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La dégustation: l'éveil des sens, par Lauriann
Greene-Sollin, Sommelier-Conseil Présidente
de French Wine Explorers |
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DEGUSTATION: L'EVEIL DES
SENS..
Par Lauriann Greene-Sollin, Sommelier-Conseil et French Wine Expert |
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Winemega.com est extrêmement honoré d'accueillir Lauriann Greene-Sollin, diplômée de la prestigieuse
Université du Vin à
Suze-la-Rousse, au sein de laquelle elle obtint brillamment le titre de
Sommelier-Conseil. Les connaissances étendues de Lauriann Greene-Sollin en matière de vins français proviennent de sa longue expérience théorique ainsi que de ses nombreux stages chez différents producteurs de renom dans les Côtes du Rhône méridionales et en Beaujolais. Son intérêt pour le monde du vin s'est rapidement transformé en passion qu'elle fait partager lors de tours organisés dans les principales régions viticoles de
France. Lauriann enseigne régulièrement des cours d'œnologique et dirige fréquemment des dégustations prestigieuses en France et aux Etats-Unis pour le compte
d'entreprises ou de groupes privés. Nombre de ses articles ont été publiés dans des magazines connus tels que
International Homes Magazine en Angleterre, Cuisine Tours Magazine à Chicago ainsi que sur le site web
"Bonjour
Paris" En tant qu'éducatrice et pédagogue, l'intérêt de Lauriann Greene-Sollin est de rendre plus accessible aux amateurs les mystères et les beautés des vins de l'hexagone.
Les amis de Lauriann soulignent toujours sa vivacité, ainsi que son merveilleux sourire. Elle sait toujours mettre les gens à l'aise afin de les guider vers "la joie de vivre" à la Française.
Bienvenue sur Winemega, Lauriann!
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La
langue française utilise deux locutions distinctes pour
l’action d’évaluer le goût des choses: «goûter», qui
consiste simplement à essayer un produit, et «déguster» dont
la fonction principale est d’identifier ses caractéristiques
afin d’en juger ses qualités. Dans le monde de l’œnologie,
on préfère utiliser le terme « déguster ». La
dégustation
n’est pas une activité réservée aux snobs, mais au
contraire ouverte à tous ceux qui ont un esprit curieux et qui
désirent acquérir une profonde compréhension de ce
merveilleux breuvage, dont les témoignages de louanges
traversent l’histoire de l’humanité depuis des siècles.
Dans cet article, nous tenterons de dépasser les premières
bases techniques et d’acquérir la compréhension du processus
de dégustation. Nous développerons un vocabulaire adéquat et
essayerons de définir plus exactement les différents éléments
contribuant à la qualité générale d’un vin.
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I. LE RÔLE DES SENS DANS LA DEGUSTATION |
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a. Vue et odorat: 
Dans les introductions à la
dégustation du vin, on apprend généralement
à utiliser quelques-uns de nos sens : la vue, l’odorat et le goût, chaque étape faisant successivement appel à un de ces sens. En réalité, ceux-ci ne fonctionnement pas d’une manière aussi distincte. Par exemple, l’apparence d’un vin peut clairement influencer notre perception de l’odorat et de là quelque peu biaiser sa sensation au goût. D’ailleurs, nous associons naturellement certains
arômes
avec le vin blanc, et d’autres avec le vin rouge. Plusieurs tests ont montré que lorsqu’on dégustait un vin dans un verre opaque noir, il devenait difficile de décrire les
arômes
du vin en question. Autre exemple, dans un de ces tests, les dégustateurs devaient tout d’abord décrire les
arômes
d’un vin blanc dans un verre normal. Avec des réponses logiques données par les testeurs, décrivant des senteurs florales et fruitées - pomme, poire et pêche. Ensuite, les participants se voyaient servir le même vin dans lequel on avait simplement ajouté du colorant alimentaire neutre. Les descriptions changeaient alors radicalement avec des senteurs de framboise, cassis et de moka typiques des vins rouges, certains trouvant même au vin certaines qualités tanniques !
