Léoville Las Cases - 2ème Grand Cru Classé 1855 - Appellation Saint-Julien

Château Léoville Las Cases, dégustation verticale

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GRANDE VERTICALE DE LEOVILLE LAS CASES
2ème Grand Cru Classé 1855 - Appellation
Saint-Julien France

32 millésimes - 33 flacons -  En collaboration avec www.lapassionduvin.com - 24.04.2004

degustation leoville las casesExceptionnel! Y aurait-il un autre terme pour qualifier cet évènement totalement baroque? Réunir, lors d'une unique dégustation verticale, quelque 33 bouteilles d'un des crus les plus réputés du Médoc, Château Léoville las Cases, tenait effectivement de la gageure. Mais lorsque une mouche pique une dizaine de passionnés, rassemblés grâce à l'un des meilleur forum francophone actuel - La Passion du Vin (http://www.lapassionduvin.com/) - le rêve inaccessible devient tout à coup réalité! Pensez donc.. Neuf fadas faisant leurs fonds de caves personnelles pour contribuer à rassembler une série aussi exceptionnelle.. 33 bouteilles, dont la plus ancienne, une 1934, âgée de 70 ans! 

Mes remerciements vont ici à chacun de ces passionnés, mais plus particulièrement à Fabien, grâce auquel nous n'aurions pu profiter des millésimes les plus anciens, ainsi qu'à Pascal, l'initiateur premier de cette rencontre et contributeur d'une bonne dizaine de bouteilles. 

Merci enfin à Xavier Bagnoud, de nous avoir si gentiment accueilli dans le cadre approprié de son oenothèque. En effet, quel meilleur cadre donner à cette rencontre exceptionnelle? En cette fin de mois d'avril printanier à Leytron, petit bourg viticole au cœur de l'ensoleillé Canton du Valais en Suisse, entouré de cimes majestueuses aux neiges éternelles, nous voici rendus à l'Oenothèque de Leytron (http://www.oeno.ch), laquelle nous accueille au sein de son cuvier, où dorment encore quelques spécialités valaisannes du grand millésime 2003 en devenir. Le décor des cuves en inox et des barriques de chêne, ainsi que le calme des lieux convenait parfaitement à la concentration des esprits pour aborder sereinement, cette série de vins totalement superlative! 

Enfin, ultime clin d’œil de l'Helvétie à Bordeaux.. le nombre de bouteilles dégustées se montait à 33, chiffre du département de la Gironde.. La fête ne pouvait se présenter sous de meilleurs auspices et les réjouissances pouvaient commencer!

1934 1947 1948 1955 1959 1961 1966 1970 1971
1973 1975 1977 1978 1979 1982 1983 1985 1986
1987 1988 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995
1996 1997 1998 1999 2000

Merci à Jean-Hubert Delon, le dynamique Administrateur du Château Léoville las Cases, pour ses remarques et conseils lors de la phase de préparation. Nous n'avons pu que regretter qu'il n'ait pu se joindre à nous, pris à Bordeaux par la frénésie d'une campagne primeur 2003 particulièrement agitée. 

 

Volée 1 - Les Vaches Maigres..

Non décantés - servis immédiatement après l'ouverture

> Léoville las Cases 1977

Rubis assez clair, légèrement tuilé. Le nez est fin, bien qu'un peu alcoolisé - compote de fruits et vieille grange, mais agréablement relevé d'une note de torréfaction. Bouche d’ampleur moyenne où l'on retrouve de belles notes épicées. Finale relativement courte et touche acide pour terminer. Après une demi-heure, le vin se disloque dans le verre et exhale alors des odeurs de sueur peu agréables. Si on le boit rapidement après l'avoir servi, c'est un vin encore surprenant pour ce millésime pluvieux de si petite réputation. 78/100

> Léoville las Cases 1987

sommelierOuvert 3 heures - non Robe un peu plus intense que le 1977. Nez marqué par du poivron, des arômes tertiaires, champignons. Un peu évanescent. La bouche est décevante. Attaque assez franche - milieu de bouche linéaire, finale courte, asséchante et alcoolisée. Ce vin aurait certainement du être consommé voici une décennie. 70/100

