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Club toulousain In Vino Veritas
Horizontale Sauternes 1997
Vendredi 5 Octobre 2007
A lire également:
Sauternes-Barsac
1997 (dégustés en 2002) |
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Dégustation préparée par Didier Sanchez et commentée par
Philippe Ricard pour l’après-midi et Pierre Citerne pour le
soir. |
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Quelques commentaires de contexte :
La dégustation s’est déroulée en deux phases : l’après-midi
à 14H15 puis le soir à 19H30.
Le compte rendu porte sur les deux séances.
Comme d'habitude certains vins ne se révèlent que le soir en
raison de l’effet bénéfique d’une aération de 5h (dans la
bouteille avec bouchon position verticale) tandis que d’autres
se dégradent.
Les notes de Didier Sanchez (DS AM et DS SOIR) sont le reflet de
ces variations.
Les vins sont dégustés à l'aveugle.
Les verres utilisés sont les «Expert» de Spiegelau.
DS : Didier Sanchez - PC : Pierre Citerne – LG : Laurent Gibet –
PR : Philippe Ricard – MS : Miguel Sennoun - CD : Christian
Declume.
Ordre de dégustation

d'Arche -
Coutet -
Guiraud -
Haut
Bergeron -
Doisy Daëne -
Doisy Daëne Extravagant
Clos Haut Peyraguey -
Rayne Vigneau
-
Suduiraut -
d'Yquem -
Nairac
-
Rieussec
Climens -
de Malle -
la Tour Blanche
(Nombre de dégustateurs : 17)
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Arche 1997 - Sauternes
Vin de Bordeaux, France
90 % Sémillon-10% Sauvignon (14°)
L’après-midi :
• Robe assez épaisse, limpide, or aux reflets orangés et
lumineux.
• Très joli nez, toujours frais, expressif et complexe, riche de
cire, encaustique, orange amère, zeste, mirabelle. Rôti affirmé,
plus un soupçon d’infusion. Fort appétissant !
• Bouche particulièrement aérienne, élégante, avec une fraîcheur
réjouissante, signant un équilibre impeccable : le genre de
liquoreux qui fait oublier son sucre… Aux premiers arômes
s’ajoutent le citron vert, l’abricot, la mangue fraîche, la
prune, le coing, bref, un joli panier de fruits ! Finale bien
tenue, avec une fraîcheur qui ne faiblit pas (presque
mentholée), complétant l’harmonie.
Le soir :
• Très belle robe solaire, visqueuse.
• Nez riche, "classique", évocation d'abricot confit et de crème
brûlée, notes épicées un peu alanguies (cannelle…).
• Texture fine et expressive dès l'attaque, bonne liqueur, mais
un certain manque d'allant, de fermeté pour véritablement
captiver le palais ; saveur encore légèrement marquée par
l'élevage (noix de coco grillée) et vivacité finale
intéressante.
Note moyenne après-midi : 16,4 - soir : 15,4
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Coutet 1997 - Barsac Vin de Bordeaux, France
75 % Sémillon-25% Sauvignon (14°)
Radicalement et profondément bouchonné : même le crachoir
n’arrivera pas à se débarrasser de ce liège détestable !

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Guiraud 1997 - Sauternes Vin de Bordeaux, France
70 % Sémillon-30% Sauvignon (13,5°)
L’après-midi :
• Robe épaisse, limpide, or aux reflets orangés.
• Nez assis sur un boisé dominant, massif, contraignant le vin
fortement. Complexité moyenne, odeur de champignon étonnante,
quelques notes florales bien timides : rien de bien excitant !
• Bouche profondément monolithique, ennuyeuse, un peu pataude :
matière emprisonnée dans un boisé indélicat, imposant ses arômes
de café, de caramel plutôt que la mandarine, trop timide et bien
esseulée. Finale virant quelque peu sur la vieille futaille,
avec une rémanence limite liégeuse…
Est-ce un échantillon défectueux ?
A-t’on décelé quelques travers de pourriture grise ?