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b. Odorat et goût:
En bouche, ces deux sens sont immanquablement liés. La combinaison des odeurs et des sensations du vin en bouche est appelé «
bouquet ». En réalité, celui-ci est principalement déterminé par l’odorat. C’est pour cette raison, lorsque votre
nez est bouché, que les aliments ingurgités paraissent sans goût. On comprend mieux les élans poétiques accompagnant les descriptions aromatiques d’un vin – sans elles un vin paraîtrait bien fade. Les
arômes
sont d’ailleurs si importants que nous déterminons la persistance d’un vin par le temps nécessaire aux
arômes
– et non au goût - pour se dissiper alors que le vin n’est plus en bouche. D’ailleurs, l’importance de la rétro-olfaction
(*) dans ce processus ne doit pas être mésestimée. Le plaisir que vous ressentez par rapport à un vin provient de son
équilibre, de sa
structure et de sa
densité (ou concentration). Certains
arômes
peuvent tromper votre goût en lui faisant croire que vous dégustez quelque chose de doux ou d’amer. Ainsi des vins qui ont des
arômes
très fruités peuvent sembler doux : prenez par exemples deux vins secs, un avec des
arômes
fruités et l’autre avec peu d’arômes
et goûtez-les côte à côte. Le vin fruité paraîtra plus doux, même si les deux vins ont en réalité un taux de sucre résiduel identique.
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(*) Pour consulter un lexique viticole pratique, cliquez ici.. -
ou encore ici..
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c. Goût et sensation en bouche: 
Chez l’homme, les récepteurs de goût situés sur la langue ne peuvent discerner que 5 sensations différentes : salé, sucré,
amertume, aigreur et unami, cette dernière, identifiée seulement récemment par la science, est encore relativement peu connue. La sensation salée est peu courante en œnologie. La douceur est captée par les récepteurs du bout de la langue. L’amertume est ressentie par l’arrière de la langue, tout près de l’ouverture de la gorge. Du fait de sa localisation dans l’arrière de la bouche, l’aigre apparaît principalement dans l’arrière-goût, généralement après que le vin ait été avalé L’aigreur est identifiée par des muqueuses situées sur les côtés et au milieu de la langue. Certains récepteurs pouvant identifier les quatre sensations se situent au milieu de la langue, mais en nombre réduit. Cette région de la bouche est donc relativement moins sensible au goût.
Contrairement à ce qu’on croit, les
tannins, l’acidité, l’alcool ainsi que le
gras – ou
moelleux
(rondeur) ne font en réalité pas partie des sensations identifiables par la langue et le palais. Ces composants gustatifs sont en fait reconnus (tactilement et chimiquement) par des sortes de récepteurs situés dans la bouche.
Examinons ces sensations plus en détail :
Juger un vin alors qu’il est en bouche est un exercice d’une certaine complexité. Le but d’une évaluation gustative est de juger de l’équilibre d’un vin. Le dégustateur essaie d’estimer, non seulement la puissance relative de ses sensations au niveau de la douceur, de l’amertume et de l’acidité, mais également par rapport au niveau des
tannins, de l’acidité, de l’alcool et du
gras en bouche. Lorsqu’il analyse l’équilibre d’un vin, il juge en même temps la juxtaposition des goûts, mais également ses sensations par rapport à l’astringence, l’acidité et la
richesse du vin.
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Vocabulaire: |
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acidité: plat, frais, vivant, nerveux |
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Alcoolisé: léger, présent, généreux, chaud, brûlant |
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Gras/richesse: ferme, rond, ample |
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d. Equilibre
Equilibre des goûts :
Pourquoi mettons-nous du sucre dans un jus de citron ? Afin de l’adoucir au palais. De même, de nombreux consommateurs ajoutent une rondelle de citron dans leur Coca-Cola afin qu’il soit moins doux. Similairement, un morceau de sucre dans une tasse de café ou de thé le rendent moins amer. Ainsi, la douceur
équilibre l’acidité – et vice-versa.
Equilibre des sensations :
Nous ajoutons souvent un peu de lait dans le thé. En effet, le
gras du lait rend la boisson favorite des Anglais moins astringente. L’astringence tend à accentuer l’acidité - et vice-versa. La sensation de
chaleur (donnée par l’alcool) contrebalance l’acidité qui est dans ce cas ressentie comme de la fraîcheur – et vice-versa. Un vin
moelleux
par exemple a besoin d’une
acidité équivalente afin d’éviter une sensation désagréable de lourdeur.
