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Vins de Bordeaux
2000 - l'influence de Robert Parker sur les prix
L'année des superlatifs justifie-elle vraiment son prix
ou l'influence de Robert Parker.. - Juin
2001 |
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Qu'en disaient les experts à leur sortie..
"
Pour résumer, on dira de 2000 qu'il s'agit d'un
millésime
phénoménal,
qui pourrait s'imposer comme l'un des plus grandioses pour le
Bordelais, si l'on tient compte du nombre de crus
extraordinaires notés 90 et plus, qu'il offre " - Robert
Parker - The
Wine Advocate -No 134 du 23 avril 2001
" Für WeinWisser
ist der Jahrgang 2000 ein sehr grosses Jahr mit sehr grossen
Weinen " - WeinWisser - Nr 4/2001 25. April
" Bordeaux 2000 may be more than just another entry as a
great
vintage in vinous history books. It may also represent the
first exceptional year for a new generation. " James
Suckling, Wine Spectator European bureau chief - March 23,
2001
"On peut classer l'année 2000 parmi les grands millésimes
classiques de Bordeaux… " Vinum
- juin 2001
" Pour le Médoc et les Graves, le
millésime
s'avère littéralement
éblouissant. " La
Revue du Vin de France - Juin 2001
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2000 dans une perspective historique
Bien avant que les premières grappes ne mûrissent sur les ceps enlaçant les berges de la Gironde, le landernau viticole ne parlait déjà que de ce
millésime
particulier. Une année à part, déjà pour la magie du chiffre 2000 marquant à la fois le crépuscule du siècle le plus fertile de l'histoire de l'humanité et l'aube d'un nouveau millénaire encore porteur de mystère, mais également de tant de visions prometteuses. Sur le terrain aussi, comme pour marquer l'événement, tous les éléments naturels semblèrent s'accorder afin de délicatement poser un accord final parfait à une longue symphonie parsemée de moments dramatiques, mais également de nombreux instants de bonheur intense...
"Mi-juillet personne n'aurait parié sur la réussite du
millésime
2000 : après un début d'année marqué par des températures supérieures à la norme, 2000 se caractérise à Bordeaux par un printemps et un début d'été à la fois chauds et humides engendrant une pression extraordinaire de
mildiou. Cette pression a incité de nombreux viticulteurs à sortir l'arsenal curatif lourd avec des conséquences souvent néfastes sur l'équilibre de la plante et la maturation du raisin. (…) Incontestablement, le mois d'août et le mois de septembre ont non seulement sauvé le
millésime
mais ont permis une maturation du raisin quasi idéale. (…) Après un mois d'août très sec et chaud, le mois de septembre se caractérisa par une sécheresse inhabituelle. (…) Compte tenu de ces conditions exceptionnelles, le Bordelais a connu des vendanges de rêve et les propriétés ont pu s'offrir le luxe d'attendre la pleine maturité du
fruit et des peaux
afin de vendanger parcelle par parcelle. "
Jacques Perrin - Vinifera No 24 - mai 2001.
Certains spécialistes présents lors des dégustations du printemps 2001 rivalisent alors d'audace en comparant les vins présentés aux meilleurs 1998 pour les
rive droite (année remarquable pour les
St-Emilion et Pomerol), mais également aux superbes 1996 pour la finesse du
Cabernet-Sauvignon, aux 1990 pour la complexité de leur
structure, aux 1986 pour la concentration, aux légendaires 1982 pour les records de teneur en sucre et en
tannins… Bref : un certain nombre, et non des moindres, de ces dégustateurs privilégiés lui accordent sans hésiter des qualités exceptionnelles et lui décernent à main levée les meilleures mentions d'excellence. Réellement impressionnés par tant de louanges, nous avons cherché à en savoir davantage en comparant certaines notes, principalement celles des deux dégustateurs ayant sans
conteste le plus d'influence à Bordeaux, à celles du panel de dégustateurs collaborant avec notre site winemega.
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Méthodologie
Après avoir effectué notre habituel travail d'analyse du
millésime, certaines conclusions nous laissaient cependant perplexes. En comparant les moyennes de notes des dégustateurs de Winemega (WM) avec celles de
Robert Parker (RP), l'homme le plus influent dans l'univers des vins de Bordeaux (et d'ailleurs), et celles de
Wine Spectator (WS) le magazine de référence sur les vins aux Etats-Unis, nous étions réellement frappés par certains écarts énormes au niveau des notations de vins de même origine. Nous avons alors repris toutes les données comparables entre le binôme RP / WS et Winemega afin d'en relever les différences.