Le regoûter nous semblerait prudent…
Le soir :
• Robe évoluée, légère matité, reflets glauques…
• Nez ouvert, expressif, évoquant un vin passerillé… raisin de
Corinthe, abricot sec, pêche jaune ; avec des inflexions épicées
et balsamiques qui lorgnent vers un Vin de Constance !
Intéressant, atypique.
• Bouche décevante, liqueur plutôt modeste, vive et parfumée
(même registre "passerillé" et balsamique qu'au nez) qui laisse
ressortir une charge alcoolique encombrante ; finale fuyante.
Note moyenne après-midi : 13,3 - soir : 14
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Haut Bergeron 1997 - Sauternes
Vin de Bordeaux, France
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90 % Sémillon-5% Sauvignon (14,6°)
L’après-midi :
• Robe assez épaisse, limpide, or cuivré aux reflets presque
ambrés, toujours lumineux.
• Splendide nez botrytisé, sur un rôti expressif, une belle
palette de fruits confits, l’ananas, la prune, l’orange, le
miel, des notes florales élégantes. Complexe, riche, explosif :
ça pète !
• Bouche en grand écart subtilement maitrisé entre une sucrosité
évidente et une acidité à la hauteur : toujours sur un fil, mais
perception finale de fraîcheur aérienne étonnante… Très belle
matière, riche, d’une complexité indéniable, délivrant sans
retenue ses agrumes, zeste, mandarine, fruits exotiques, mangue,
banane… Finale superbement persistante, fraîche, soulignée d’une
amertume délicate.
Le plus étonnant est que cette matière, déjà fort généreuse, ne
semble encore totalement se livrer.
Vraiment un très beau vin !
Le soir :
• Robe dorée de belle intensité, reflets bronze olivâtre.
• Joli botrytis au nez, abricoté, ample et riche mais d'une
netteté discutable, quelques relents iodés et organiques, tout à
fait supportables.
• Forte liqueur, viscosité tapissant le palais, bonne structure
acide, plénitude des saveurs : des qualités de générosité et de
constitution qui parviennent à compenser un léger manque de
finesse et de netteté.
Note moyenne après-midi : 17,3 - soir : 15,9
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Doisy Daëne 1997 - Barsac Vin de Bordeaux, France
80 % Sémillon-20% Sauvignon (14°)
L’après-midi :
• Robe moyennement épaisse, relativement claire, jaune aux
relfets fluos, quelque peu vert !
• Nez un peu à part dans ce début de série, timide, d’apparence
fermée, avec quelques notes herbacées évoquant le sauvignon, une
pointe florale, des agrumes frais.
• Attaque franchement sur le sucre, corps peu prolixe, laissant
échapper quelques discrètes notes d’orange, de coing, de fleurs
blanches, de gentiane. Finale déséquilibrée par un profil
alcooleux, évoquant de nouveau les quelques notes herbacées
révélées par le nez. Le tout manque d’harmonie, de fruit et
bride sincèrement le plaisir…
Le soir :
• Des reflets verts qui laissent deviner la sveltesse du vin.
• Nez typé Barsac, fin, précis, élégant, avec plus de "végétalité"
qu'à Sauternes : ananas, lait de coco, miel d'acacia…
• Bouche vive, saveur fruitée, moelleux discret, une sveltesse
qui pourrait confiner à la sècheresse, à la rigidité, grande
netteté aromatique et structurelle.
Note moyenne après-midi : 14,2 - soir : 15,6
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Doisy Daëne "Extravagant" - Barsac Vin de Bordeaux, France
100% Sémillon (13°)
L’après-midi :
• Robe ambre à l’épaisseur langoureuse. Imposante !
• Nez d’une richesse superlative : raisin de corinthe, fruits confits,
abricot sec, pâte de fruits, note d’infusion. Tout confère à la sensation de
concentration olfactive, dans l’opulence, mais aussi la majesté !
• En bouche, on est d’entrée saisi par la richesse de matière colossale :
extrême est le mot qui convient le mieux à un vin dont le nom est
particulièrement bien adapté à l’impression sucrée qui s’en dégage !
