Bordeaux primeurs 2010, Dégustations Vins en Primeurs

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Bordeaux Primeurs 2010, premières impressions

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> Bordeaux Primeurs 2010, 3 avril mise en bouche dominicale

Première prise de contact avec le nouveau millésime 2010 lors de la dégustation organisée par le Cercle de la Rive Droite au Château Barde-Haut. Après une première série de 45 vins de St-Emilion, du Libournais et autres Côtes de Bordeaux, ce qui est sûr, c'est que c'est du costaud!
Deux adjectifs caractérisent une majorité de vins: riches et onctueux!
Ce qui frappe sur la Rive Droite ce sont les degrés inhabituellement élevés en alcool. Car si la plupart atteignent facilement les 14°, certains avouent, sans rougir, dépasser les 15°! Logiquement, de tels niveaux ont posé de sérieux problèmes lors de la fermentation. Globalement, l'équilibre est cependant trouvé grâce à des niveaux de pH très bas (acidité élevée), mais la saturation en bouche m'a semblée plus rapidement atteinte que l'an dernier avec les 2009.
Certains vins à dominante Merlot ont un fruit cuit, très confituré qui manque de finesse. Ceux à forte proportion de Cabernet Franc semblent plus racés, beaucoup plus harmonieux et équilibrés.
Et quid de la qualité des tannins? Malgré des IPT (indice des polyphénols totaux) qui se situent à des niveaux quasi inégalés, beaucoup de tannins montrent une grande finesse et, à de rares exceptions près, une maturité exemplaire!
Les meilleurs vins présentés:
> Bon Pasteur (Pomerol)

au niveau de leur excellent 2009

> Rouget (Pomerol)
> Fayat (Pomerol)
> Jean Faure (St-Emilion
> Clos Puy Arnaud (Castillon)
> Fleur Cardinale (St-Emilion)
> Clos des Jacobins (St-Emilion)
> Vieille Cure (Fronsac)

> Lundi 4 avril, la Rive Droite, Entame de la journée chez Jean-Luc Thunevin avec un ENORME coup de coeur:

Marcel Deiss, présent avec son fils Mathieu. Quelle passion chez ceux-là et leur gamme 2010 - un millésime pourtant très compliqué en Alsace qui mérite toute la fierté de son géniteur. L'Altenberg de Bergheim 2010, c'est carrément une bombe!
En passant, je salue Hervé Bizeul et je prends une claque matutinale avec sa Petite Sibérie 2010 très.. comment dire.. Sheebam..!
Bon.. mais où est Bordeaux dans tout ça?
Résumons donc cette journée Rive Droite:
A gauche: des échantillons onctueux, gras, tramés, solaires, puissants
A droite: des échantillons onctueux, gras, tramés, solaires, puissants
Globalement, la gestion de la maturité du Merlot a été beaucoup plus compliquée que pour les Cabernets (Franc et Sauvignon). La fenêtre de la récolte était particulièrement étroite, surtout après certains blocages végétatifs pendant l'été. Ceux qui ont ramassé un poil trop tôt se retrouvent avec des tannins un peu durs, manquant d'élégance, alors que les propriétés qui souhaitaient profiter des belles conditions météo de l'arrière été, ont cueilli des raisins souvent trop mûrs, confiturés, cuits, voir dans certains cas extrêmes, blets!
Les Cabernets 2010, plus tardifs, ont au contraire profité au maximum de la magnifique arrière saison. Leur texture tannique est certes dense et compacte, mais elle conserve malgré tout une belle élégance.
Ma journée a consisté à découvrir environ 90 crus répartis entre Thunevin, Hubert de Boüard au Château Angélus à la mi-journée avant une session marathon à l'Association de Crus Classés de Saint-Emilion au Château Villemaurine.
Les meilleures impressions sur cette journée (sans ordre particulier):
> Larcis-Ducasse (St-Emilion), qui confirme son ascension qualitative des derniers millésimes
> L'Arrosée (St-Emilion), digeste et élégant
> Grand Corbin Despagne (St-Emilion), épicé et plein de vivacité
> Bellevue (St-Emilion), parfaitement structuré avec un retour sur la minéralité
> Angélus (St-Emilion), harmonieux malgré son volume impressionnant
> Valandraud, pas très démonstratif, mais très racé
> Haut-Condissas (Médoc), dense, rond et élégant
> Mangot Cuvée Todeschini, 40% Cab. Franc, 30% Cab. Sauvignon à 100% en vinif. intégrale, musclé et svelte à la fois.