La température à laquelle les vins sont servis aide également à l’équilibre de ses saveurs. Les vins blancs par exemple sont souvent servis à des températures relativement basses parce que le froid accentue leur
acidité, qualité appréciée pour ce genre de vins. De tels vins lorsqu’ils sont servis tièdes paraissent plat et sans relief du fait de leur manque d’acidité. Un vin doux semblera lourd et exagérément sirupeux. L’effet est le même pour les vins rouges. Le froid accentue non seulement leur
acidité, mais leurs
tannins sembleront durs. Ceci est parfait pour des rouges légers, mais inadapté pour les vins aux structures plus élaborées. Ainsi, une hausse de température au moment du service permet d’arrondir les
tannins. Les servir à température ambiante (vins « chambrés ») n’est pas une solution idéale non plus. Ils sembleront manquer de fraîcheur (plus assez d’acidité), déséquilibrés au niveau de l’alcool et présenteront des textures faibles. Il est d’ailleurs parfois difficile d’estimer si le vin est réellement déséquilibré, ou si cette impression est causée par une température de service inappropriée ! L’évolution de nombreux vins durant un repas est d’ailleurs souvent due au changement de température du liquide, plus qu’à celui de sa
structure.
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Equilibre entre les blancs et les rouges :
Le jeu des goûts et des sensations détermine l’impression d’équilibre d’ensemble. La sensation de
souplesse est souvent le résultat d’un excellent
équilibre des goûts et des sensations, aucune ne prenant le pas sur une autre. Cependant, il est important de savoir qu’un
équilibre parfait en
oenologie n’est pas toujours souhaitable. Par exemple, dans le cas des vins blancs, la fraîcheur amenée par l’acidité du vin doit contrebalancer une douceur sucrée qui autrement risquerait rapidement d’écœurer en l’absence de
tannins. Ainsi, l’équilibre parfait d’un blanc tendrait légèrement vers une légère dominante de l’impression
acide. Ce qui différencie les rouges des blancs, ce sont les
tannins. Ainsi, un certain nombre de rouges ont un niveau important d’astringence causé par leurs
tannins. Ces derniers constituent la
charpente des vins rouges, ainsi qu’ils contribuent à la complexité de leur
structure, tout en leur permettant de vieillir plus longtemps. Dans ce cas, le juste
équilibre pour un rouge se situe plutôt au niveau d’une certaine
astringence. Idéalement, l’impression
finale en bouche pour un vin blanc sera la fraîcheur, alors qu’elle tendra plutôt vers l’astringence pour un jeune vin rouge.
Equilibre par rapport à un terroir :
Les régions septentrionales produisent naturellement des vins au taux d’acidité plus élevé que celles situées plus au sud. L’équilibre des vins provenant de ces régions présenteront un léger biais
acide alors que ceux des régions méridionales, grâce à leur climat chaud et ensoleillé, contiennent davantage de sucre naturel et moins d’acidité. Lors de la vinification, plus le degré de sucre est élevé dans un vin, plus celui-ci aura d’alcool après fermentation. L’équilibre naturel des vins méridionaux se situe donc plutôt vers une tendance plus alcoolisée que pour les vins « nordiques ». Ainsi, un dégustateur expérimenté peut ainsi rapidement identifier un rouge de
Châteauneuf-du-Pape d’une
Côte-Rôtie. De même, il pourra évaluer si le degré alcoolique relativement élevé de ce Châteauneuf-du-Pape (ce qui est relativement normal pour un vin méridional) est satisfaisant ou s’il domine toutes les autres sensations du vin et se révèle, par conséquent, déséquilibré. Il en est de même par exemple pour un Muscadet nerveux, mais
équilibré, par rapport à un autre dont les sensations acides et presque amères le rendront presque imbuvable. |
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La concentration – facteur primordial de l’équilibre :
La concentration d’un vin joue un rôle important en regard de l’équilibre général d’un vin. Le vin est constitué à 80-90% d’eau. Les 10-20% restants contiennent tous les
arômes
et les goûts qui rendront le vin agréable à consommer. Plus on se rapproche de la proportion 90%/10%, moins le vin aura de matière. Un taux en H2O élevé provient généralement de pratiques viticoles favorisant la quantité à la qualité. Ainsi, aux haut
rendements correspondent des vins dilués, alors qu’aux bas
rendements sont associés des vins plus concentrés. Pour un vin dilué, les déséquilibres structurels sembleront fortement accentués : un Chablis par exemple paraîtra plus
acide qu’à la normale – un Châteauneuf-du-Pape sera lui plus alcoolisé. Ceci ne veut pas dire qu’un vin présentant une bonne concentration de
fruit sera forcément bien
équilibré, mais cette dernière joue indéniablement un rôle majeur dans l’équilibre d’un vin.