> Léoville las Cases 1991

Rubis grenat relativement clair. Le nez, assez peu expressif, ouvre sur des épices (poivre) et de la vanille. Curieusement le vin est encore marqué par le bois (torréfaction). La structure en bouche est assez maigre, mais sans défaut marquant. Vin simple et plaisant, mais sans grande prétention, qui illustre les progrès techniques de vinification réalisés lors de petites années. A boire sans trop attendre. 82/100

> Léoville las Cases 1992

La robe est plus intense que le 1991, légèrement orangée sur les bords du disque. Le nez, plutôt discret, est encore soutenu par du fruit (prune), du bois fumé (encens), mais également par quelques curieux arômes pharmaceutiques (pansement?). La bouche est décevante et paraît déstructurée, marquée par une acidité désagréable et une longueur réduite, 
terminant sur une impression alcoolisée. Sensation de réduction en finale. Déjà sur le déclin.. 70/100

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> Léoville las Cases 1993

bouteilles de leoville las casesCouleur grenat. Nez assez simple de fruits mûrs et de cachou. Bouche un peu diffuse et de faible ampleur sur des tannins un peu sévères. Heureusement que la finale semble s'arrondir et termine sur une note plus positive, bien que d'intensité très moyenne. Un vin qui n'exprime finalement que peu de chose. Relative déception. A boire assez rapidement. 82/100

> Léoville las Cases 1997

On change de registre avec la robe de ce 1997 - dont la couleur juvénile est encore caractérisée par des reflets pourpres intenses. Le nez est finement marqué par la barrique torréfiée, les fruits confits et le café. L'attaque est franche sur un fruité soyeux, mais avec un petit creux en milieu de bouche. La texture n'est pas excessivement riche, mais termine cependant harmonieusement dans une finale plutôt plaisante. Un vin de style "moderne" (a-t-on fait appel à l'osmose inverse?) et séducteur qui devrait encore tenir une dizaine d'années. Mais va-t-il vraiment encore s'améliorer? Au regard des participants, ce vin a ses détracteurs et ses supporters mais, d'avis général, il semble que le boisé paraisse quand même un peu trop marqué en regard de la matière. 88/100

Volée 2 - Montée en puissance

> Léoville las Cases 1979

degustateursLa robe est brillante avec quelques reflets orangés sur le bord du disque. Nez reposant nettement sur des arômes tertiaires - sous-bois, cacao. L'attaque est franche et de bonne intensité, mais dès le milieu de bouche, la structure se fait plus éthérée et passe sur un registre plus velouté. Finale un peu courte mais fraîche, conservant jusqu'au bout un bon équilibre. Un vin délicat, à consommer dès maintenant sans bouder son plaisir. 86/100

> Léoville las Cases 1978

La couleur est d'un superbe rubis lumineux. Dès le premier nez, le vin exhale de puissants arômes de fruits mûrs. A l'agitation il se complexifie avec une succession de notes de thé noir, de muscade, de bois de santal, de cachou et de fruits cuits. La bouche est ample et sensuelle, presque confiturée, mettant en évidence une matière magnifique très concentrée et des tannins encore présents mais nullement agressifs. L'ensemble dégage une très belle impression d'onctuosité et d'élégance. Une très belle réussite qui devrait encore tenir, à ce niveau, pour plusieurs années encore. 90/100

> Léoville las Cases 1983

Robe grenat un peu tuilée et légèrement trouble. Nez peu engageant de vieille grange et de tabac, marqué par une certaine 
acidité volatile et de notes phénoliques. L'attaque en bouche est cependant de meilleure qualité, assez ronde sur du fruit 
mûr, mais marquée par un déséquilibre alcoolisé et une certaine dilution en finale. Bien que ne présentant pas de réel défaut, ce vin est clairement une déception. Cette bouteille aurait-elle eu quelque problème de conservation? A re-goûter. 