Dans cette étude, les notes publiées par Winemega sont considérées comme la référence (ou benchmark) de comparaison. Cette approche est logique puisque chaque note de Winemega représente la moyenne d'appréciation d'une
quinzaine de dégustateurs et peut être dès lors considérée comme représentative d'un consensus moyen.
Il faut également relever qu'avec les utilisateurs de l'échelle sur 100, les vins sont en réalité évalués sur une base de 50 points, ceux notés
en dessous de 65/100 étant jugés quasiment impropres à la consommation !
Enfin, si il est habituel que les notes d'un dégustateur
individuel soient plus marquées, vers le bas ou vers le haut,
qu'une note moyenne, c'est l'écart curieusement élevé cette
année entre les moyennes de Winemega et les valeurs de RP et WS
qui nous a poussé à réaliser cette étude.
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Les faits chiffrés
Nous avons tout d'abord établi un échantillon de vins qui ont été dégustés à la fois par WS ou RP et Winemega. Ainsi pour WS, nous arrivons à 168 vins communs avec Winemega et pour RP à un univers relativement comparable de 175 vins communs avec Winemega. L'univers de Winemega est légèrement plus vaste puisqu'il comprend certains vins qui ne sont pas présents ensemble chez nos deux dégustateurs de référence.
C'est l'ensemble des échantillons communs qui sont utilisés tout au long de cette étude.
Première étape : déterminer le nombre et le pourcentage de vins qui étaient cotés avec une note supérieure à 90 / 100 (selon la terminologie habituelle, il s'agit de vins considérés comme remarquables à exceptionnels)
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WINE SPECTATOR
|
PARKER
|
WINEMEGA
|
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129 sur 168
|
94 sur 175
|
21 sur 199
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soit 76.8%
|
soit 53.7%
|
soit 10.6%
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Dès les premiers calculs, il saute aux yeux qu'un nombre étonnement élevé de vins ont été notés de manière exceptionnelle chez RP, mais surtout chez WS. Il nous a alors paru intéressant de calculer la moyenne des notes obtenues pour l'ensemble des
vins pour Wine Spectator, Parker et Winemega, ainsi que les écarts (différentiels) de
leurs notes par rapport à celles de Winemega.
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WINE SPECTATOR |
PARKER |
WINEMEGA |
|
Note moyenne |
91.35 |
90.89 |
85.16 |
|
Ecart moyen constaté |
6.19 |
5.73 |
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Exprimé autrement, Wine Spectator note en général 12% plus haut que Winemega.
R. Parker fait lui aussi preuve d'une certaine générosité sur l'ensemble des vins qu'il déguste en notant (du moins sur ce
millésime) en règle générale 10.8% plus haut que l'ensemble des dégustateurs de Winemega. De même, nous avons établi que WS et RP sur-notent respectivement 96.4% et 94.3% des vins de leur échantillon par rapport à Winemega.
En poussant l'analyse, nous avons isolé au sein des échantillons les 25 châteaux représentant les Premier Grand Cru Classés et assimilés ainsi que les "
Super-Second ", à savoir :
25 Premier Grand Cru Classés et Super-seconds :
Haut-Brion,
Lafite,
Latour,
Margaux,
Mouton,
Ausone,
Cheval
Blanc, Petrus,
Mission
Haut-Brion,
Pape-Clément,
Palmer,
Lynch-Bages,
Pichon Longueville Comtesse de
Lalande, Le Pin,
Eglise-Clinet,
l'Evangile, Lafleur, Trotanoy,
Léoville las
Cases,
Ducru-Beaucaillou,
Léoville-Barton,
Pavie,
Figeac,
Cos
d'Estournel,
Montrose.
