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Mondovino, un film sur les effets de la mondialisation dans le monde du vin
de Jonathan Nossiter
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MONDOVINO DE JONATHAN
NOSSITER
Un film sur les effets de la mondialisation dans le monde du vin - Janvier
2005 |
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L'avis de Winemega..
Depuis l'Antiquité, le vin à été un des symboles de la civilisation occidentale. Mais jamais les espoirs portés en lui n'ont été aussi élevés, ni la lutte pour la sauvegarde de son âme si désespérée. Nossiter rencontre producteurs, dégustateurs, responsables marketing et critiques influents de ce monde. Mondovino
y raconte les sagas familiales de milliardaires californiens,
met en scène les rivalités de deux dynasties aristocratiques
florentines, mais également la lutte de deux générations d'une
famille bourguignonne pour conserver ses arpents de vignes. Dans
un camp, nous avons les multinationales du vin, avec en tête de
proue: le consultant
oenologue
Michel Rolland (voir l'interview intéressante avec M. Rolland sur
Elitewine.com),
J-C Boisset qui est le plus important producteur bourguignon, la famille
Staglin au coeur de la Californie, ou encore le vaste empire de la famille
Mondavi (lequel s'est entre temps fait racheter par le Groupe
Constellation
Brands pour 1.6 milliard de dollars..). Pour ces gens-là, le progrès et les profits représentent une fin en soi et rien de devrait se dresser sur la route de la croissance perpétuelle de leurs affaires. Face à eux, tels les représentants un peu obtus d'un petit village gaulois bien connu, se dressent quelques contradicteurs acharnés tels
Aimé
Guibert, le sarde Battista Columba ou le malicieux bourguignon Hubert de Montille. A leurs yeux, le vin est synonyme de tradition, de beauté et de liberté identitaire. Vision certes esthétique, mais assurément idéalisée, de la réalité.
Le pichet de vin est posé sur la table, mais ne vous méprenez pas: le film traite de l'individualisme, de crise d'identité et de sa corrosion. Le résultat sur écran est plutôt réussi (bien que quelques mouvements de caméra donnent parfois le tournis..), traité parfois avec humour, tout en montrant que le pouvoir, dans le monde du vin, semble être aujourd'hui concentré entre les mains de quelques producteurs multinationaux lesquels, grâce à l'apport de l'influent et incontournable critique Robert Parker, ou de James Suckling, le rédacteur de la revue américaine
"Wine Spectator" (lue par plus de 1 millions d'américains !), se voient accuser d'inonder le marché de vins variétaux - c'est-à-dire dont le
cépage importe davantage que la provenance ou le
terroir - aussi fades que faciles à vendre via les canaux de la grande distribution. Dans ce reportage, les producteurs "à l'ancienne" sont dépeints comme des David mythologiques, se battant à armes inégales contre des Goliath capitalistes, désireux de venir leur imposer des méthodes de production, lesquelles ne peuvent qu’immanquablement mener à des vins standards et homogénéisés. Pour ces David, l'avènement de la globalisation équivaut à la fin des petits vignobles et à l'émergence d'énormes conglomérats anonymes recherchant un profit malsain « par définition ». Dans le film de J. Nossiter, l'auteur démontre que le vin est parfois phagocyté par l'argent - comme tant d'autres choses dans le monde.
Cependant, Mondovino représente davantage qu'une ode bachique au paradis perdu. C'est également un regard perçant sur des facettes humaines qui, parfois, se cachent derrière des façades rutilantes où, succès et échecs, reposent largement sur les jugements tranchés de quelques journalistes influents. C'est un éclairage sur les humeurs des grandes sociétés productrices, ou au contraire, sur l'opposition viscérale des traditionalistes à briser des siècles de culture viticole.
Il est clair que Nossiter a choisi son camp. Le film se mue ainsi en une étonnante et parfois trop
partiale étude sur la façon dont la globalisation à étendu sa doctrine, par rapport à une activité pourtant aussi traditionnelle et localisée que la production de vin. Pourtant, le sujet devient proprement fascinant à la lumière de l'actualité politique récente, lors de laquelle on a scindé l'Europe en deux - la nouvelle et la vieille. Similairement, la bataille viticole bat son plein avec la guerre des "modernes" contre les "anciens". Alors que les progrès technologiques brisent inexorablement les derniers romantiques, dont les visages extatiques sont montrés en état d'osmose totale avec leurs vignes et leurs terroirs, les "modernes" eux préfèrent ajuster, calibrer leurs vins afin de plaire aux desiderata et aux critères optimaux de vente des grands distributeurs. Au cœur de la stratégie des "modernes", figure en bonne place Robert Parker, le talentueux critique le plus influent de la planète. Parker est bien conscient de son énorme influence sur le marché du vin, mais il nie, cependant, l'avoir sciemment cherchée. Certaines voix, parmi le clan des "anciens" pensent d'ailleurs qu'il est, probablement à son corps défendant, indirectement manipulé par le clan des "modernes". D'ailleurs, nombre de ces derniers ne cessent de lui tresser des louanges, comme pour valider son apport à la démocratisation de la culture du vin et, indirectement, à l'accroissement de leurs affaires. Au contraire, les "anciens" ne voient en lui que sa contribution à l'uniformisation du goût, avec des producteurs calibrant leurs vins au désirs d'un marché international formé, depuis deux décennies, à un style dit parkérisé.