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> Mardi 5 avril Pessac dans un fauteuil et turbulences sur Margaux!

Les pilotes connaissent ce sentiment de sérénité lorsque leur machine survole paisiblement un paysage sublime, puis commence à tanguer dangereusement quelques miles plus loin à l'approche d'un méchant cumulonimbus! C'est ce que j'ai ressenti lors de ma première journée estampillée "Rive Gauche".
La dégustation débute au Château Malartic-Lagravière à Pessac pour la dégustation de l'UGC. J'attaque immédiatement les Rouges, bien décidé de prendre l'AOC à bras le corps. Et oh surprise, c'est bon. Même excellent! Si l'on excepte quelques cancres au fond de la classe, les échantillons présentés ont des structures homogènes, puissantes mais harmonieuses. Certains Châteaux poussent même le vice à présenter des 2010 digestes. Incroyable!
Contrairement à 2009, les blancs secs sont franchement étonnants de fraîcheur et d'expressivité en 2010, avec une belle maîtrise des équilibres et surtout sans prise de bois excessive.
> Domaine de Chevalier (Rouge et Blanc) tient le haut du pavé, comme d'habitude.
> Pape Clément en rouge me semble plus abouti que le 2009 au même stade. Le blanc représente un style certes un peu corpulent et riche, sortant des canons habituels des Sémillon/Sauvignon. Et je me surprends à aimer ça..!
> Smith Haut Lafitte, plus classique que le Pape, ramasse le tapis dans les deux couleurs.
> Malartic Lagravière 2010 rouge est particulièrement séducteur, gourmand et harmonieux au palais. Le blanc est fruité et profond.
> Sans oublier le meilleur Fieuzal (Rouge et Blanc) vu depuis des lustres!
> Curieusement, Haut-Bailly ne semble vraiment pas à son aise au niveau des tannins. Problème d'échantillon? A suivre..
Je roule alors en direction du Médoc où m'attend une dégustation-présentation-repas au Château Marojallia, le célèbre "vin de garage" margalais.
En compagnie d'un groupe d'œnologues invités, notre hôte, Sébastien Valette, a préparé une dégustation 2010 de la gamme:
> Marojallia et Clos Margalaine (Margaux).
> Les gourmands Bouqueyran (Moulis)

> Benjamin de Margalaine et Rose Ste Croix (Listrac).

Des "petits" vins, ma foi, très agréables! Puis tout le monde descend à la cuverie où nous soutirons un verre de Clos Margalaine 2009: un véritable enchantement. Vivement la mise en bouteille !
Suit un repas passionnant et plein d'entrain. Les discussions enlevées fusent..
Il est bientôt 16h.. Je file au Château Lascombes pour les vins de l'AOC Margaux. Et là, retombée brutale sur terre. Comme l'an dernier.. comme en 2008.. comme.. Mais que se passe-t-il avec cette appellation lors des primeurs? Cinq crus s'en tirent cependant honorablement à mon goût !
> Rauzan-Ségla
> Prieuré-Lichine
> D'Issan
> Dauzac
> Giscours
Pour les autres, les structures manquent d'harmonie et les tannins sont souvent d'extraction végétale. Même de bonnes maisons comme Malescot St-Exupéry ou Lascombes manquent de liant dans leur texture, bien qu'ils ne soient certainement pas les pires représentants du plateau !
Je saute dans ma voiture pour rendre visite aux sympathiques membres de Biturica. Et là, il n'y a franchement rien à jeter!
> Un très grand Sénéjac, aujourd'hui supervisé par l'équipe de Pontet-Canet.
> Clément-Pichon est gourmand et équilibré, bien qu'un peu boisé.
> Cambon La Pelouse et d'Agassac offrent un toucher élégant en bouche.
> Découverte de l'Aura, un excellent Margaux tout à fait confidentiel, produit seulement à hauteur de 34hl par la famille Marie (Cambon la Pelouse), vibrant et jouissif. Bravo !

