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Côtes de Blaye, appellation
Bordeaux, France, vins de Bordeaux AOC Blaye,
Premières Côtes de Blaye, Rive droite |
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Côtes de Blaye, appellation Bordeaux, France, vins de
Bordeaux
AOC Blaye, Premières côtes de Blaye, Rive Droite
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Blaye en hiver..
Mark Pinsent, février 2007
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Résident à une heure de Bordeaux depuis exactement trois années,
il m’a semblé que mes ambitions de découverte du vignoble
bordelais devaient commencer par Blaye, l’appellation
géographiquement la plus proche de chez moi. La petite ville de
Blaye est située sur le Rive Est de l’estuaire de la Gironde,
exactement en face des prestigieuses appellations du Médoc qu’on
peut rejoindre en un quart d’heure de bac.
Je démarre donc la journée sous un ciel plombé et gris, d’autant
plus décevant que les jours précédents avaient été radieux. Je
décidais de prendre l’autoroute A10 à l’aller et de musarder sur
les routes campagnardes au retour. Tout au long du chemin, les
vignes s’étendent à perte de vue. Cependant, nous sommes encore
en Charente-Maritime et les vignobles traversés produisent
plutôt du Cognac ou du Pineau, un sirupeux, bien que délicieux
mélange de cognac et de jus de raisin qui a tôt fait d’enivrer
l’esprit des candides visiteurs. Ce n’est qu’à une soixantaine
de kilomètres de Bordeaux, en prenant pied en Gironde, qu’on est
soudain face à un grand écriteau “Vignobles du Bordelais” suivi
d’un second panneau représentant une grappe stylisée,
probablement érigé à l’attention des touristes non francophones.
Maintenant me voici de plein pied dans le pays du « vrai » vin !
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Le classement des Côtes de Blaye
Sorti de l’autoroute, la Nationale longue d’une quinzaine de
kilomètres, file en direction de la petite ville de Blaye est
truffée d’enseignes de châteaux, des Premières Côtes de Blaye
pour la plupart. Cependant, pour les non-initiés, la
classification de Blaye peut facilement prêter à confusion. Il y
a deux principaux classements : les châteaux « Premières Côtes
de Blaye » et ceux regroupés sous la dénomination « Blaye ».
Curieusement, les simples « Blaye » sont généralement considérés
comme de meilleure qualité. Ainsi que l’indique le guide «
Bordeaux Book » de Oz Clarke qui m’accompagne dans mes
ballades viticoles, « Blaye est une appellation récente
regroupant les vignobles présentant une plus haute densité de
plantation et qui s’efforcent de réduire les rendements, deux
facteurs renforçant la maturation et la qualité des vins. Les
crus sont régulièrement suivis par un panel d’experts qui
rejettent les vins qui ne rencontreraient pas les critères
qualitatifs établis ». En fait, la différence essentielle
entre les deux classement provient, depuis 2000, d'une
spécification de rendements inférieurs de 10 hl/ha pour les «
Blaye ».
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Terrifiants ramparts
Mon premier contact avec Blaye,
située à une cinquantaine de kilomètres au nord de la ville de
Bordeaux, est le grand centre commercial
situé en périphérie, suivi d’un cimetière, étonnamment situé à
proximité directe de l’hôpital ! Enfin, me voici arrivé à un
grand parking situé à un jet de pierre de l’estuaire de la
Gironde. Blaye est dominé par une impressionnante citadelle du
17ème siècle construite sur les plans de Vauban, qui mérite
largement le détour. Il y a même un petit lopin de vignes sur
les remparts, dont la visite est assez terrifiante ! Pas la
moindre barrière ou muret séparent le visiteur d’un vide de
plusieurs dizaines de mètres. Chaque année au mois de mars, la
citadelle est le théâtre de rencontres viticoles comprenant
moult manifestations et dégustations. Je soupçonne quelques
amateurs éméchés d’avoir déjà emprunté la « voie directe » pour
rejoindre le plancher des vaches..