> Léoville las Cases 1994

Couleur grenat encore foncée. Arômes plaisants d'épices (poivre), de fumé et de pruneau. Boisé encore présent au nez. L'attaque en bouche est franche, interprétant un registre empreint de finesse, bel équilibre global. Finale un peu mentholée et moyennement longue avec l'apparition de tannins un peu durs en fin de bouche. Ce n'est pas un monstre de concentration, mais c'est drôlement bien fait! Un très beau vin dans un millésime pas toujours facile. 88/100

> Léoville las Cases 1999

Robe pourpre de belle intensité, encore violacée. Le nez peine un peu à s'exprimer. Les arômes, discrets, sont principalement basés sur des fruits noirs (myrtilles) et de la réglisse, mais un boisé un peu trop intense vient cependant, perturber quelque peu cette impression générale positive. La texture est intéressante et de belle facture avec une finale veloutée pleine de fraîcheur, bien qu'un peu courte. Ce vin rappelle le style du 1997 goûté précédemment, mais avec un peu moins de finesse dans le grain. Controversé par plusieurs participants qui apprécient moyennement son style "facile". Actuellement en phase de fermeture, ce millésime devrait mieux s'exprimer d'ici quelques temps (2-5 ans). 88/100



etiquette de vin de bordeaux

VOLEE 3 - SOUS LA POUSSIERE..

Non décantés - servis immédiatement après l'ouverture

 

vin de bordeaux

> Léoville las Cases 1934

70 ans! La plus ancienne bouteille proposée sur le plateau. Malgré un niveau à mi-épaule, on est vite rassurés par une robe agréablement vive (voir photo ci-contre), sur des teintes orangées. Bien entendu, le nez est beaucoup moins intense que sur les vins plus récents, mais il exprime encore de belles nuances d'aromates, de champignons, de cacao et de cuir. La bouche est ronde et ample sur un fruit presque compoté, encore équilibré par une légère acidité en fin de bouche. La texture est soyeuse et termine simplement sur une impression de havane. Finale relativement courte laissant, en rétro-olfaction, la sensation veloutée unique des grands vins rouges mûrs. Comme le relève un participant, "..c'est un paisible retraité qui profite encore des bons moments de la vie". Un vin vénérable et hors concours...

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> Léoville las Cases 1947 - mise négociant Cruse

Robe tuilée d'intensité moyenne. Nez marqué de liège et de champignons. Attaque puissante, milieu assez ample, mais on revient rapidement sur le goût de bouchon décelé au nez avec une finale très volatile. Passé! 


etiquette de vin ancienne

> Léoville las Cases 1947 - mise château

Robe tuilée mais plus sombre que pour la mise négociant. Etonnante concentration au nez où l'on trouve du sous-bois, du pruneau ainsi que des arômes viandés. La bouche est rectiligne, presque austère à l'attaque, avant de s'adoucir nettement. Encore beaucoup de finesse et de vivacité en milieu de bouche, mais la finale se révèle un peu dure avec quelques notes métalliques. Au verre, le vin évolue vite et après une trentaine de minutes, commence à s'oxyder. Un peu fragile, il aborde maintenant la phase descendante de son évolution, mais demeure encore remarquable pour autant qu'on le consomme rapidement dès l'ouverture de la bouteille. Surtout ne pas décanter! 89/100 

> Léoville las Cases 1948

Robe d'apparence très jeune, couleur fauve intense. Le nez est presque doucereux, mélange complexe de sirop d'érable, de fruits confits, de boite à cigares, de moka et de truffe noire. On en redemande! L'attaque en bouche est souple, ronde et de belle ampleur. Les tannins ne sont pas totalement intégrés et la structure reste d'une remarquable fraîcheur. Superbe longueur. Alors que son prédécesseur (1947) s'étiole quelque peu dans le verre, le 48, au contraire, se bonifie à l'aération, gagnant encore en rondeur et en équilibre! Impressionnant.. 1948 fait typiquement partie des années injustement délaissées, coincées entre deux millésimes prestigieux (47 et 49). Cette bouteille, "..d'une jeunesse insolente" comme le souligne un participant, fut une surprise et un intense régal! 97/100