> Mercredi 6 avril, Sauternes - douceur dans un monde de brutes.

Séquence surréaliste:
9h11 - je m'accroche au bar d'une guinguette de Margaux, mangeant un solide croissant campagnard et buvant un petit noir aux relents amers de chicorée.
9h31 -au Château Desmirail, savourant le petit doigt levé, une gorgée de soleil (Lafaurie-Peyraguey 2010) au fond de mon Riedel.
La vie d'un forçat de la semaine des primeurs offre ainsi des contrastes absolument saisissants!
Lors de la décennie écoulée, pour les vins liquoreux, le hasard a voulu que les années impaires soient considérées comme supérieures aux années paires. Ainsi, la loi des séries voudrait que 2010 soit un cran en dessous, surtout en comparaison du monumental 2009. En toute honnêteté, j'ai le sentiment que le cycle en cours s'est brisé avec cette présentation des Sauternes et Barsac 2010. Pour les liquoreux, le profil de 2010 est celui d'une année fraîche à maturation lente. Les fruits ont pu tranquillement atteindre une pleine maturité au moment de l'apparition du botrytis (ou pourriture noble). Avec un tel scénario, les vins se caractérisent tous par une grande finesse, malgré des degrés d'alcool potentiels très élevés. Chose étonnante cette année, parmi la vingtaine de crus présentés à L'UGC, aucun n'est médiocre et tous présentent des fraîcheurs de fruit remarquable qui rendent les bouches particulièrement friandes. Je leur ai souvent trouvé des retours en bouche qui m'évoquaient l'orange amère - signature gustative du millésime. Des vins beaux, riches et concentrés, montrant une élégance assez classique, dans le sens positif du terme. Avec leurs structures un peu moins profondes que l'an passé, certains propriétaires osent un parallèle avec 1989. Question comparaison, on peut imaginer pire !
Mes préférés :
> N°5: Fargues
> N°4: Clos Haut-Peyraguey
> N°3: Guiraud
> N°2: Suduiraut
> N°1: Rieussec
La cinquième place s'est jouée entre Fargues, Doisy-Védrines et Nairac.

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> Jeudi 7 avril, Pauillac et les Saints du Médoc

Après la mise en bouche des Sauternes, j'escalade le Pic du Grand Tannin au Château Branaire-Ducru à Saint-Julien où l'UGC présente les vins de ses membres.
J'y épingle les vins suivants :
Saint-Estèphe:

> Cos Labory: élancé, probablement le meilleur produit par la propriété
Pauillac:
> Lynch-Bages: tout y est, sans avoir l'air d'y toucher.. La grande classe!
> Pichon Baron: gros potentiel, très serré malgré des tannins soyeux. A suivre..
> Pichon Comtesse: plus de finesse que son vis-à-vis, mais très expressif et élégant
> Grand Puy Lacoste: une magnifique réussite.. supérieure peut-être à 2005?
> Clerc-Milon: une superbe accroche et un équilibre sur la fraîcheur de tannins croquants
> Haut-Bages Libéral: la confirmation des progrès entrevus depuis quelques millésimes
Saint-Julien:
> Léoville-Barton: une élégance classique absolument irrésistible. François Bréhand, le nouveau directeur technique, frappe ici un très grand coup!
> Gruaud-Larose: sans doute le meilleur depuis 2000
> Saint-Pierre: gourmand et harmonieux malgré sa puissance.. Très bien!
> Lagrange: un peu austère mais vraiment très prometteur
> Langoa-Barton: superbe dans un style plus accessible que Léoville-Barton