Impression presque « too much » où le terme confit paraitrait même
sous-estimer la réalité d’une expression quasi obséquieuse… La finale
déstabilise davantage car le sucre ne semble plus autant significatif que la
richesse hors norme de la matière, tapissant la bouche jusqu’à saturation
des sens.
Vin résolument à part (identifiable immédiatement), proche d’un vin de glace
ou un Tokay hongrois, sans forcément la même acidité.
Un sujet à controverse, sans aucun doute, auquel nous ne sommes pas
particulièrement sensibles l’après-midi…
Le soir :
• Aspect sirupeux singularisant d'emblée ce vin aux 360 grammes de sucre
résiduel, teinte vieil or, reflets bronze.
• Premier nez explosif, "autrichien", évoquant les énormes botrytis des
environs de la Neusiedlersee… très éthéré, confiture d'abricot, champignon
frais… Des nuances intéressantes apparaissent à l'aération, de plus en plus
précises et individualisées : pralin, pistache, menthe poivrée, créosote,
safran…
• Impression de sirop d'érable en bouche, extravagante certes mais sans que
surviennent l'écoeurement ni la lassitude ; au contraire le vin affirme au
fil des (petites) gorgées une réelle fraîcheur, une grande cohérence, une
personnalité aromatique diverse et raffinée. On retrouve dans ce brillant
exercice de style la même précision d'élaboration, la même netteté que dans
la cuvée normale du château, mais en s'écartant franchement de la typologie
classique des liquoreux sauternais, - vins "de table", de nourriture -, pour
pénétrer dans le monde des "vins objets", "vins de méditation", se
rapprochant ainsi de l'esprit des cuvées extrêmes autrichiennes, hongroises,
alsaciennes ou angevines.
Note moyenne après-midi : 15,3 - soir : 17,6 |
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Clos Haut Peyraguey - Sauternes Vin de Bordeaux, France
90 % Sémillon-10% Sauvignon (14°)
L’après-midi :
• Robe assez épaisse, limpide, jaune orangée avec des reflets or
quasi fluos.
• Nez presque paralysé par la puissance d’arômes soufrés.
Expression pauvre d’agrumes, avec tout de même une impression de
fraîcheur.
• Bouche plus appréciable, quoiqu’encore un peu simple en l’état
: frais (belle acidité), fin, élégant, bien équilibré, le vin se
tient bien, mais pèche là aussi par un manque de complexité
aromatique (mangue, goyave, agrumes frais). Finale longue et
alerte, relevée d’une pointe d’amertume (zeste d’orange).
Ah, le soufre et les liquoreux !
Le soir :
• Belle robe dorée intense et lumineuse.
• Premier nez puissant, "classique", miel et crème brûlé,
soupçon d'élevage grillé ; une certaine violence à l'aération,
exacerbée par l'acidité volatile.
• Matière riche, chaleureuse, un peu lourde, avec des saveurs de
guimauve et de caramel, peu de vivacité, une amertume marquée en
finale. Un bon classique, remplissant le cahier des charges sans
se montrer inspiré.
Note moyenne après-midi : 14,8 - soir : 14,8
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Rayne Vigneau 1997 - Sauternes Vin de Bordeaux, France
80% Sémillon-20% Sauvignon (13°)
L’après-midi :
• Robe assez épaisse, limpide, d’un or soutenu, lumineux.
• Nez posé sur un registre assez large, riche, quelque peu alcooleux :
fruité tout de même expressif, avec les agrumes, la mandarine, le coing,
l’ananas.
• Bouche qui prolonge cette richesse olfactive par une démonstration presque
opulente : matière épaisse, profil un peu lourdaud, légère dérive sur
l’alcool au détriment de la fraîcheur. La complexité aromatique n’est pas
non plus de la partie : tout juste se distinguent l’orange, les fruits
confits, le quinquina. Finale chaleureuse, marquée par le marc de raisin,
sans grande harmonie.
Le soir :
• Robe ample présentant une belle viscosité.
• Nez original, très expressif, finement nuancé : botrytis bien présent,
champignon frais, cire, encaustique, notes terpéniques (miel de sapin ?) et
épicées (curry).
