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Bordeaux:
les vins, les domaines, les châteaux, les rumeurs circulant dans les chais bordelais
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Les nouvelles du Zinc - Avril 2003
Vins de Bordeaux: les domaines, les châteaux Tous les potins et rumeurs circulant dans les chais... |
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Parker boude Bordeaux
La nouvelle a fait l'effet d'une bombe au printemps 2003:
Robert
Parker, le critique de vin le plus célèbre de la planète qui fait la pluie et le beau temps sur le marché viticole bordelais, annonce qu'il renonce de participer en 2003 à la grand-messe annuelle des dégustations en
primeur
à Bordeaux. La raison invoquée est l'incertitude de la situation politique internationale ainsi que les pressions de son entourage afin qu'il ne se rende pas en Europe actuellement. D'un point de vue technique, il considère en outre que les caractéristiques du millésime 2002 - fin de saison très chaude avec de petits
rendements
dus à la
coulure des vignes début 2002 ainsi qu'un
millerandage quasi général - a produit des vins extrêmement tanniques avec des niveaux d'acidité supérieurs à la normale. Il estime par conséquent juste d'attendre encore plusieurs mois avant de pouvoir objectivement juger de la qualité de la cuvée 2002. Reste à voir si les quelque 3000 autres professionnels sur place dès fin mars vont pouvoir réellement juger de tels vins s'ils se caractérisent vraiment, comme l'affirme Parker, comme du concentré
acide de
tannins..! Cependant, ce dernier, sans doute afin de ne pas plomber définitivement l'avenir des primeurs 2002, a malgré tout affirmé que, pour ce qu'il avait pu en goûter en janvier 2003, le millésime 2002 méritait qu'on s'attarde sur lui. Il sera en tout cas intéressant de suivre le niveau auquel ces vins seront proposés en souscription. (Source:
http://www.erobertparker.com/ )
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Margaux: participation confirmée
Après la mort de Giovanni Agnelli,
patriarche de l'empire
FIAT dont on connaît les difficultés financières actuelles, et qui détenait 75% du capital du
1er Grand Cru classé
Château Margaux, Corinne Mentzelopoulos, directrice et co-détentrice des 25% restants du capital a réussi à obtenir un accord avec les héritiers Agnelli en acquérant une participation
majoritaire dans le prestigieux domaine. Corinne Mentzelopoulos, qui a repris la direction du
château à la mort de son père André en 1980, va pouvoir continuer le travail d'excellence qu'elle accomplit depuis lors pour amener
Margaux a sa place actuelle de leader médocain. Les nouvelles de la cession de la propriété par les héritiers Agnelli, laquelle est estimée à quelque 300 millions d'Euro, avait alimenté nombre de rumeurs et de spéculations. Ainsi, la presse se faisait dernièrement l'écho de l'intérêt éventuel au rachat de la propriété par Bill Gates, patron de
Microsoft et accessoirement l'homme le plus riche de la planète, mais également de la part du Duc de Westminster ainsi que par le
conglomérat
AXA Millésimes, déjà détenteur de nombreuses propriétés en Gironde dont
Pichon Lalande
Baron, Franc-Mayne,
Pibran,
Cantenac Brown, Petit-Village,
Suduiraut ou encore Quinta de Noval, le plus célèbre producteur de Porto. (Source:
Decanter/Vinum)
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Une grande figure s'en va
Fin mars 2003, un grand Monsieur de la scène bordelaise nous a quitté: Jean-Pierre Moueix a tiré sa dernière révérence à presque 90 ans. Originaire de Corrèze, il avait créé à Libourne en 1937 les Etablissements Jean-Pierre Moueix, lesquels allaient devenir une des principales Maisons de négoce de la
rive droite. Dans les années 50, Jean-Pierre Moueix, fort du succès de son activité de négoce, acheta plusieurs domaines renommés à
Saint-Emilion et à
Pomerol,
dont entre autres
château Trotanoy (1953), La
Fleur Pétrus
(1953),
Magdeleine
(1954),
Lagrange à Pomerol (1959), La Grave (1971), puis dans la région de
Fronsac dans les années 80 (Canon de
Brem, la Dauphine etc..). Au décès de Madame Loubat,
la propriétaire du
château Petrus en 1964, il
exerça ses droits d'acquisition pour la moitié des parts du prestigieux domaine.
Son fils Christian a repris depuis les années 70 les destinées de l'entreprise familiale. En outre, Jean-Pierre Moueix, homme de probité et de grande courtoisie, était un grand amateur d'art, réunissant chez lui une collection privée d'artistes modernes tels que Bacon ou Picasso. (Source: Oxford Companion to wine)
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Moueix boycotte les dégustations primeur
Le
négociant Moueix, par le biais de son directeur Christian Moueix a décidé cette année de ne pas présenter ses vins lors de la traditionnelle et incontournable
dégustation de printemps organisée par
l'Union des Grands crus (UGC) à laquelle participent près de 3000 professionnels. Moueix,
propriétaire de nombreux crus réputés, dont Petrus, Trotanoy et
Magdeleine pour les plus connus, a estimé que ses vins n'étaient pas prêts à être montrés avant le mois de juin. Pour Christian Moueix, la cause en revient principalement à la
fermentation malolactique, laquelle se fait plus lentement qu'à la normale cette année. De nombreuses voix se font
actuellement entendre à Bordeaux, arguant que ces dégustations arrivent bien trop tôt par rapport à l'évolution des jeunes vins. Certains comme Eric
d'Aramon de
Château Figeac pensent même que ces dégustations devraient avoir leur entre juin et septembre, soit environ 10 mois après la récolte.