 

2ème grand cru classé

VOLEE 4 - DEPART D'UNE NOUVELLE ERE..

décantation 2h30

> Léoville las Cases 1985

Carafé juste avant de servir. Robe rubis intense. Nez chatoyant s'ouvrant progressivement sur des fruits mûrs, du tabac blond et des épices. Sensations soyeuses et élégantes en bouche. Tannins fondus et belle fraîcheur. Finale harmonieuse et délicate, élégante, loin du style de "culturiste" parfois présenté par certains vins modernes. 90/100 

> Léoville las Cases 1986 (magnum)

En magnum. Robe grenat foncée. Le nez est plutôt fermé, mais à l'aération, il révèle une verdeur suspecte.. Confirmation en bouche, totalement hermétique, d’où émanent des sensations pétrolées assez désagréables et des tannins plutôt verts et secs. On hésite à dire de ce vin qu'il se trouve dans une phase d'évolution fermée - mais il est plus probable que nous soyons face à un problème de bouteille (ou de magnum dans ce cas!). A re-goûter.

> Léoville las Cases 1988

Robe grenat foncée. Nez discret d'épices, de poivron et de lard fumé. L'attaque en bouche est impressionnante de volume et révèle une structure très concentrée: fruits rouges vifs et de beaux tannins encore très présents. Passé un petit creux perceptible en milieu de bouche, beau retour de l'impression fruitée initiale avec une longue finale où l'on sent cependant, la pointe de poivron déjà décelée au nez. Une belle bouteille qui nécessite certainement encore 5 - 10 ans de patience pour s'arrondir. 89/100

> Léoville las Cases 1989

Robe grenat profonde. Le nez s'exprime avec bonheur sur une palette de fruits rouges - groseilles, framboises et un rappel vanillé. La structure est moins printanière que le nez, montrant une grosse texture et des tannins massifs qui doivent encore s'affiner. Beaucoup de mâche et de volume, mais avec un équilibre général remarquable. Vin à la trame très 
dense. On sent qu'il ne fait actuellement que dévoiler une petite partie de ses potentialités. Une bouteille probablement bâtie pour défier le temps... 95/100

VOLEE 5 - DES PETITS JEUNES BIEN COSTAUDS..

décantation 3h

> Léoville las Cases 1995

chaisRobe sombre. Bouquet floral de violettes, de petits fruits (cassis) ainsi qu'une délicate touche boisée. La trame, bien que serrée, reste très élégante. Tannin au grain croquant et finale harmonieuse. Légère sensation d'amertume en fin de bouche. Cette bouteille a beaucoup plu par son style, davantage sur la finesse que sur la puissance. Très beau vin en devenir. 94/100

> Léoville las Cases 1996

Couleur pourpre intense. Nez encore sur le bois, très fermé malgré 3 heures de décantation! Un superbe fruit charnu arrive quand même à s'exprimer à travers l'hermétisme des arômes. Dès l'attaque en bouche, ce vin est monumental! Rectitude, tannins serrés et grains fins. Une structure énorme, puissante mais jamais lourde, d'un équilibre magique, paradoxal - un poids lourd à la grâce de ballerine. Longueur phénoménale et fruit d'une exceptionnelle fraîcheur, presque encore croquant. Cependant, on peine quelque peu à retrouver le terroir. On se prend à se demander si ce ne serait pas un grand de Pauillac caché sous l'étiquette du Marquis? Quel vin! 98/100

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> Léoville las Cases 1998

Robe intense avec des reflets pourpres. Belle expression aromatique sur du bois de cèdre un peu brûlé, des fruits rouges (cassis), de la violette ainsi qu’une petite note poivrée. La bouche se révèle opulente et séductrice, avec un gras bien charnu sur des tannins racés. Très belle bouteille, contrastant avec le 1996 par son style plus facile et un caractère quelque peu "mondialiste". Beau pedigree que l'on appréciera certainement avec grand plaisir à table ces prochaines décennies. 93/100

leoville las cases bordeaux

VOLEE 6 - LE DUEL Léoville las Cases 2000 / Léoville Barton 2000 !