• La liqueur se montre à la fois puissante et suave, il y a de la finesse et
de la longueur, des saveurs prenantes et variées (fruitées, épicées,
végétales, minérales…). Très séducteur, ouvert, intense tout étant souple et
délié, ce vin connaît peut-être son apex alors que d'autres iront beaucoup
plus loin dans le temps, mais que de bonne volonté à donner du plaisir !
Note moyenne après-midi : 15,1 - soir : 16,6
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Suduiraut 1997 - Sauternes Vin de Bordeaux, France
90 % Sémillon-10% Sauvignon (14°)
L’après-midi :
• Robe épaisse, limpide, d’un or vraiment lumineux, très
séduisant.
• Nez qui divise un peu : bloqué par le soufre pour certains,
contraint par le bois pour d’autres… Toujours est-il que la
diversité n’est pas sa caractéristique la plus évidente : on
reste relativement perplexe…
• Bouche à l’attaque assez alerte, sur la fraîcheur, l’amertume
du zeste d’agrume, mais vite rattrappée par un sucre
démonstratif, épais, déséquilibrant, prenant la mesure sur une
modeste palette aromatique (sirop d’orange, abricot sec, pâte de
coing). Finale assez brève, paralysée par un sucre persistant.
Le soir :
• Robe assez pâle, reflets verts.
• Le nez, très réduit, bloqué par le soufre, confirme
l'impression visuelle ; les odeurs sont ingrates (ail,
encaustique, gasoil, cacahuète grillée…) mais l'ensemble tend
toutefois à s'épurer à l'aération.
• La liqueur se montre fine et persistante, avec une heureuse
colonne vertébrale acide, une finale décidée et appliquée
(fermeté due au soufre ?). Sans agrément en l'état, mais des
qualités de constitution qui pourraient s'affirmer,
l'appréciation ressortissant à l'optimisme de chacun…
Note moyenne après-midi : 13,8 - soir : 15,8
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d'Yquem 1997 - Sauternes Vin de Bordeaux, France
80 % Sémillon-20% Sauvignon (13,5°)
L’après-midi :
• Robe jeune, moyennement épaisse, assez claire, d’un or
brillant, lumineux.
• Nez sublime, s’ouvrant progressivement : miel dominant aux
premiers effluves, puis boisé élégant, notes de café, de fumé,
enfin arômes d’épices, de fleurs avant un festival de fruits
frais (noix de coco significative). Grande variété olfactive
dans une fraîcheur évidente. Unanimité pour Yquem…
• Acidité qui saisit d’entrée, dans une attaque à la fraîcheur
réjouissante. Matière à l’équilibre exemplaire, donnant une
impression de finesse superlative : presque juteux, le vin se
boit avec une facilité décomplexante pour qui fuit les excès
liquoreux, le tout dans une sensualité délicieuse, une approche
presque féminine... Expression explosive d’un registre
aromatique complexe et sans cesse en révélation : orange,
citron, mirabelle, fleurs, rôti délicat, fruits exotiques, notes
safranées… Finale aérienne, tendue comme un arc, à la
persistance imposante.
Le soir :
• Robe présente, vieil or, sans être particulièrement foncée.
• Nez très vanillé, riche et profond mais encore barré par son
élevage (chêne frais plus que noix de coco).
• Yquem est rapidement reconnu par plusieurs dégustateurs ;
l'assise, l'équilibre et la persistance de la matière lui
permettent de se démarquer assez nettement des autres vins
goûtés ce soir. Encore très fermé, presque martial, il évoque en
bouche un long faisceau, lumineux et dynamique, d'où rien ne
déborde. Une longue aération développe de sublimes saveurs de
crème fraîche, qui confèrent à la finale magistralement longue,
sereine et ferme une sensualité bienvenue. Un grand Yquem, d'une
constitution et d'un caractère peut-être comparables à ceux du
1988.
Note moyenne après-midi : 18 - soir : 17,6+
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Nairac 1997 - Barsac Vin de Bordeaux, France
90 % Sémillon-6% Sauvignon (14°)
L’après-midi :
• Robe assez épaisse, limpide, singulièrement foncée avec sa couleur
quasiment ambre, mais toujours lumineuse.