May-Eliane de Lencquesaing (Pichon
Lalande
Comtesse) estime que deux dégustations séparées devraient être organisées, une en mars, l'autre en
septembre. Alain Raynaud de Château Lascombes et ancien Président de l'UGC explique:
parce que de nombreux domaines doivent vendre leur production au mois de mai pour des raisons de liquidités, ces dégustations doivent se tenir plus tôt qu'elles ne devraient se faire optimalement. A ce stade, un délai des dégustations de l'UGC à l'automne est impossible sans réforme radicale du système de négoce bordelais. Il n'empêche que si un nombre croissant de propriétaires décident de boycotter cette manifestation, la place sera bien obligée à terme d'adopter de tels changements. (Source:
Decanter
Magazine)
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Trier le bon grain de l'ivraie
Une nouvelle technique permettant de trier les grains mûrs, verts ou pourris a été testée par Philippe Bardet, propriétaire des
château Val d'Or à St-Emilion et Picoron
(Côtes de Castillon). La machine, qu'il a mise au point avec l'un de ses amis, fonctionne grâce au principe de densiométrie, lequel est déjà appliqué à de nombreux domaines du secteur agricole. Les grains sont placés dans leur propre bain de
moût. Les grains verts ou
pourris coulent alors au fond de la cuve alors que les grains mûrs flottent. Les bons grains sont alors aspirés depuis le fond de la cuve, alors que les autres sont retenus par un tambour tournant. Selon Bardet, cette technique pourra largement améliorer la qualité des vendanges récoltées mécaniquement. (Source
Harpers)
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Spleen bordelais
Le marché viticole doit actuellement faire face à des conditions particulièrement difficiles, tout particulièrement aux Etats-Unis. Aux dires de Patrick Bernard, Directeur de
Millesima - le spécialiste en vins fins, "..la situation est aujourd'hui particulièrement délicate. Les marchés boursiers sont durablement déprimés et le climat des affaires est nettement à la baisse. Tout le monde veut en avoir pour son argent et seules les marques les plus prestigieuses attirent encore les consommateurs. Les vins de garage n'ont plus la cote car ils sont trop chers en rapport à leur qualité". De plus, l'Euro est en hausse de plus de 25% contre le Dollar, rendant d'autant plus chers les vins français aux Etats-Unis. "Tout le monde s'attend maintenant à une baisse du marché cette année". Heureux consommateur Européen! (Source:
Harpers)
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Info ou Intox?
Propos ambigus de Christian Seely, Directeur Général de
AXA Millésimes, propriétaire entre autres de
Pichon Lalande
Baron,
Cantenac Brown et de
Suduiraut. "Certains producteurs dépendent trop du marché des primeurs, ce qui peut causer des problèmes lors d'années plus difficiles comme 2002."
Cependant, M. Seely se contredit un peu plus tard concernant la qualité du dernier millésime... "Les producteurs seront très réticents à baisser leurs prix". Décrivant le
Pichon-Baron 2001 comme "excellent", il avance que le 2002, produit avec de petits
rendements, sera encore meilleur - "un vin absolument délicieux... le millésime 2002 ne mérite pas une baisse des prix !". Ne faudrait-il pas que certains révisent leurs fondamentaux économiques: un prix se fixe généralement par rapport à la demande, et non par rapport à l'offre.. ou encore "on ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif ". (Source:
Harpers)
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Messieurs les Anglais, tirez les premiers...
Ou plutôt Madame, tirez la première. En effet, Jancis Robinson, une des références du monde de la
dégustation (et contribuant entre autres aux notes de Winemega), réalise un portrait grinçant du producteur français-type: "Tradition, tradition, tradition et
terroir. Par rapport à la multitude des vins qu'elle produit, la France a cependant une image de cohésion étonnante. Ceci est parfaitement illustré par la Xème génération de paysans exploitants continuant de produire des vins de la même manière que le faisait leur grand-père, assis sur son tracteur en attendant - vainement - l'arrivée de clients potentiels. Ce vigneron n'aura que rarement goûté d'autres vins que les siens, connaît à peine ceux de sa région et ignore totalement les vins
étrangers. Mais il n'ignore pas que les vins du Nouveau Monde ne sont que des confections technologiques réalisées par des Anglo-Saxons perfides avec des moyens marketing gigantesques. Pour ce vigneron-type, dans les bonnes années, personne au monde ne peut faire de meilleurs vins que les français."
Pour être objectif, mentionnons que d'autres régions viticoles en prennent pour leur grade.
Grâce à de nombreuses descriptions au vitriol, elle écrit pour l'Allemagne que ses vins sont "désespérément démodés et anodins". En Nouvelle-Zélande, elle relève que ses vins rouges sont "mieux appréciés là-bas qu'à l'étranger". Portugal: "la production nationale se débat pour sortir des incontournables vins rouges bon marché et du Mateus rosé". Espagne: "les prix font du yo-yo. Les vins espagnols font des vagues, mais pour beaucoup, ça ressemble à des éclaboussements". Californie: "A part une
ou deux dizaine de producteurs, la production californienne se caractérise par un
ego surdimensionné et du marketing en bouteille". Que dirait-elle si les Anglais produisaient du vin?
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