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Les résultats montrent que les sur-notes sont légèrement moins élevées pour les 25 Premiers Grand Cru Classés et assimilés que pour le reste de l'échantillon. Pour illustration, les sur-notes les plus extrêmes chez nos deux dégustateurs sont les suivantes :
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WINE
SPECTATOR : écarts extrêmes
parmi les 25 " Premier et Super Second"
|
|
VIN
|
SUR-NOTE
(points)
|
SUR-NOTE
(%)
|
|
Pichon
Comtesse de Lalande
|
+
10.51
|
+
21.0%
|
|
Pavie
|
+
10.30
|
+
20.6%
|
|
Evangile
|
+
10.00
|
+
20.0%
|
|
Lynch-Bages
|
+
8.76
|
+
17.5%
|
|
Cos
d'Estournel
|
+
7.50
|
+
15.0%
|
|
Ducru
Beaucaillou
|
+
7.39
|
+
14.8%
|
|
Léoville-Barton
|
+
7.08
|
+
14.2%
|
|
Figeac
|
+
6.93
|
+
13.9%
|
|
Montrose
|
+
5.60
|
+
11.2%
|
|
Eglise-Clinet
|
+
5.45
|
+
10.9%
|
|
|
|
Ecarts
extrêmes sans les 25 " Premier et Super-Second "
|
|
VIN
|
SUR-NOTE
(points)
|
SUR-NOTE
(%)
|
|
Lanessan
|
+
13.85
|
+
27.7%
|
|
Clinet
|
+
12.96
|
+
25.9%
|
|
Cote
de Baleau
|
+
12.70
|
+
25.4%
|
|
Franc-Mayne
|
+
12.43
|
+
24.9%
|
|
Léoville-Poyferré
|
+
11.42
|
+
22.8%
|
|
Gruaud
Larose
|
+
11.41
|
+
22.8%
|
|
Cantemerle
|
+
11.24
|
+
22.5%
|
|
Haut-Bages
Libéral
|
+
10.50
|
+
21.0%
|
|
Ferrière
|
+
10.39
|
+
20.8%
|
|
Clusière
|
+
10.26
|
+
20.5%
|
|
|
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ROBERT
PARKER : écarts extrêmes
parmi les 25 " Premier et Super-Second "
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VIN
|
SUR-NOTE
(points)
|
SUR-NOTE
(%)
|
|
Pichon
Comtesse de Lalande
|
+
9.01
|
+
18.0%
|
|
Pavie
|
+
8.50
|
+
17.0%
|
|
Evangile
|
+
7.50
|
+
15.0%
|
|
Léoville-Barton
|
+
7.28
|
+
14.6%
|
|
Pape-Clément
|
+
7.21
|
+
14.4%
|
|
Figeac
|
+
6.93
|
+
13.9%
|
|
Montrose
|
+
6.60
|
+
13.2%
|
|
Mission
Haut-Brion
|
+
6.50
|
+
13.0%
|
|
Lynch-Bages
|
+
6.26
|
+
12.5%
|
|
Cheval
Blanc
|
+
6.21
|
+
12.4%
|
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Ecarts
extrêmes sans les 25 " Premier et Super-Second "
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VIN
|
SUR-NOTE
(points)
|
SUR-NOTE
(%)
|
|
Corbin
Michotte
|
+
18.20
|
+
36.4%
|
|
Lanessan
|
+
16.35
|
+
32.7%
|
|
Haut
Bergey
|
+
11.34
|
+
22.7%
|
|
Clusière
|
+
11.26
|
+
22.5%
|
|
Conseillante
|
+
10.22
|
+
20.4%
|
|
Malescot
St-Exupéry
|
+
10.19
|
+
20.3%
|
|
Carmes
Haut-Brion
|
+
10.11
|
+
20.2%
|
|
Pavie
Decesse
|
+
9.76
|
+
19.5%
|
|
Cote
de Baleau
|
+
9.70
|
+
19.4%
|
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Monbousquet
|
+
9.70
|
+
19,4%
|
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Influences de Robert Parker et de Wine Spectator sur le marché
Le vin, comme d'autres domaines d'activité comme les loisirs, la consommation de luxe etc.. , ont pleinement profité ces dernières décennies, d'un
accroissement du pouvoir d'achat général et d'un intérêt croissant du consommateur. Le travail en profondeur réalisé par les producteurs, les nécessaires réformes introduites par les instances régissantes
(INAO
et autres), un nivellement qualitatif général par le haut ainsi qu'une image globale améliorée grâce à une communication accrue, ont attiré de nombreux amateurs en quête de produits nobles et " naturels ". Dans cette mouvance, de très nombreux professionnels ont profité de cette vague pour mettre sur pied des stages d'apprentissage à la
dégustation et de rencontres où l'aspect hédoniste et convivial, mais également l'image d'un certain luxe discret auréolé de volupté du meilleur goût sont mis en exergue. La multiplication des clubs, associations, magazines et guides ainsi que des innombrables sites Internet traitant du sujet est un signe évident de l'accroissement considérable de la base d'intérêt pour le " produit "
oenologie. Dans ce contexte, la demande pour être guidé dans le dédale des pays, régions, appellations, terroirs parmi des milliers de producteurs est importante.