décantation 3h30 - Servis à l'aveugle
Loués par l'ensemble des critiques, nous souhaitions réunir ces deux prestigieux domaines face à face pour une passe d'arme prestigieuse. Allait-on pouvoir décerner le titre honorifique de seigneur de Saint-Julien dans ce millésime déjà légendaire? Etonnant de mesurer, après quatre heures de dégustation exclusive des vins de Léoville las Cases, combien inconsciemment les participants avaient appréhendé le style de la maison, puisque tout le monde a clairement identifié les deux vins à l’aveugle.

> Léoville las Cases 2000

Robe sombre et pourpre. Fruit surmûri et liqueur de cassis. Un noble boisé fait ressortir un nez empreint de rigueur. La texture est très dense, serrée sur des tannins croquants d'une folle élégance. Grande ampleur et magnifique longueur. Une vinification totalement maîtrisée donnant un vin (presque) trop civilisé. Une bouteille de très grande classe. 98/100

> Léoville Barton 2000

Robe pourpre d'une grande profondeur. Nez sur un fruit opulent et explosif et de la vanille. Dès le début, l'attaque en bouche est soyeuse, veloutée mais puissante. Les tannins sont un peu moins élégants que pour las Cases, mais le fruit de Barton, très concentré, semble encore de meilleure qualité, ce qui n'est pas un mince exploit! Grande ampleur et belle acidité de fin de bouche, marquée d'une légère volatilité, comme si le vin était encore sur lies. Un vin jubilatoire, débridé, "baroque" diront certains.. en tout cas extrêmement séducteur. 98/100

A lire également: "Bordeaux 2000 : l’année des superlatifs justifie-t-elle vraiment son prix ?"

vin caraféFinalement, les avis étaient très partagés pour désigner un vainqueur, certains adorant le style un peu bohème et presque bourguignon de Léoville Barton, les autres admirant la rectitude et la précision millimétrique du Marquis de la Cases. Quel vin vieillira le mieux? Difficile à dire aujourd'hui, si ce n'est que l'un et l'autre verront certainement leur vie aller bien au delà le la cinquantaine!

VOLEE 7 - LES LEGENDES 

Non décantés - aération 4h

> Léoville las Cases 1961 - mise négociant (Nicolas)

Dans le verre, la couleur trahit un vin faisant plus que son âge, dégageant de forts arômes tertiaires torréfiés - champignon, tabac, moka. Le nez manque cependant de grâce. La bouche est équilibrée avec des tannins arrondis, mais elle manque cruellement d'ampleur et de concentration. Curieuses notes iodées en rétro-olfaction. 83/100.
Nous n'avons malheureusement pas pu comparer cette bouteille avec une mise Château de la même année, mais au vu de ce que nous avions déjà constaté avec les deux 1947, où la différence qualitative entre la mise négociant et la mise Château était énorme, on ne peut qu'applaudir à la disparition de cette pratique de mise en bouteille hors château.

> Léoville las Cases 1982

Couleur rubis intense aux reflets grenats. Nez flatteur sur un magnifique fruit mûr, presque compoté, mais 
contrebalancé par une belle fraîcheur et une note de chocolat noir. Belle concentration en bouche avec des tannins ronds et toujours ce fruit mûr. L'acidité est encore bien présente, donnant un petit côté bourguignon à ce vin. Curieusement, la finale peine à se développer, faisant presque étriquée. Très beau, mais la fin de bouche laisse un peu sur sa faim.. 
Certains participants évoquent peut-être un problème de conservation? 90/100 sur cette bouteille – à confirmer.

