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Quelques nouvelles fraîches du millésime
2001 - janv. 2002
Voici le rapide résumé d'un intéressant article paru dans le numéro de décembre de l'excellent magazine "l'Amateur de Bordeaux" (voir page Contributeurs).
Jean-Michel Cazes (Lynch-Bages,
Ormes de Pez etc..) nous y livre ses premières impressions sur les potentialités du
millésime 2001. Egalement dans ce numéro, Alain Duhau
(Rayne-Vigneau, Grand Puy Ducasse, Meyney etc..) abonde dans le même sens que M. Cazes. Ces deux personnages du paysage viticole bordelais confirment l'exceptionnelle qualité des
Merlots (à nouveau après le triptyque 98, 99 et 2000). Les
Cabernet-Sauvignon sont également homogènes et de très belle qualité. Alain Duhau met également en avant cette année le remarquable
Petit-Verdot, un
cépage mineur dans les assemblages, mais tout à fait essentiel pour rendre toute l'élégance et la classe des grands Bordeaux.
Les grappes furent cueillies dans d'excellentes conditions sanitaires. Les raisins présentaient des peaux épaisses et fort peu de traces de moisissure, malgré un été fort humide. En effet une succession de belles journées en septembre ont semble t'il "sauvé" la récolte cette année. Tous les cépages présentent de hauts degrés de sucre résiduel. Jusqu'ici en Gironde, la vinification ne semble présenter aucun problème majeur. Cependant, les index I.P.T servant à mesurer les degrés de
tannins sont particulièrement élevés en comparaison des millésimes récents.
Visuellement, ces "baby-vins" ont une belle couleur rubis avec une dominante de fruits rouges au
nez. Ils semblent présenter davantage d'acidité que les 2000 au même stade d'évolution, mais cela ne semble pas gêner Monsieur Cazes qui pense que ce défaut pourra être facilement corrigé lors des prochaines étapes de la vinification.
Ses prévisions sont que les Bordeaux 2001 seront généralement un peu moins concentrés que les 2000, lesquels faut-il le rappeler plaçaient la barre très haut! Globalement, les
rendements sont de 10% inférieurs à ceux de l'année précédente. Jean-Michel Cazes mentionne également ses conversations avec d'autres producteurs de la région. Il en ressort que 2001 sera certainement une grande année classique se situant qualitativement juste en dessous des 1982, 1990 et 2000. Mais ça sera également un
millésime bâti pour le long terme grâce aux teneurs élevées en
acidité et en
tannins. Mon impression personnelle en lisant entre les lignes de l'article est que ce
millésime sera peut-être difficile a apprécier dans sa jeunesse à cause de ses
tannins "sérieux" pour reprendre le terme de M. Cazes (peaux des raisins épaisses notamment). Il faut cependant espérer que nous ne tenons pas là un nouveau 1975!
De son côté, Alain Duhau se montre extrêmement enthousiaste pour les vins de
Sauternes. L'année de tous les dangers s'est finalement révélée comme étant d'une qualité rare grâce aux conditions météo optimales de l'automne. Pour lui, il est clair que les Sauternes vont surpasser les excellentes années 1990 et 1997 et se situer au niveau des incroyables 1989 ! Au sujet des vins rouges, il leur trouve un petit air de ressemblance avec les 1988.
Enfin, il s'exprime sur l'évolution des prix pour la prochaine campagne des primeurs au printemps prochain. A. Duhau doute fort que les
grand crus voient leurs prix baisser significativement. Pour lui, les meilleurs vins de l'appellation s'apparentent maintenant aux produits de luxe et leurs prix évolueront en tant que tels. Cependant, de nombreux vins un peu moins prestigieux devront certainement revoir leurs prix à la baisse après la folie des 2000.