Dès la fin des années 70, certains critiques commencent à se faire un nom par la parution de revues et d'articles spécialisés dans la presse et les médias. Mais c'est principalement au début des années 80 que Robert Parker en particulier s'est fait une réputation de spécialiste
hors pair en étant, un peu à contre-courant, l'un des premiers à identifier la qualité remarquable du
millésime 1982. Doté d'une capacité phénoménale de
dégustation et d'analyse, son aura aux Etats-Unis d'abord, puis rapidement dans le reste du monde, ne cessa de s'étendre. Le magazine Wine Spectator jouit également d'un prestige et d'une influence importants en Amérique du Nord où le travail de ses équipes de critiques est généralement salué par la communauté viticole et par de nombreux amateurs. Aujourd'hui, tant James Suckling (responsable du bureau européen de Wine Spectator) et son équipe que Robert Parker sont devenus totalement incontournables, tant au niveau des producteurs que des consommateurs. Il suffit de voir l'empressement des régisseurs et des propriétaires de domaines (même des plus prestigieux) autour des oracles lors des dégustations de
primeur
chaque printemps. C'est qu'il s'agit impérativement d'être dans le haut de leur calepin sous peine de mévente dans les mois qui suivent en Amérique du Nord et en Asie, car ils sont nombreux les amateurs de par le monde à se fier presque aveuglément aux notes et aux commentaires, fort bien faits au demeurant, de Messieurs Parker et Suckling. Or près de 40% de la production des vins de Bordeaux (représentant 7 milliards de Francs français
/ 1.1 milliard d'Euros - source : Les
Négociants en Vins et Spiritueux de Bordeaux et de la Gironde) est dédiée à l'exportation et certains châteaux y consacrent même la totalité de leur production. Alors que Mr Parker jouit d'une réputation d'intégrité largement reconnue dans ce milieu, cette relation perverse avec les producteurs, se faisant probablement à son détriment, engendre des effets regrettables dont il est encore difficile de mesurer aujourd'hui toutes les conséquences.
Il est aujourd'hui reconnu que RP et WS opèrent des influences directes et indirectes sur différentes étapes de la chaîne, depuis la production, où leur ombre plane parfois jusque dans les chais, jusqu'à l'étape ultime avant la vente, où les emplacements préférentiels sur les rayons se décident à la lumière des notes obtenues. De très nombreux amateurs, principalement d'outre-Atlantique et d'Asie ont eu leur goût formé par les écrits de ces célèbres critiques. Ils se reconnaissent donc parfaitement dans ce type de vins denses, foncés, fortement alcoolisés à la
structure impressionnante. En définitive, on est immanquablement amené à parler de l'impact réel des notes et recommandations de nos dégustateurs sur le prix d'évaluation d'un vin.
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Définition d'un juste prix
1.
l'effet "millésime"
Nous avons donc calculé au moyen d'outils statistiques (régression linéaire) l'influence des notes d'évaluation par rapport au prix. Tout d'abord, il a fallu déterminer ce qu'on appelle l'effet
millésime, car si certains vins voient leur valeur marchande fluctuer d'une année à l'autre, il est également vrai que la valeur d'ensemble d'un
millésime joue également un rôle dans le prix final d'un vin. Chez Winemega nous avons à ce jour effectué une analyse complète sur quatre millésimes (97, 98, 99 et 2000). En comparant 2000 au
millésime considéré comme étant le moins cher de ces quatre années sous revue (1997), nous avons fait ressortir que le 2000 affiche une sur-cote de 37.9% part rapport aux 1997.
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2.