> Léoville las Cases 1990

Robe grenat profond. Dès le nez, on sent que cette bouteille a un problème, avec des odeurs de pansement et de goudron. Bouche asséchante et altérée par un léger goût de bouchon. Quel dommage..

michel rolland maître de chais

A la suite de cette dernière volée des millésimes de légende - un peu décevante il faut l'avouer - nous levons l'ancre pour nous rendre au Restaurant des Vignes à Uvrier, aux portes de Sion. Un délicieux repas, ainsi qu'une série de sept flacons que nous estimions à leur pic de maturité, nous attendaient. Avant de faire connaissance avec ces vénérables nectars, petit intermède pour nous rafraîchir la bouche, avec un rare Johannisberg 1962 de Provins Valais, apporté par l'un des participants, Dominique Fornage (http://www.ecole-nobilis.ch/). Une bouteille ayant défié le temps pour livrer une expression étonnamment originale et de toute beauté de ce cépage (le sylvaner), qui a trouvé en Valais une terre d’expression exceptionnelle.

VOLEE 8 - LA VOLUPTE..

Les bouteilles sont ouvertes une demi-heure avant le début du repas et non décantées. Les trois premiers millésimes 
mentionnés sont assez rapidement bus. Les quatre derniers flacons sont appréciés en fin de repas, 
environ 1h30 plus tard.

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> Léoville las Cases 1973

La robe est assez évoluée avec des bords tuilés. Le nez, bien ouvert, reste sur des notes de cacao et de fumé. Après aération dans le verre, on sent comme une curieuse odeur de "sirop contre la toux". La structure en bouche est fine, le fruit est un peu confituré et assez plaisant. Finale légèrement dissociée avec un léger faux goût en rétro-olfaction. 82/100 

> Léoville las Cases 1971

Couleur rubis légèrement tuilée. Arômes fins de muscade et de fruits mûrs. Attaque  en bouche de moyenne ampleur sur le fruit, texture encore vive - même un peu trop - avec une légère verdeur en milieu de bouche. En finale, le restant de structure se dissocie, entre un fruit compoté et une acidité trop marquée. Sur le déclin. 81/100 

> Léoville las Cases 1970

chateau leoville las casesRobe assez évoluée, d'un rubis lumineux. Nez délicat décliné sur des arômes floraux (rose) et de pruneau. Sur le palais, c'est un vin équilibré, élégant et harmonieux, d'une puissance moyenne mais encore d'une étonnante fraîcheur en fin de bouche. Une bouteille réservant beaucoup de plaisir, actuellement, pour les amateurs de vins fins. 89/100 

> Léoville las Cases 1975

Robe grenat avec un bord de disque légèrement tuilé. Nez puissant de sous-bois, truffe noire et cerise confite. Bouche 
d'une grande richesse, équilibrée et droite au volume imposant. Les tannins, bien qu'encore marqués, sont équilibrés et ne perturbent absolument pas l'équilibre de la structure. Très belle bouteille classique, dont la vinification n'a pas abouti sur une surextraction du fruit comme pour certains vins modernes. Potentiel de garde d'au moins une dizaine d'années encore. 94/100. A noter que le fond de bouteille, re-goûté le lendemain, s'était encore arrondi et bonifié! 

> Léoville las Cases 1966

Robe grenat lumineuse. Nez élégant composé d'arômes tertiaires nobles, bois de cèdre, havane, encens, épices et cacao. La texture est harmonieuse, se déployant avec finesse et sensualité, tannins soyeux et belle fin de bouche, faisant ressortir un fruit très mûr. Un magnifique Bordeaux arrivant aujourd'hui à maturité. A déguster avec gourmandise ces prochaines années. 90/100 

> Léoville las Cases 1955

Surprise.. dans le verre ce vin a l'air étonnamment jeune. Arômes frais de fruits rouges et de sous-bois, légèrement truffé. La bouche est formidablement bien structurée, harmonieuse, ronde et équilibrée, avec un magnifique fruit mûr. La finale est à l'image de ce 55, longue, d'une remarquable fraîcheur donnant au vin des airs de grande jeunesse. Comme avec le 1975, ce vin avait parfaitement tenu la distance le lendemain, sans aucune trace d'oxydation. Pour moi, ce Léoville las Cases 1955, au même titre que le 1948, fut la révélation de cette dégustation! 95/100