Après un charmant déjeuner sur l'herbe au Château Citran, j'entame la série des Médoc. Après les deux belles dégustations du matin, l'enthousiasme s'effiloche quelque peu. Peu de vins se montrent réellement à leur avantage. Presque partout, les tannins sont assez mordants et quelques finales sont trop alcoolisées pour entrevoir une évolution favorable lors de l'élevage.
Quelques propriétés s'en sortent cependant assez bien:
> Poujeaux: très belle construction en bouche, dense et compacte qui met en avant un fruit expressif
> La Lagune: pas très causant à ce stade, mais on sent son énorme potentiel
> Tour Carnet: puissant, moderne (léger déséquilibre sur l'alcool) mais tout de même prometteur. A suivre..
> Tour de By: une belle expression médocaine, malgré une légère sècheresse en finale, mais qui ne me semble pas rédhibitoire. Là également, à suivre d'ici quelques mois..
> Cantemerle: bien construit malgré un certain manque de rondeur en milieu de bouche

> Jeudi 7 avril, grosse dernière journée de primeurs

Au programme de la matinée, les vins du consultant Stéphane Derenoncourt à La Grappe (Château La Gaffelière). Après le sentiment plutôt mitigé concernant la Rive Droite dimanche et lundi, l'impression est ici toute autre, MONSIEUR Derenoncourt ayant une lecture du millésime 2010 particulièrement réussie.
Certes, comme leurs congénères d'appellation, les vins présentés ici montrent des structures exceptionnellement riches, mais la matière est parfaitement respectée et certains échantillons sont carrément magiques par leur harmonie et le respect des caractéristiques du terroir!
La qualité du terroir, n'en déplaise aux esprits étroits qui imaginent qu'on n'en trouve de bons qu'en Bourgogne.. (et toc!) , à joué un rôle absolument essentiel en 2010. Les meilleurs sols calcaires ont imprimé une signature minérale étonnante au niveau des tannins, au point que certains spécialistes arrivent assez facilement à situer l'origine des échantillons rien que par la minéralité exprimée! Les meilleurs terroirs argilo-calcaires ont produit des finales racées avec des notes crayeuses ou salines décoiffantes!
J'ai particulièrement apprécié les exceptionnels :
> Pavie-Macquin, aux tannins poudreux
> Beauséjour-Duffau, incroyablement dense et racé
> Clos-Fourtet, un peu hautain mais très aristocratique
> Larcis-Ducasse, d'une complexité jamais encore atteinte
Parmi les autres réussites marquantes à La Grappe:
> Beauséjour-Montagne et sa magnifique cuvée "1901″.
> Domaine de l'A (du fruit à l'état pur).
> L'élégant La Gaffelière.
> Le meilleur Tertre Daugay goûté à ce jour.
> La Tour Figeac à la texture dense et harmonieuse.
> Berliquet tout en tonicité.
Mais de nombreux producteurs moins médiatisés ont également produit des vins enthousiasmants.

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> Jeudi 7 avril, estampes au Château Haut-Sarpe

Visite impromptue au Château Haut-Sarpe sur l'insistance de Marilyn JOHNSON afin de découvrir plusieurs propriétés conseillées par Gilles Pauquet et Stephane Toutoundji. La chaleur ambiante n'aide pas trop à apprécier les vins présentés à leur juste valeur.Toutefois, j'ai noté quelques belles réussites:
> Château Richelieu, Cuvée La Favorite (Fronsac), puissant avec un superbe toucher en bouche
> Argilius (Côtes de Bordeaux - Castillon) de Ludovic Battistin, fin, élégant avec une belle fraîcheur en bouche malgré une petite réduction sur l'échantillon
> Château Gessan (St-Emilion Grand Cru), fruité aux tannins serrés avec une finale ample
> Château Mancèdre (Pessac-Léognan) où Jean Trocard à élaboré un vin souple et élégant à majorité de merlot, qui se distingue par son caractère fruité de framboise à l'eau-de-vie et d'épices.