La concentration du
fruit est un des facteurs déterminant d’une bonne persistance au palais. La persistance est une des meilleure mesure permettant de déterminer l’apogée d’un vin. La concentration est un des facteurs contribuant à la perception de la
structure d’un vin.
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e. Le corps ou structure d'un vin:
Le corps est le résultat de la combinaison de la concentration et de divers autres facteurs :
La viscosité – ou onctuosité: dépend largement du degré de sucre contenu dans un vin. Elle le rend plus
dense, moins fluide et par conséquent lui donne du volume ou du corps.
Le gras /
richesse : le
moelleux
(ainsi qu’expliqué plus haut).
La concentration du fruit : (ainsi qu’expliqué plus haut).
Les tannins: ils donnent du corps au vin. Plus il y a de tannins, plus le vin aura de corps.

De nombreuses personnes décrivent des vins présentant de hauts degrés d’alcool, comme ayant une
structure élaborée. L’alcool fait partie du
moelleux
et représente ainsi un des éléments constituant le corps d’un vin. Le sucre et le glycérol contribuent également à la
rondeur d’un vin. La mode actuelle pour des vins au corps plein ont mené de nombreux producteurs du « Nouveau Monde » a privilégier le degré d’alcool contenu dans leur produit en y laissant des quantités de sucre résiduel plus élevées. Malheureusement, un degré d’alcool élevé ainsi qu’une impression doucereuse sans concentration de
fruit, de
gras, de
tannins et d’acidité pour la contrebalancer produira une sensation de
chaleur et de lourdeur désagréable au goût. Il est cependant important à ce stade de comprendre que la notion de
structure n’est pas nécessairement un signe de qualité pour un vin. Quelques contre-exemples de vins « légers », sont par exemple les
vins de Touraine dans la Loire, ou certains
Bourgogne. Ce sont de très bons vins, mais ils jouent dans un autre registre que les vins plus structurés comme les Bordeaux ou les vins du Sud de la France. En gastronomie, il faut d’ailleurs savoir allier certains plats locaux avec des vins légers, autrement ils seraient écrasés par les vins aux structures plus élaborées.
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f. Autres sensation tactiles :
Dans les compte-rendus de
dégustation, on rencontre souvent les expressions «
soyeux » ou « velouté ». Les vins de dessert offrent souvent un haute viscosité qui donne l’impression d’une certaine
souplesse, mais de nombreux vins secs peuvent également être veloutés en bouche. Une des causes principales du plaisir en bouche est constituée par l’équilibre savant des goûts et des sensations. Par exemple, les
tannins dans un rouge s’accordent merveilleusement bien avec la
texture d’une viande rouge. Enfin, la qualité des
tannins dans un vin peut contribuer à l’impression soyeuse en bouche, le rendant plus plaisant et désirable.
