table de tri. Boulot peinard cette année, tellement il y
avait peu à jeter! Et mal au ventre en fin de journée, à force
de croquer “en passant”, de ces belles baies douces et gorgées
de soleil qui défilaient devant moi.. Or à voir le résultat ici,
c’est à croire que certains ont vendangé avant les vacances
d’été! |
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Sauternes-Barsac, la belle oubliée
Ecrit par Boottle-Man le 2 Mai 2010
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Imaginez la région viticole la plus
traditionnelle de France, dont le mode de culture ragoûtant est
de cueillir des raisins “pourris”, dont la recherche de
perfection fait appliquer des micro rendements à faire avaler
leur bretzel de travers à tous les productivistes de Wall Street..
Une appellation forçant l’admiration pour la complexité et la
longévité quasi éternelle de ses nectars, dont les prix battent
les records chez Christie’s à Londres ou à New-York.. Avec de
tels arguments, vous pensez certainement que la présentation de
la dernière livrée des liquoreux de Sauternes et de Barsac,
déclencherait tapis rouge, partisans en délire et meute de
paparazzis en bas des marches.
La réalité est finalement toute autre. Exilée en pleine
cambrouse médocaine…… dans le but louable d’essayer de
rapprocher cette région géographiquement décentrée du reste du
vignoble bordelais, les journalistes invités par l’UGC ne
semblent daigner qu’en dernier ressort, à tremper leurs lèvres
pigmentées de violet, dans ces jus liquoreux à la douceur
suspecte.
Et il faut dire que par le passé, le sauternais a parfois
présenté quelques échantillons laborieux, au sucre (souvent
ajouté) envahissant, sans grâce ni race. Mais en faisant les
comptes, voici bientôt 10 ans que Sauternes-Barsac produit des
vins exceptionnels et, sur la dernière décennie, quasi rien
n’est à jeter! Hasard des chiffres, ce sont surtout les années
impaires qui excellent: 2001 et sa richesse exubérante.. 2003
d’une volupté à couper le souffle.. 2005 et son crémeux délicat
du fruit.. 2007 avec sa structure ciselée et vibrante..
Et cette année encore, les dégustateurs présents au cuvier du
Château Dauzac (Margaux) arborent des mines extatiques devant la
qualité céleste des échantillons proposés. Au point que les
discussions dans les allées portent principalement sur la
possibilité, tout à fait plausible, que 2009 soit le plus grand
millésime vu de mémoire d’homme! Les meilleurs 2009 allient une
étonnante impression de puissance contenue, soulignée par une
finesse et une précision de structure encadrant une pureté rare
de fruit dont même les vieilles barbes ne gardent pas de
souvenir équivalent!
Il est vraisemblable que de nombreux domaines du sauternais ont
produit, en 2009, un élixir qui représentera la référence ultime
de la propriété. Et de toute la semaine primeurs, je n’ai jamais
eu autant de peine à ne PAS avaler ces hydromels divins!
Même si, par faute de temps, je n’ai pas pu me rendre à Château
d’Yquem, seigneur incontesté des liquoreux, la qualité
époustouflante des vins auxquels j’ai accédé me suffit à penser
que l’amateur ne devra surtout pas oublier de cocher quelques
références dans sa liste à commissions des primeur! |
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Pomerol.. et autres Droitiers non contrariés!
Ecrit par Boottle-Man le 12 Mai 2010
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Jeudi.. dernier jour de cette courte semaine des primeurs, comme
déroulée en accéléré. Paysages, rencontres impromptues et
découvertes chargées de grands souvenirs gustatifs.
Cette ultime journée sera donc consacrée à la Rive Droite, terre
de contrastes, de variétés de terroirs et pépinière de jeunes
talents, mordant à pleines dents dans la vigne, avec la volonté
inébranlable à faire bouger les lignes de front.
Le café matutinal à peine avalé, je me retrouve pour un second
tour à la superbe Salle des Dominicains, au coeur même de
Saint-Emilion.
L’avant-veille, par manque de temps, j’y avais négligé un
certain nombre de crus. L’occasion est rêvée de les évaluer au
calme des premières heures. Ambiance quasi monacale en ces lieux
plusieurs fois centenaires. Des marchands et négociants de
passage, griffonnent quelques références sur leurs petits
calepins. J’ai tout le loisir de me rendre compte combien
certaines appellations moins huppées au surnom co(s)mique de
“satellites”, ont produit des 2009 attractifs et ma foi, fort
qualitatifs. Les Châteaux La Rousselle, Moulin Pey-Labrie, Clos
du Roy – cuvée « Arthur », Tournefeuille ou encore Vrai Canon
Bouché me tapent particulièrement dans l’oeil. Je remonte
ensuite la longue rangée de bouteilles estampillées
“Saint-Emilion”. Les vins gagnent encore en densité.. Les
Châteaux Mangot – Quintessence, tout en opulence maîtrisée et
Lafon La Tuilerie, au fruit crémeux et à la trame tendue, fixent
haut la barre de référence pour la journée, que seuls quelques
cadors de l’appellation parviendront finalement à surpasser!
Grands Crus Classés de St Emilion à Beauséjour-Bécot
En quelques minutes, me voici arrivé au Château Beauséjour-Bécot
où l’UGC présente son bouquet de Grands Crus. Troplong-Mondot
m’époustoufle par son harmonie et sa finale voluptueuse, sans
artifice. Pavie-Macquin, son voisin de table et.. de terroir, ne
lui rend pas un mètre en terme de finesse et de pureté de
matière. Et Figeac, avec son 2009, tient probablement SA
réussite de la décennie: un grand classique, hyper précis avec
des tannins particulièrement salivants. Clos-Fourtet, racé et
croquant, est lui aussi d’une classe folle.
Après une pause casse-croûte, départ vers Pomerol, appellation
dont quelques bruits de couloir disent le plus grand bien. Comme
d’habitude, la plupart des “grandes gueules” locales ont préféré
tenir salon chez eux et seuls huit (!) crus locaux sont
représentés au Château Gazin.
Bien que quantité ne rime pas forcément avec qualité, cette
tendance est éminemment regrettable et certainement dommageable,
à moyen terme, pour l’avenir même des semaines primeurs (voir
mon coup de gueule). Grand choc gustatif avec Château La
Conseillante, au relief profond et d’une grande fraîcheur de
fruit. Château Clinet me ravit tout autant, dynamique, puissant
et particulièrement expressif. Pour moi, une des très grandes
réussites du millésime! Avant de rentrer sur Bordeaux, petits
détours aux Châteaux L’Evangile (un 2009 au profil dynamique et
très pur) et Bon-Pasteur (croquant et dense).
Le jour commence à tomber alors que je rentre sur Bordeaux-City
et les nuages à l’Ouest se teintent de rouge purpurin, comme en
ultime hommage au millésime 2009, parfois ombrageux mais aux
réussites fulgurantes!
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Alain Bringolf pour Winemega.com
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