L'effet région
Il est également intéressant de mesurer les différences de prix d'une région à l'autre. En effet, lorsqu'on se rend chez son revendeur favori, on remarque visuellement que les vins de la région de
Pomerol ou de
Pauillac sont globalement nettement plus chers que ceux issus de la région de
Moulis ou du
Haut-Médoc. Il est tout à fait possible de mesurer précisément cette tendance. C'est ce que nous appelons l'effet région au sein d'un
millésime. En tendance, les appellations Medoc et
Haut-Médoc sortent systématiquement en meilleur marché. Par
exemple, en 1999, il fallait payer en moyenne une sur-cote de
104% (!) pour acquérir un vin de Pomerol par rapport à un vin du
Haut-Médoc. C'est la prime la plus élevée de notre étude. Pour
l'année 2000, on constate que les différentiels d'écarts de
sur-cote entre régions sont plus ténus. Il ne faut en effet
payer " que " 79% de sur-cote pour la région la plus chère
(Pomerol encore) par rapport à la moins chère (Haut-Médoc). Ceci
pourrait vouloir dire que la hausse de prix (en pourcentage)
s'est, en proportion, fait davantage sentir cette année sur les
régions historiquement moins chères comme le
Médoc,
Haut-Médoc,
Fronsac,
Moulis,
Listrac-Médoc ou le
Sauternes.
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3.
L'effet note
Enfin, nous avons mesuré l'effet de variation du prix par rapport à la note attribuée. Il faut comprendre les données ci-après de la manière suivante : si la note attribuée à un vin augmente d'un point, le prix augmente en moyenne de:
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1997
|
1998
|
1999
|
2000
|
|
10%
|
12%
|
9%
|
15%
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En raison de l'attribution par les deux dégustateurs les plus influents de la planète de notes nettement plus élevées que la moyenne des autres critiques, il est également possible d'en déterminer l'impact sur le prix.
Exemples :
1) Parmi les " 25 Premier et Super-Second ", l'écart moyen de note entre Parker et Winemega est de 3.6 points. Il est par conséquent facile d'estimer que ces vins subissent une sur-cote de 72% par rapport au prix qu'ils devraient avoir si les notations de Parker correspondaient aux notes de Winemega (représentant, rappelons-le la moyenne de notation d'un panel
d'une quinzaine de dégustateurs professionnels). Pour être encore plus parlant, en moyenne si vous payez 200 Euros pour un vin de cette catégorie, son juste prix par rapport à l'évaluation qualitative de Winemega devrait plutôt se situer aux alentours de 116 Euros.
2) Pour les vins ne faisant pas partie de la catégorie des " 25 Premier ", l'écart moyen de note entre Parker toujours et Winemega est de 5.8 points. La différence est encore plus marquée avec une
sur-cote de 162% ! Ici également, si vous payez en moyenne 30 Euros pour un vin de cette catégorie, son juste prix par rapport à l'évaluation qualitative de Winemega devrait plutôt se situer aux alentours de 11.45 Euros
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De même, grâce à notre modèle, il est tout à fait possible de calculer un prix correspondant à la note obtenue, et ceci pour chaque vin. Voici deux exemples caractéristiques :
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Prix de vente (EUR)
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Juste prix (EUR)
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Pavie
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175
|
52
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|
Grand Puy Ducasse
|
20
|
20
|
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On voit clairement que
Pavie
(Saint-Emilion) est largement surévalué puisque la moyenne des notes qu'il obtient sur Winemega (87.50) ne justifie à priori pas son prix de 175.- EUR,
mais devrait plutôt se situer aux environs de 52.- EUR. A noter
que Parker alloue une note de 95 / 96+ à Château
Pavie.
Par contre pour Grand Puy Ducasse (Pauillac), la moyenne des notes qu'il obtient sur Winemega étant de 83.51, un prix de 20 EUR se justifie pleinement. A noter que Parker lui alloue une note relativement proche (85 / 86), ce qui pourrait expliquer qu'il n'y ait pas de prime particulière entre le prix de vente " marché " et le
juste prix pour ce Château.
Vous pouvez trouver une série plus complète des châteaux présentant un prix de vente très proche de leur "juste-prix" sur
les pages rapport qualité/prix depuis la rubrique
TOP
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Quelques réflexions sur le style des vins actuels
Robert Parker, l'équipe de Wine Spectator et d'autres, sont sans nulle doute d'excellents professionnels. Ils ont certainement assez d'éthique et de conscience pour éviter de tomber dans les multiples conflits d'intérêts qui peuvent se présenter à eux.