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Maison du Vin
Après une rapide tour du centre ville,
5000 habitants et qui ressemble à n’importe
quelle petit bourg de province français, je repère avec plaisir
une boutique surnommée «
La
Maison du Vin » juste au moment où j’allais rejoindre ma
voiture. Établissement entièrement consacré aux vins de Blaye,
j’y retrouve quelques vins rouges recommandés par le guide d’Oz
Clarke et dont je croiserai plus tard quelques unes des propriétés lors de ma
promenade:
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Château Bel-Air La Royère, 2004, Blaye AC (19,00 euros)
Château Haut Bertinerie, 2000, Premières Côtes de Blaye (11,40
euros)
Château Les Jonqueyres, 2003, Blaye AC (14,50 euros)
Château Mondesir-Gazin, 2003, Blaye AC (11,00 euros)
Château Roland La Garde “Prestige”, 2001, Premières Côtes de
Blaye (9,00 euros)
Château des Tourtes, L’Attribut des Tourtes”, 2001, Blaye AC
(10,50 euros)
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Ballade bucolique
L’appellation Blaye est étonnement vaste. Bien que la surface
cultivée n’excède pas 15% de l’aire, le vignoble couvre près de
7800 hectares, dont 6000 pour les vins rouges, ce qui donne une
idée de l’étendue totale de l’appellation. Généralement,
l'appellation est vallonnée, ce qui est très favorable à la
culture de la vigne. La géologie de Blaye est composée
essentiellement d'un sol argilo-crayeux, de sable et de craie. A
certains endroits, la terre prend même des teintes rouges.
Reprenant la voiture, je décide d’effectuer une boucle à travers
l’appellation. Partant le long de l’estuaire vers Plassac, je
bifurque rapidement en direction des collines environnantes.
Immédiatement, quelques points de vue splendides sur les
vignobles accrochent le regard alors que la voiture musarde sur
de petites routes bucoliques. Soudain, me voici face au Château
Bel-Air la Royère dont j’avais repéré les bouteilles à la Maison
du Vin de Blaye.
Bien sûr, il ne faut pas juger un domaine par ses bâtiments.
Ici, on est loin de l’image d’Épinal des châteaux forts ou des
chartreuses rénovées aux jardins manucurés. Mais ce qui compte
dans la production de bons vins, c’est la qualité du terroir et
les compétences des gens qui conduisent le domaine. Château
Bel-Air la Royère est une propriété à l’allure modeste, mais
extrêmement soignée qui ressemble bien au style de ses vins.
Quelques virages plus loin, je tombe sur Château Pardaillan, un
Premières Côtes de Blaye, dont l’aspect sévère sous le ciel bas
et gris, impressionne le promeneur égaré.
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Une appellation injustement sous-estimée
De retour en direction de Blaye, je rejoins la plaine en
direction du Nord. A quelques kilomètres de là, je fais un
détour pour me rendre au Château Roland La Garde, une propriété
de qualité au sein de l’appellation. Après avoir négocié
quelques virages traîtres serpentant au milieu de vieilles
granges, me voici arrivé dans la cour du domaine. Sortant d’un
bâtiment, se dirige vers moi Bruno Martin, un homme très aimable
qui a su redynamiser ce domaine en grands progrès. Après une
intéressante discussion et une rapide visite, me voici sur le
chemin du retour après cette agréable promenade à travers
l’appellation.
J’ai vraiment apprécié Blaye que je ne connaissais pas encore.
Je m’attendais quelque peu à trouver une ambiance rurale, très
loin des appellations huppées de Saint-Emilion ou du Médoc. Mais
ce n’est pas le cas. Malgré la difficulté certaine qu’ont les
vins de l’appellation à se faire connaître sur le marché, nombre
de domaines ont l’ambition et la volonté d’améliorer la qualité
de leurs produits, tout en attirant les amateurs de vins de
charme grâce à leur amabilité et à la qualité de leur accueil,
ce qui n’est pas la moindre des qualités, avouons-le.
C’est avec plaisir que je reviendrai participer à la
présentation des vins de Blaye au mois de mars prochain à la
Citadelle, où nous parlerons des vins dégustés.
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Mark Pinsent: le portrait
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Mark Pinsent est un citoyen Anglais, amateur de bons vins et domicilié
non loin de Bordeaux, dont une des passions est de découvrir et mieux
connaître les vins de la région.
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Mark nous fait le plaisir de partager ici ces moments passés en dehors
des sentiers battus, en toute liberté, avec humour et sensibilité.
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Vous pouvez retrouver ses chroniques, sur son blog en langue anglaise –
Red Vin Man.
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