• La concentration de couleur trouve écho dans un nez confit, riche,
dense, typiquement botrytisé, sur le coing, l’ananas, l’abricot,
l’orange confite. Généreux, mais sans complaisance ni excès : c’est net
!
• Si l’attaque fait craindre une sucrosité disproportionnée, l’acidité
reprend vite le dessus pour jouer une partie d’équilibriste assez
excitante. On pourrait craindre des excès de douceur, de concentration,
mais c’est finalement la fraîcheur qui finit par s’imposer ! Belle
palette aromatique, avec toujours un très joli rôti, une mandarine en
verve, le kumquat, de beaux confits, de discrètes notes boisées (café,
grillé), plus une légère sensation de Rhum. La finale affirme la
justesse de cet équilibre étonnant, avec longueur et rémanence.
Très jolie prestation pour un positionnement délicat : succéder à Yquem
n’est pas forcément un privilège…
Le soir :
• Robe foncée, ambrée ; elle évoque un vin plus âgé.
• Nez très riche, fortement botrytisé, grand rôti épicé sur fond de
crème brûlée et même de baba au rhum.
• Bouche également très riche, très liquoreuse, heureusement équilibrée
par une bonne vivacité. On peut admirer l'intensité et la flamboyance du
vin, ou bien estimer que les notes botrytisées presque excessives
(caractère pharmaceutique, viande fumée) prennent le pas sur l'harmonie
d'ensemble et sur la finesse de l'expression de terroir, avec de
surcroît une évolution (couleur, arômes…) prématurée.
Note moyenne après-midi : 16,7 - soir : 15,9
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Rieussec 1997 - Sauternes Vin de Bordeaux, France
90 % Sémillon-9% Sauvignon (14°)
L’après-midi :
• Robe très épaisse, lumineuse, or aux reflets orangés.
• Nez à l’expression certes intense, mais plutôt simple, avec une
dominante sur le caramel au lait qui laisse une maigre place au miel et
autres fruits confits. Touche iodée cependant intéressante. Aurait-il
quelque chose d’autre à nous dire ?
• La bouche est sur un registre assez monotone, encore engoncée dans un
sucre pataud. Certes, on sent pointer une certaine élégance, une
richesse indéniable, avec une palette aromatique sérieuse (étalage de
fruits confits : orange, mandarine, pâte de coing), toujours ce caramel,
mais la texture est en l’état un peu lourde, en plus contrariée par
quelques notes alcooleuses (alcool d’orange, style cointreau). La finale
ne parvient pas à redonner de la hauteur à l’ensemble, et si elle
persiste longuement, ce n’est toujours pas dans la subtilité…
Le soir :
• Robe très sérieuse, profonde, dorée.
• Nez vivant, très botrytisé (mousseron), un peu lactique (confiture de
lait), mais surtout porteur d'un fruité généreux et précis, bien dégagé
de son élevage.
• Superbe liqueur, avec ce caractère légèrement lactique que l'on
trouvait déjà au nez. L'équilibre entre la finesse et l'intensité se
montre vraiment remarquable, tout comme le raffinement de la texture,
rivalisant avec les plus jolis "taffetas" de Touraine. Un Rieussec
vraiment élégant et séducteur.
Note moyenne après-midi : 15,7 - soir : 17,3
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Climens 1997 - Barsac
Vin de Bordeaux, France
100% Sémillon (14°)
L’après-midi :
• Robe moyennement épaisse, limpide, d’un or particulièrement éclatant.
• Nez bien peu bavard : on frise l’extinction de voix ! Encore une
vacherie du soufre qui bloque toute spontanéité ? Vague sensation iodée,
de coquille d’huître, plus d’évidence sur le sucre, puis quelques notes
herbacées peu séduisantes, une évocation de l’infusion de tilleul… Très
moyen !
• Bouche plutôt dissociée, sans grande tenue, privée d’arômes, mais pas
de sucre ni d’alcool (marc de raisin) ! Un gros coup de mou !
La découverte de la bouteille est la Grande déception de l’après-midi :
les amateurs du cru en perdent leur latin…
L’idéal serait de regoûter.