Plus personne aujourd'hui ne remet en cause le fait que Robert Parker principalement, mais également Wine Spectator, puissent faire ou défaire le prix et la réputation de la plupart des vins de Bordeaux, et encore plus particulièrement lors de la période des Primeurs. Car il n'y aura finalement qu'un nombre infime de souscripteurs qui auront eu la chance de pouvoir les déguster par eux-mêmes. Ainsi, une appréciation très favorable de RP avec une note aux alentours de 95 fera grimper quasi instantanément le prix du vin concerné de façon aberrante (on a vu des prix multipliés par 3 lors de certaines " découvertes " du Maître). A l'inverse, on a parfois assisté à la brusque excommunication d'un domaine que R. Parker jugeait sévèrement avec des baisses de prix impressionnantes (-50% et davantage !). C'est ainsi. On ne peut que quittancer cet état de fait, tout en regrettant cependant que la notion de vin " exceptionnel " soit galvaudée par ces dégustateurs nord-américains au point que ce terme, qui a pour synonyme le mot " rare ", devienne la règle dans le cadre d'un
millésime sensible comme le 2000 et dépasse en nombre la moitié d'un échantillon de plus de 160 vins ! C'est un peu comme si vous souteniez qu'une montre Tissot ou Seiko équivalent à une Rolex ou une Patek-Philippe. Certes, Seiko ou Tissot font de très bonnes montres, qui sont précises (peut-être même plus qu'une montre haut de gamme…), esthétiques et robustes. Cependant, aucune des deux n'égalera la sophistication, l'élégance, la complexité et le mystère d'un garde-temps de prestige. Certes, les techniques de vinification actuelles tendent à lisser les différences entre un excellent Cru Bourgeois et un
château Pétrus. Cependant, il y a une chose que le Cru Bourgeois n'arrivera jamais à égaler, c'est le
terroir unique de Pétrus !
Il faut reconnaître à Robert Parker son rôle essentiel de chantre de l'amélioration de la qualité. Il serait excessif de lui en attribuer tous les mérites, mais son rayonnement et son influence y ont sans nulle doute fortement contribué. Le fait est que depuis une quinzaine d'années, la plupart des domaines
aient sensiblement modifié leur style, laissant les grappes mûrir
davantage qu'il y a quelques décennies, proposant des vins plus foncés, denses et des structures plus affirmées privilégiant l'extraction. Est-ce exagéré de prétendre que certains propriétaires l'ont fait avec en arrière-pensée le désir de plaire à Parker ? Peu l'avoueront ouvertement mais les retombées des bonnes recommandations de RP sur les marges bénéficiaires d'un domaine sont parfaitement tangibles et mesurables. Sans doute, la production a gagné en homogénéité et en régularité, mais les amateurs chevronnés se prennent parfois à regretter les vins des décennies précédentes, certes plus irréguliers avec leurs qualités et leurs défauts, mais avec des spécificités particulières au cru que certains appellent l'âme. D'aucuns prétendant même que les flacons actuels ont perdu une partie de leur caractère spécifique contre une regrettable uniformisation. On parle de mondialisation du goût, où il deviendrait de plus en plus difficile de reconnaître à l'aveugle (du moins pour un amateur) un vin
médocain d'un
assemblage
Cabernet-Sauvignon -
Merlot
californien ou chilien. En somme, la tendance serait à l'uniformisation (problème constaté dans d'autres domaines
économiques également) avec nombre de magnifiques vins musclés comme des sculpturaux sprinters, mais totalement incapables de se lancer dans la tactique et les subtilités d'un 3000 m steeple.
Alain
Bringolf - Juin 2001
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Mes remerciements à Charles Wyplosz
de son aide précieuse pour la partie statistique de cette étude
ainsi qu' à mon épouse Evelyne pour sa patience et de ses
conseils avisés. |
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| Préambule
A en croire les commentaires de certains spécialistes, l'année 2000 dans le Bordelais devrait figurer au Panthéon des " Millésimes du siècle " au même titre que les mythiques 1929, 1945, 1961 et 1982 sans oublier le 1990.
Grâce à une base de données unique en son genre, nous avons quantifié de manière précise et objective la valeur réelle du
millésime en dehors des propos généralement flatteurs parus dans la presse ces derniers mois. Nous avons également mesuré l'impact réel des notations sur le prix que les amateurs devront finalement payer au terme d'une campagne d'achat particulièrement animée et tendue cette année. Est également abordé le problème de l'influence croissante de certains dégustateurs-vedette par rapport au marché des vins de Bordeaux en général, et plus particulièrement aux souscriptions primeurs où certains prix
2000 " départ
château " font plus que doubler d'une année à l'autre !
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