> Jeudi 7 avril - Château La Pointe, Pomerol, Bordeaux

Le jeudi après-midi représente le dernier jour de la semaine des primeurs. Les dégustateurs se relâchent et l'ambiance devient parfois dissipée. Serait-ce le retour de la semaine des quatre jeudi? Pas tout à fait, mais après 5 jours de dégustations intensives, le cheval commence à sentir l'écurie!
Cette année, la dégustation Pomerol de l'UGC se tenait au Château La Pointe. Et comme durant toute la semaine, les températures en ce début avril flirtent avec la caniculaire barre des 30°! Heureusement, la salle de dégustation est convenablement tempérée et les échantillons ne souffrent pas trop de la chaleur ambiante!
Disons-le tout de go, je suis resté quelque peu sur ma faim. Certes, les principales stars de l'AOC (Petrus, Trotanoy, Vieux Château Certan, Fleur Petrus, Certan de May, l'Evangile et autres Le Pin) manquaient à l'appel, mais le plateau promettait un beau spectacle.
> La Conseillante confirme son retour au premier plan avec un échantillon 2010 concentré et harmonieux
> Petit Village, au fruit quelque peu solaire, montre toutefois une qualité de tannins remarquable
> Légère déception en revanche pour Clinet, en retrait par rapport à l'époustouflant 2009
> Gazin est totalement à côté de la plaque. Heureusement que j'ai pu le retester, avec grande satisfaction, le lundi suivant. On ne répétera jamais assez l'instabilité de certains échantillons alors que la fermentation malolactique est à peine achevée!
En dehors des vins présentés à l'UGC, j'ai également noté à Pomerol
> L'excellent Bon-Pasteur
> Le meilleur Rouget de la décennie
> La belle tenue de La Croix Ducasse
> L'étonnant Moulinet
> Le gourmand Bellegrave
> Sans oublier le réjouissant Château Fayat.

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> 11 avril, Bordeaux Primeurs 2010 : Post-Scriptum, grande dégustation privée chez la Maison Joanne

Entrepots Maison Joanne
Le lundi après les primeurs, je reste sur le terrain et joue les prolongations avec une grande dégustation privée organisée de main de maître par la Maison Joanne, un des principaux négociants de la Place de Bordeaux.
Au sein des saints, au coeur de leurs immenses entrepôts mieux gardés que Fort Knox, Joanne a préparé de petits salons privés offrant des conditions de dégustation absolument idéales. Recueillement, silence de Cathédrale, températures contrôlées, un assistant personnel qui vous prépare les vins.. un véritable traitement VIP!
Je fais mon choix parmi 200 références - soit environ 80 échantillons et décide de les tester en "semi-aveugle". C'est à dire que l'appellation et les vins sont connus, mais pas l'ordre dans lequel ils sont présentés à la dégustation. Opération particulièrement instructive, nécessitant une concentration accrue. Au moment du debriefing, quelques surprises, beaucoup de confirmations et heureusement, une certaine cohérence par rapport aux échantillons goûtés à étiquettes découvertes la semaine précédente.
En conclusion, il se confirme que 2010 est un GRAND millésime. Mais avec certains bémols.
Contrairement à 2009, où de nombreux domaines moins prestigieux avaient produits des vins remarquables, 2010 est un millésime où le terroir a parlé!
Les sols moins qualitatifs constitués de sables, limons ou de graves légères, ont souffert des conditions climatiques particulières en 2010. Malgré des températures relativement fraîches durant l'été, de nombreux vignobles ont connu des blocages végétatifs dus à la sécheresse. En voulant "rattraper le coup" grâce aux conditions favorables de l'arrière saison, certains domaines ont récolté trop tôt (plus particulièrement sur le Merlot) et présentent des vins aux tannins durs, parfois végétaux. Mais l'excès inverse existe avec des grains cueillis très (trop) mûrs, donnant alors des vins lourds, chauds, alcooleux et peu digestes.
Par contre, les meilleurs terroirs constitués de graves profondes, de calcaires ou de sols argilo-calcaires, ont généralement produit des vins époustouflants.. riches, denses, compacts, rappelant à certains égards les meilleurs 2005! La noblesse du Cabernet, plus particulièrement du Cabernet-Franc, est une caractéristique majeure du millésime.
S'il est à craindre que les prix des crus dits "de luxe" restent hors de portée de bourse de la plupart des amateurs, il y aura à coup sûr de belles affaires sur des propriétés moins prestigieuses, mais jouissant d'un beau terroir.
Tout au long de la campagne primeurs, vous pouvez vous laisser guider en toute confiance par Boottle.fr ou Boottle.ch qui vous orientera vers les véritables réussites "accessibles" du millésime.

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Alain Bringolf, pour Winemega.com

 > A lire bientôt, les compte-rendus "Primeurs 2010"

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