Le soir :
• Robe moyennement dorée, plutôt légère dans le contexte de la
dégustation.
• Nez avenant, propre, "gentillet", dominé par des notes d'ananas frais
(on est bien à Barsac), souligné d'un petit côté lactique qui pourrait
évoquer le lait caillé, le renvoi de bébé…
• Ça se gâte en bouche, l'expression aromatique semble moins nette, la
liqueur flottante, l'ensemble manque de tenue et de cohérence, avec une
composante alcoolique qui ressort beaucoup trop. L'échantillon ne semble
pourtant pas présenter de défauts liés au conditionnement ou à la
conservation ; si c'est une phase de repli que traverse ce vin
superbement goûté plusieurs fois dans le passé, elle est sévère…
Note moyenne après-midi : 13,5 - soir : 13,9
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de Malle - Sauternes Vin de Bordeaux, France
70 % Sémillon-27% Sauvignon (14,5°)
L’après-midi :
• Robe étonnante de clarté : avec ses reflets verts quelque peu fluos,
ce jaune pourrait très bien signer un vieux Chardonnay !
• De nouveau un nez emprisonné par le soufre. On devine cependant plus
franchement la grande maturité du fruit, tirant vers le confit, ainsi
qu’une pointe d’alcool.
• Bouche de belle texture, assez fine, dotée d’une belle acidité,
nécessaire pour équilibrer un sucre évident, mais jamais gênant :
l’ensemble reste élégant et permet d’apprécier une variété aromatique
certes mesurée, mais bien plaisante (prune, mirabelle, mangue, abricot).
Finale persistante, mais rémanence sur le sucre et l’alcool, ce qui nuit
à l’harmonie générale.
Le soir :
• Robe jaune vif, reflets verts.
• Nez soufré, herbacé (évocation variétale de sauvignon), ingrat.
• Bouche fermée, durcie, malgré une liqueur non négligeable, sans
l'évolution positive à l'aération qui permettait à Suduiraut de
convaincre les plus optimistes quant à son potentiel de développement
futur.
Note moyenne après-midi : 15 - soir : 13
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la Tour Blanche - Sauternes
Vin de Bordeaux, France
83 % Sémillon-12% Sauvignon (13,5°)
L’après-midi :
• Robe assez épaisse, limpide, or lumineux.
• Nez initialement sur l’alcool (sensation d’éther), avec derrière une
fruité quand même généreux : coing, mirabelle, pâte de fruit, ananas,
raisin. L’ensemble est d’une complexité moyenne, mais assez plaisant.
• Bouche assez riche, présentant une jolie matière, bien tenue,
exprimant sa palette de fruits confits, sa pâte de fruits, le coing, le
raisin de corinthe, mais dans un style assez convenu. La finale reste
modeste, concluant sur une note de marc de raisin.
Le soir :
• Belle robe aux profonds reflets bronze - topaze brûlée ?
• Nez intense, "piquant" (acidité volatile), roboratif : orange confite,
caramel, sucre d'orge…
• Riche et puissant en bouche, comme les arômes volatils le laissaient
supposer ; une certaine pesanteur, structurelle et aromatique, par
rapport à d'autres vins plus "lâchés" ou plus enlevés, mais une bonne
acidité qui ressort en finale et qui laisse espérer un affinement
ultérieur de son expression.
Note moyenne après-midi : 15 - soir : 14,9
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CONCLUSION
Par Philippe pour l’après-midi
De mémoire, 1997 a toujours été considéré comme un très beau
Millésime à Sauternes.
10 ans plus tard, en tout cas à l’ouverture des bouteilles,
notre constat est moins enthousiaste…
Ne boudons pas pour autant notre plaisir : 15,3 de moyenne
confirme la qualité globale de cette dégustation.
Mais notre sentiment est un certain décalage avec la réputation
de ces 97…
Certes, quelques bouteilles semblaient encore bloquées par un
soufre perturbateur peu compatible avec une dégustation sans
préparation, mais cela n’explique pas tout…
On peut aussi penser à une certaine immaturité de ces vins :
beaucoup sont encore des bambins et la richesse de constitution
de bien d’entre eux laisse augurer des vieux jours plus
distingués, plus raffinés, plus expressifs.