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g. Qualité des tannins :
Lors de la vinification des rouges, le bon vigneron essaie d’extraire des
tannins fins et élégants. On parle souvent de « bons » et de « mauvais »
tannins. Les premiers résultent de grappes de belle qualité, arrivées à maturité et qui ont profité d’une vinification soignée. Les mauvais
tannins donnent une impression de verdeur, sont souvent durs et agressifs et procurent une
amertume souvent désagréable au vin. Ils proviennent de grappes ayant été cueillies avant maturité et/ou qui ont été mal vinifiées. Essayez donc de mâcher de la peau de raisin avec ses pépins. Vous aurez alors une idée à quoi ressemble ces « mauvais »
tannins. Les bons
tannins seront dès leur jeunesse fins et élégants, et demeureront ainsi durant toute la vie du vin, se fondant de plus en plus avec les autres éléments du vin. Les mauvais
tannins seront immédiatement durs et secs avec une impression de gros grain. Ils ne s’affinent jamais, quelque soit le temps que vous attendez pour boire votre vin. |
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Vocabulaire: |
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Tannins (quantité): présents, astringents |
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Tannins (qualité) : grain,
texture, grossiers, durs, secs, turgescents, fins, élégants |
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Grain/texture: grossier, rude, fin, élégant |
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Conclusion de l'analyse en bouche: agressif rustique, dur, sec, turgescence, finesse,
élégant
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h. Evolution des sensations et des goûts dans le temps
Dans l’analyse gustative, on parle de l’attaque, du
milieu de bouche et de la
finale d’un vin. Ces notions correspondent à l’évolution d’un vin durant la durée qu’on l’a en bouche. Le liquide touche d’abord le bout de la langue (l’attaque), puis traverse le milieu de la langue et le palais (milieu de bouche). La
finale est donnée lorsqu’on avale (ou recrache) le vin. Lorsqu’on analyse ces trois étapes, on fait à nouveau référence aux sensations d’acidité, de
rondeur, d’alcool et de
tannins (pour les rouges). Ainsi un vin peut avoir une
attaque pleine de fraîcheur (acidité), ou de douceur (sucre) ce qui est normal car c’est sur le bout de la langue qu’on trouve le plus de capteurs sensibles à l’impression sucrée. En
milieu de bouche, apparaissent les impressions générales de la
structure du vin, sa concentration ainsi que l’équilibre des goûts. En
finale, sortent les dernières impressions que le vin laisse sur le palais. Ce peut être une impression
finale de fraîcheur (acidité), d’astringence (tannins) ou de
chaleur (alcool). Il peut parfois s’agir de deux de ces impressions à la fois. Certains dégustateurs parlent de
finale « claire » ou « équilibrée », ce qui veut dire qu’aucune sensation ne termine après les autres, laissant ainsi une impression
finale agréable.

Après la
finale, on trouve encore une notion appelée rétro-olfaction. Dans cette phase, nous ne nous référons pas à une sensation, mais à un goût correspondant généralement à une certaine forme d’amertume. Celle-ci est identifiée, comme nous l’avons vu plus haut, par l’arrière de la langue et par la gorge. C’est là que sont concentrés un maximum de capteurs de l’amertume. |
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II. Tout sur les arômes |
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Lors de certaines dégustations, l’accent mis sur l’identification des
arômes
est parfois exagérée. Certaines perceptions peuvent se révéler très personnelles. Chaque individu dispose de ses propres capacités à ressentir certaines molécules responsables des
arômes. Par exemple, certains
dégustateurs sont plus sensibles que d’autres à l’aspect
boisé alors que d’autres le détectent à peine. Un dégustateur identifie un
arôme comme étant du citron, alors que son voisin de table pensera que c’est du pamplemousse. L’identification précise des senteurs n’est pas d’un grand intérêt. Mais il est en fait beaucoup plus instructif d’essayer d’identifier des familles d’arômes
(voir liste ci-dessous) plutôt que d’essayer d’identifier nommément des fruits ou des fleurs fantaisistes ou exotiques.
Il est plus utile pour juger de la qualité d’un vin, d’en évaluer la complexité, l’intensité ou la qualité de ses
arômes
.
Complexité: plus on trouve de familles d’arômes
réunis dans un vin, plus ce dernier est complexe. Un vin qui est simplement fruité sera qualifié de simple du point de vue de ses qualités aromatiques. Un autre vin présentant des senteurs fruitées et épicées sera plutôt qualifié de qualités aromatiques riches, en comparaison de l’exemple précédent. Enfin, un vin présentant par exemple des effluves fruitées, épicées, animales et de sous-bois sera lui qualifié comme possédant des qualités aromatiques complexes. Généralement, plus les familles d’arômes
sont complexes, meilleur est le vin.