Les producteurs bordelais étant depuis quelques années passés maîtres pour ce qui concerne le marketing et la promotion de leurs produits, il faut par conséquent relativiser quelque peu ces premières impressions très (trop?) enthousiastes et attendre le verdict du temps et des dégustations pour se prononcer. (Source
l'"Amateur de Bordeaux")
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Bernard HEBRARD, l'oenologue de http://www.bordeaux-primeurs.com/
Il
est difficile et un peu dangereux de porter une appréciation
globale sur un vignoble aussi vaste que celui de Bordeaux, avec
sa variété de terroirs, de micro climats, de cépages, de
types de vins, de viticulteurs et de vinificateurs. Cela
est particulièrement vrai en 2001 Le climat a été assez différent
entre le nord et le sud du département (le plus grand de
France).^
De plus, la qualité des vins dépend beaucoup des travaux
effectués à la vigne, notamment pour la maîtrise des
rendements, et des efforts à la cave pour une bonne adaptation
des vinifications et de l'élevage aux caractéristiques de la
vendange. Les œnologues de terrain le confirment : "Ce
millésime exprime vraiment le travail des vignerons et des
vinificateurs".
Entrons un peu dans les détails :
Le climat tout d'abord : très particulier au cours des 12 mois
précédents la récolte, Novembre 2000 a été diluvien avec
230 mm d'excédent de pluie, un an après il restait 200 mm
d'excédent, les réserves en eau superficielle se sont
reconstituées ce qui explique que la vigne n'a pas souffert de
stress hydrique malgré le peu de pluie de mai à octobre. En
matière de température et d'ensoleillement, les observations
paradoxales des 5 dernières années se confirment : les températures
s'élèvent (+2 °C) malgré une baisse de l'ensoleillement. Août
a été chaud et sec (+3 °C, -25 mm), favorable à la
maturation, et conforme à l'adage "Août fait le
moût".
Sur les deux derniers mois, on a assisté à un phénomène extrêmement
rare, avec une inversion des températures entre Septembre et
Octobre : Septembre a été froid et sec (-1°C, -31 mm), cela a
eu pour effet de freiner l'évolution des acides organiques et
du
botrytis. Les blancs secs et les
Merlots
noirs récoltés en Septembre ont une fraîcheur liée à
une
acidité un peu plus élevée que ces dernières années.
Octobre a été exceptionnellement chaud (+4 °C) ce qui a
permis d'attendre des
Cabernets-Sauvignons et des blancs liquoreux extrêmement riches.
Compte tenu de ces conditions particulières, le travail au
vignoble était capital cette année. La vigne disposant d'eau,
il fallait absolument maîtriser la végétation, heureusement
depuis quelques années de plus en plus de viticulteurs font des
efforts en ce sens : taille sévère, enherbement contrôlé, ébourgeonnage,
effeuillage, éclaircissage, étalement de la végétation. Les
écarts qualitatifs entre les vins obtenus chez ces viticulteurs
et les autres ne laissent pas de doute sur l'intérêt de ces
travaux.
Le travail à la cave a également été très important cette
année : suivi de la maturation, maîtrise des températures,
pilotage des extractions et de l'élevage sur
lies, maîtrise
des acidités, etc...
Comment se présentent les vins de Bordeaux 2001 aujourd'hui
?
Tout d'abord la palette qualitative est très ouverte : cela
va des petits vins dilués issus de
rendements mal ou pas maîtrisés,
aux vins très concentrés et encore fermés, en passant par de
superbes réussites qui supportent aisément la comparaison avec
les 2000.
Les vins blancs secs sont très agréables. Leurs
arômes
sémillonnés
ou
sauvignonnés expriment bien les cépages. La bouche est fraîche,
parfois un peu acidulée en sauvignon. Cette fraîcheur devrait
donner des vins jeunes agréables, mais aussi une bonne aptitude
à la garde. Elle est également favorable aux bases crémants.
Les vins rosés et clairets sont souples et
chaleureux, souvent
issus de saignées qui recueillent les jus des baies les plus mûres,
ils seront délicieux lors des prochains étés.
En rouges, les merlots sont fruités et fins au
nez, avec de la
fraîcheur en bouche qui nous change un peu des caractères
confiturés de ces dernières années. Cela devrait donner des
vins jeunes agréables et leur fraîcheur devrait leur assurer
une bonne évolution.
Les cabernets récoltés sous le beau soleil d'octobre donnent
de très grands vins : colorés, aromatiques, puissants et
charpentés par des
tannins de qualité, avec un grand potentiel
de garde.