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Lecture paradoxale
Est-ce que les vignobles seraient l’un des nouveaux champs de bataille contre une société toujours plus monolithique et globalisée? Selon les termes de Nossiter, sa description du monde du vin n'est que le miroir du monde dans son ensemble. "Ce qui arrive au vin est également ce qui est en train de nous arriver" dit-il. "Le vin est l'expression d'une civilisation, mais c'est également l'expression du pouvoir. Ce sont les Grecs et les Romains qui ont introduit la viticulture autour du bassin Méditerranéen et c'était assurément un des moyens les plus sûrs d'arriver à leurs fins de domination territoriale et économique. Ce film a probablement révélé une lecture paradoxale. D'un côté, jamais autant de personnes qu'aujourd'hui, n'ont pris conscience de leur identité et de leur place dans le monde; et d'ailleurs, jamais n’a-t-on autant éprouvé le besoin de la préserver. De l'autre côté, rarement le monde n'a été, à une telle échelle, sous la menace directe de telles forces d'homogénéisation.".
Ainsi, ce film aux ramifications quasi-politiques, explore des dynamiques familiales, qu'elles concernent des propriétés bourguignonnes de quelques hectares, ou des multinationales influentes aux revenus se comptant par centaines de millions. C'est surtout un documentaire sur la passion - des affaires ou du vin. Mais Mondovino n'est pas qu'une thèse académique stérile. L'intérêt du travail de Nossiter est d'avoir réalisé une galerie de portraits vivants, et d'avoir permis à ceux-ci, de parler ouvertement de leur idéaux: les "modernes" rêvent de produire un vin unique et parfait, quitte à le réaliser sur la planète Mars (..!), alors que les "anciens" épousent la philosophie de la liberté de choix. Cependant, le découpage du film peut prêter à discussion et certaines scènes sont
vraisemblablement tirées hors d'un contexte particulier. C'est,
avec le traitement pénible de l'image, une des faiblesses majeure de Mondovino. Il convient également de noter qu'une large frange de producteurs n'est absolument pas représentée dans le film de Jonathan Nossiter. Où sont donc passés les milliers de producteurs de par le monde qui, tout simplement, essaient de produire des vins de qualité, de faire plaisir à leurs clients, en gardant du mieux possible le respect de leur matière première, mais qui sont également conscients des réalités commerciales et financières du marché?
Mondovino est certes un film à voir. Mais c'est également un film partisan. Il convient de reconnaître la large utilisation de certaines techniques de montages, qui permettent habilement de diriger le spectateur vers les thèses chères au réalisateur. Mais une fois averti, tout amateur de vin y trouvera certainement de nombreux sujets de réflexion.
Alain Bringolf pour Winemega.com
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Autres liens sur Mondovino
Allocine.com: critiques officielles et avis des spectateurs sur ce film
Festival de Cannes
2004: présentation officielle et interviews
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Le film qui a secoué la planète vin..
"Mondovino", le documentaire à petit budget dirigé par Jonathan Nossiter, ancien
Sommelier américain reconverti dans le cinéma, a constitué la grande surprise au box-office en cette fin d'année 2004. Depuis sa sortie en novembre, en quelque deux mois et demi, plus de 250'000 spectateurs de par le monde ont craqué pour une séance sur grand écran, afin de visionner une enquête approfondie sur les dessous du monde du vin. Nécessitant plus de deux ans d'enquête à parcourir les vignobles, allant des classiques bordelais et bourguignons, jusqu'en Argentine, en passant par la Sardaigne jusqu'à la Napa Valley Californienne, le film met à nu la globalisation de l'industrie du vin et dévoile nombre de ses faces cachées.
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J'ai adoré le film !
Lauriann Greene-Sollin
Présidente de French Wine Explorers
Lauriann Greene-Sollin est d'origine américaine. Sommelière de formation, elle est diplômée de l'Université du Vin de Suze-la-Rousse et possède le titre d'Expert en vins français. Elle dirige, avec son mari, une société américaine proposant, à l'attention des amateurs de Crus, des visites personnalisés dans différentes régions viticoles en Europe...
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Un documentaire manichéen..
Hervé Bizeul
Ancien journaliste, Propriétaire Exploitant du Domaine du Clos des Fées à Vingrau.
Avec son remarquable vin "Le Clos des Fées", Hervé Bizeul est devenu en quelques années, un des producteurs phare de l'appellation Côtes du Roussillon Villages. Depuis ses débuts en 1998, ses vins remarquables ont rapidement conquis les amateurs les plus exigeants, au point que sa production est aujourd'hui une des plus recherchées du Sud-Ouest de la France...
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