Intensité: quelle est la force des
arômes
du vin que vous dégustez ? Si vous percevez des impressions olfactives avant même de porter le
nez dans le verre, le vin est qualifié de très aromatique. Si vous devez mettre votre
nez dans le verre pour analyser les
arômes, le vin est qualifié d’aromatique. Si vous aérez le vin dans le verre pour sentir ses
arômes, il est qualifié de relativement peu aromatique. Si après
aération, vous avez de la difficulté à identifier les senteurs du vin, celui-ci peut alors être qualifié de
fermé. Les vins peuvent traverser différentes phases d’évolution, surtout durant leur jeunesse pendant laquelle ils ne peuvent se dévoiler que difficilement et n’ont pas - ou peu de
bouquet. Parfois, une
aération par
décantation peut améliorer les choses. Mais il vaut souvent mieux attendre quelque temps avant d’ouvrir la bouteille suivante. Si le vin n’est pas considéré comme un vin de longue garde, et qu’il ne montre que peu de qualités aromatiques, c’est qu’il ne présente pas grand intérêt. |
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Rappelez-vous que vous sentez mieux un vin lorsqu’il est en bouche que lorsqu’il est dans le verre, bouche vide ou par rétro-olfaction. Ainsi, lorsque le vin se réchauffe dans la bouche (vers une température autour de 35°), il révèle alors plus facilement ses
arômes. |
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Vocabulaire: |
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Simple, riche, complexe |
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Très aromatique, aromatique, assez aromatique,
fermé. |
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Peu agréable, banal, rustique, ordinaire, plaisant, fin, élégant, distingué, riche, pur, typique, atypique |
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Qualité des arômes :
Les senteurs d’un vin est domaine particulièrement étoffé. Parlant de beaux vins, on décrit des
arômes
élégants, ou présentant une grande finesse / pureté. A contrario, on définit les parfums d’un vin médiocre comme rustiques ou ordinaires alors qu’ils manquent de subtilité ou ne sont pas particulièrement plaisants. Les
arômes
élégants sont généralement intenses, mais sans vulgarité. Ils sont alors délicieux et marqués par la fraîcheur, rendant magnifiquement la pureté et l’authenticité de la matière première. Les odeurs rustiques sont généralement fortes et agressives, parfois même peu agréables. De la même manière que lorsque vous sentez côte à côte un Chanel No 5 et une eau de toilette bon marché, l’élégance, la finesse et la pureté des
arômes
sont la signature de la qualité d’un vin. |
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Types d'Aromes:
Une grappe de raisin n’est, à l’état naturel, pas un
fruit particulièrement aromatique, mais elle possède cependant un potentiel aromatique énorme, lequel est travaillé tout au long de la chaîne de vinification depuis le raisin jusqu’au vin. Les fragrances se dégageant d’un vin dépendront du
cépage utilisé, du
terroir ainsi que du climat dans lequel les vignes poussent. Certains composants aromatiques (molécules) sont libérés, d’autres sont détruits lors des différentes phases de vinification. Pour les dégustateurs, il est tout à fait possible de déterminer dans le
nez du vin, à quelle étape de la vinification une molécule a été produite :
Arômes primaires (ou variétaux): ce sont les odeurs des raisins
eux-mêmes avant qu’ils aient subi une quelconque transformation. Des cépages tels que le Muscat ou le Viognier continuent de restituer leur
arômes naturels fruités lorsqu’ils sont vinifiés avec compétence.
Arômes
secondaires: d’autres fragrances sont crées durant la vinification alors qu’a lieu le processus de fermentation des raisins. Ces
arômes , appelés secondaires, sont la signature de vins jeunes et sont souvent caractérisés par des odeurs de
fruit rouge frais, de
levure, de brioche, de pain grillé, de fumé (si typique pour les Chardonnay) ou de sensations lactées.