Espérons-le, car en l’état, bien des Grands de Sauternes ne
semblaient pas tout à fait à leur place, au point qu’hormis
Yquem, au dessus du lot l’après -midi, ce sont les moins
renommés qui trustent les premières places : Haut-Bergeron (très
beau rapport qualité-prix), Nairac et D’Arche !
Point commun de beaucoup de ces vins : une belle acidité.
En effet, peu d’entre eux se sont laissés piéger par les excès
du sucre : l’équilibre semble être la caractéristique de ces 97,
si bien que l’identification des Barsac (habituellement plus
frais), n’a pas été aussi évidente que prévue.
En tout cas pas pour tout le monde !
Par Pierre pour le soir
La dégustation de ce soir a permis de faire le point sur ce
millésime rapidement présenté comme "grand", dans le contexte
d'une décennie qui a enchaîné les années difficiles (1991, 1992,
1993, 1994 et même 1995). Malgré un certain manque
d'homogénéité, l'image de vins riches, généreux, fortement
botrytisés a été confirmée. Par ailleurs le manque de tension
acide, de vivacité, dont le millésime se voit de plus en plus
souvent accusé (dans le Sauternais même) ne s'est pas montré
flagrant, du moins dans les meilleurs échantillons. Une
comparaison systématique avec les vins de 1996, réputés plus
incisifs mais moins généreusement dotés, éclairerait
certainement notre lanterne.
Nous avons rencontré une majorité de bons ou de très bons vins,
"classiques", pleins, richement liquoreux mais parfois trop
discrets, manquant de verve et/ou de génie, ou revêches, trop
statiques, mal lunés. Deux grandes réussites méritent à mon sens
d'être signalées, elles ont peut-être bénéficié d'une "fenêtre"
de dégustation particulièrement propice : Rayne Vigneau et
Rieussec. Lors de la première séance de dégustation, la "fenêtre
de tir" semble avoir été favorable à d'Arche et Haut-Bergeron,
qui sont ensuite rentrés dans le rang. Évolution interne des
vins au contact de l'air ou affinités électives entre eux et les
deux différents groupes de dégustateurs ?...
Yquem et l'Extravagant de Doisy-Daëne sont à part, c'est
entendu, dominant la dégustation avec des styles et des
intentions diamétralement opposés.
Seuls deux vins sont apparus bloqués par le soufre, désagréables
en l'état ; ce n'est pas si mal, il y a progrès par rapport aux
années 80. Restent les cas de Nairac et Guiraud, leur évolution
trop précoce (à l'inverse trop peu protégés par le soufre ?),
même si Nairac possède un fond remarquable (on peut s'interroger
sur le devenir de l'éblouissant 2003 du domaine), et le mystère
Climens… le 1997 ayant été goûté plusieurs fois dans le cadre du
club à un tout autre niveau.
Laurent Gibet - pour Winemega.com |
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officiels des Grands Crus Bordelais
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TABLEAU RECAPITULATIF
Excellents vins
Yquem 1997 Sauternes 1er CC - Non aéré
Extravagant 1997 Barsac - Aéré
Rieussec 1997 Sauternes 1er CC - Aéré
Haut Bergeron 1997 Sauternes - Non aéré
Très bons vins
Nairac 1997 Sauternes 2nd CC - Non aéré
Rayne Vigneau 1997 Sauternes 1er CC - Aéré
D’Arche 1997 Sauternes 2nd CC - Non aéré
Bons vins
Suduiraut 1997 Sauternes 1er CC - Aéré
Doisy Daëne 1997 Barsac 2nd CC - Aéré
Le Tour Blanche 1997 Sauternes 1er CC
De Malle 1997 Sauternes 2nd CC - Non aéré
Assez bons vins
Clos Haut Peyraguey 97 Sauternes 1er CC
Guiraud 1997 Sauternes 1er CC - Aéré
Climens 1997 Barsac 1er CC - Aéré
Vin bouchonné
Coutet 1997 Barsac 1er CC
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