Enfin, les blancs liquoreux représentent la grande réussite de
l'année, grâce au temps exceptionnel d'octobre qui a favorisé
une concentration record, tout en préservant le
fruit, la
netteté et la fraîcheur.
Sûrement les meilleurs liquoreux de la dernière décennie, aux
arômes
confits,
chaleureux
et riches en bouche, mais sans
mollesse. Encore un peu fermés, mais avec un très grand
potentiel de longévité.
Le 20 mars 2002, Bernard HEBRARD,
oenologue, Chef du Service VIN
Chambre
d'Agriculture de la Gironde , http://www.bordeaux-primeurs.com/
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Degustateurs.com/forum, intervention d'Olivier
Je viens de passer une semaine à Bordeaux pour déguster le
millésime 2001,(environ 600 échantillons dégustés en 6 jours!). Tout en me gardant de donner des notes trop précises et définitives (ce qui n'a
aucun sens à ce stade), je vous livre quelques conclusions. Les
Sauternes sont hors
normes, peut-être la plus grande année de tous les temps tant la qualité est haute et homogène. Il faut impérativement
se jeter dessus et faire des provisions pour le reste de sa vie. Les stars sont au plus haut:
Climens
(fabuleux), mais aussi
Lafaurie,
Suduiraut,
Rieussec ou la
Tour-Blanche.
Sur les rouges, il semble que nous soyons effectivement en présence d'un
millésime plus "classique" que 2000, mais pour autant pas
austère
(moins dur que 86 ou 88). Les grandes réussites sont à mon goût largement aussi intéressantes que celles de 2000.
Les merlots semblent avoir été un peu favorisés, encore que dans le nord du
Medoc (terroir des cabernets), on peut trouver des réussites
éclatantes (Barton peut être acheté les yeux fermés, de même que les autres "Léoville", il est fabuleux avec des
tannins d'une race et d'une finesse qui en feront un grand classique au potentiel énorme).
Le Libournais à produit 3 types de vins: les inintéressants (malheureusement
plus nombreux que l'an dernier), des vins aux l'extractions trop poussées (le dada du moment, attentions aux
tannins secs) et les beaux équilibres sur le fruits et la finesse. en dehors de Lafleur (que je juge hors classe), les 1ers cc de
Saint-Emilion sont plutôt mieux réussis que les
Pomerols. Coup de coeur pour
Figeac.
Un mot des
Graves, beaux rouges assez classiques et homogènes, blancs moins intéressants à mon goût (trop standardisés et manquant de race,
on pourra en reparler).
J'avoue effectivement avoir et été un peu troublé par bon nombre de
Pomerols lors de cette
dégustation. Et pour être franc, je ne suis pas du tout
à fait convaincu par la qualité générale du
millésime dans cette appellation. Bien sûr, on trouve quelques belles réussites, mais dans l'ensemble, trop de
domaines sont allé chercher en 2001 ce qu'ils avaient reçus en 2000. En clair, ils ont cherché à jouer les extractions fortes au détriment du
fruit. Le
problème, c'est qu'ils ont alors ressorti des
tannins durs et secs avec un évident déséquilibre. Ce travers, notable à Bordeaux depuis quelques années,
est devenu une spécialité du Libournais. Lorsque la matière est là et que le
fruit est bien présent, cela passe (Fleur de Boüard), sinon c'est la cata.
En
Medoc, ils ont mis la pédale douce sur les extractions et le résultat est visible avec des vins au grain plus fin et surtout des
tannins élégants.
Enfin j'ai assez bien goûté les 1er cc de St Emilion dont les terroirs ont permis de récolter des raisins plus mûrs et sains;
Cheval est élégantissime,
Beau
Séjour Bécot délicieux, de même que Duffau Lagarosse,
Pavie**(*),
Figeac.****,
Angelus***(*),
La Gaffelière*** revient en force,
Clos
Fourtet***, Canon***(*).
Côté Pomerol: Clinet et
Eglise-Clinet****, Lafleur*****, Rouget *** assez bien
fait,
Vieux Château Certan ***(*) reste élégant l'Evangile pas
extraordinaire***, comme La Conseillante***, Petit Village catastrophique à ce stade *(*).
Olivier P., http://www.degustateurs.com/forum/index.asp
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