Arômes tertiaires ou encore
arômes de vieillissement: d’autres molécules sont le produit d’actions telles que la
micro-oxygénation ou l’estérification (réaction par laquelle un
alcool réagit avec un
acide pour donner un ester). A mesure qu’un vin devient mature, il perd progressivement ses odeurs de jeune vin (voir ci-dessus) pour passer à des parfums caractéristiques de
fruit cuit, confituré, de
fruit sec, ou de noix. Certains
arômes végétaux typiques peuvent également se développer (humus, champignons, sous-bois). Lorsqu’un vin a été élevé en barriques de bois, les senteurs originelles de chêne, de pain toasté, de fumé ou de caramel se transforment alors en des impressions empyreumatiques de cuir, tabac blond, voir dans certains cas de café torréfié, de chocolat noir, de bois brûlé, ou même dans certains cas, de goudron. |
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Familles des arômes : |
Fruits (par exemple, cassis, framboise, citron) |
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floral (acacia, violette) |
Epices (poivre, noix de muscade) |
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Animal (cuir, étable) |
Empyreumatique/Rôti (grillé, café, fumé) |
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Végetal (poivre vert, poivron vert) |
Pâtisserie (brioche, pâte d’amande) |
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Lacté (yaourt, lait, fromage) |
Sous-bois (feuilles mortes, champignon) |
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Pétrole (essence, goudron) |
Minéral (pierre à fusil, chaux) |
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Remarques:
Certains parfums peuvent être classifiés dans plusieurs familles à la fois tels que les champignons (Sous-bois et végétal), la vanille (pâtisserie et épices) ou le goudron (empyreumatique et pétrole). |
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La persistance ou longueur au palais
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Il s’agit de la durée durant laquelle les
arômes d’un vin continuent de s’exprimer (appelée également caudalie) après qu’il ait été avalé ou recraché. Une persistance aromatique importante est une indication de la bonne qualité du vin. Elle indique également un potentiel de garde important. C’est donc une évaluation essentielle à effectuer à la fin de la
dégustation. |
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Maintenant que nous avons passé en
revue toutes les étapes du goût et des
arômes , il ne vous
reste plus qu’à vous construire un tableau de
dégustation.
Nous verrons la meilleure façon de le construire dans un
prochain article.
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Pour lire un autre excellent article (en anglais) sur les qualités d’un bon dégustateur, suivre le lien vers http://www.winespectator.com/Wine/Main/Feature_Basic_Template/1,1197,1355,00.html |
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© 2002, Gilded Age, Inc.
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Prêts à déguster ?
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Dégustations de vins de Bordeaux par thèmes
Dégustations de vins de Bordeaux par Châteaux |
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* Les Tannins: dans le vin rouge, ils sont comparés à une sensation tactile aigre ressentie par la zone située au milieu de la langue. Le terme technique associé à la reconnaissance des
tannins est l’astringence. Les
tannins ont également un goût plutôt amer, ressenti par l’arrière-bouche, lequel est discernable lorsque les fruits ont été cueillis encore verts ou extraits de manière insatisfaisante. Ils peuvent également être ressentis de manière excessive lorsqu’ils ne sont pas suffisamment équilibrés par d’autres composants du vin.
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* L'alcool: en tant que sensation tactile, l’alcool est ressenti comme une
chaleur brûlant la bouche ou la gorge. L’alcool a également un goût légèrement doucereux (à cause de l’alcool éthylique et du glycérol tous deux présents dans le vin). Mais ce goût n’est cependant pas aisé à identifier.
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* Le
moelleux: il se caractérise par une sensation de douceur emplissant la bouche. Il est principalement dû à l’alcool contenu dans le vin, mais le glycérol ainsi que le sucre du vin y contribuent généreusement. Bien que ces trois éléments présentent des caractéristiques sucrées, le dégustateur tend cependant à se concentrer sur la sensation tactile lorsqu’il décrit la
structure d’un vin. Le
gras ou
richesse d’un vin est en partie responsable de sa
souplesse et de son côté
soyeux en bouche.
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* L'acidité: elle s’appréhende à bien des égards de la même manière que l’aspect
tannique
d’un vin. Dans la plupart des cas, le dégustateur n’aura qu’une sensation tactile résultant du degré d’acidité. Cette sensation se définit par une sensation d’oxydation générant une intense salivation. Lorsque l’acidité est excessive, ou mal équilibrée en comparaison de l’intensité des autres composants, le vin sera souvent décrit comme aigre, ce qui est presque toujours un signe de piètre qualité.
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