> Léoville las Cases 1959

Robe d'un rubis brillant, un petit peu évoluée sur le bord du disque. Le nez est charmeur, gourmand et complexe - thé noir, champignons (morilles), fruit à noyau ainsi qu'une fugace fraîcheur mentholée. La bouche, bien que tonique, est toute de rondeur et de finesse. Finale tombant très légèrement. Un grand Médoc dans sa plénitude, à apprécier sans retenue dans cet état de forme, à mon avis, d'ici la fin de la décennie. 94/100

appellation saint julien

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 > EPILOGUE 
A côté de huit merveilles qui ont fait l'unanimité autour d'elles, nous avions une dizaine de superbes flacons de très haut niveau, auxquels il ne manquait finalement qu'une petite pincée de magie pour entrer dans le panthéon dionysien. Donc en faisant le compte, plus de la moitié des flacons inscrits étaient d'un niveau remarquable à exceptionnel.

Quelques déceptions cependant - et c'est normal dans ce genre de dégustation.

Les plus criantes d'abord: le 1982 - un vin évalué à 100 points par Robert Parker. Certes, un très beau vin, mais qui ne génère pas l'enthousiasme qu'on serait en droit d'attendre de lui. Personnellement, je le met au bénéfice du doute d'une bouteille mal conservée, mes souvenirs, certes lointains, ne cadrant pas du tout avec cet échantillon.

Et puis il y a eu ce 1990, hélas légèrement bouchonné - alors qu'habituellement ce vin est absolument grandiose. Egalement un 1986, pourtant en magnum, qui présentait une structure totalement dissociée. Enfin, le légendaire 1961... certes une mise négociant, mais quand même. Un vin fluet, sans défaut, mais présentant une structure qui n'était clairement pas à la hauteur de sa réputation. Dommage que plusieurs grandes légendes attendues n'aient pas répondu présent à Leytron. 

A côté de ça, très peu de déceptions, si ce n'est peut-être le 1983, dont personnellement j'attendais beaucoup mieux ainsi qu'un 1987, totalement insignifiant et passé. Egalement 1991 et 1992, maigres comme des chats pelés, se sont révélés indignes de leurs pairs.

Et puis, la surprise est venue de certains millésimes "off". Certes, il n'y a pas chez eux l'envolée des grandes années, mais au bout du compte, 1977, 1973 et 1993 se révélèrent des vins "propres", offrant un certain plaisir. Certes, après une demi-heure d'aération, ils avaient un peu tendance à se déglinguer, mais bus à la volée et sans attendre, ils nous racontent encore une jolie petite histoire.

Bien sûr qu'une telle manifestation n'est pas à comparer à un repas hédoniste entre passionnés. Il y a avec de telles verticales, une approche plus raisonnée, analytique et c'est vrai un peu moins émotionnelle. Mais que d'enseignements! Personnellement, j'ai enrichi ma mémoire vinesque de quelques chapitres essentiels. Et puis, les discussions du lendemain sur la terrasse, face aux sommets enneigés, tout en retouchant à quelques fonds de bouteilles, valaient par leur ton vivant et passionnant. 

Cette dégustation, que certains qualifieraient de décadente et excessive de par l'ampleur des vins dégustés, n'aura finalement eu que le défaut de sa qualité: sa richesse! Tout le monde s'accordait le lendemain pour dire qu'il y avait une dizaine de vins en trop. C'est certain: les papilles saturaient un peu sur les dernières bouteilles, mais la plupart ont finalement pu être re-goûtés à tête reposée le lendemain. 

jean hubert delonPour conclure, je cite ici les mots d'Olivier, l’un des participants. "Si je devais résumer cette verticale en quelques mots, je dirais que le Grand vin du Marquis de Léoville est effectivement un Grand vin, qui s’en tire cependant de façon irrégulière suivant les millésimes. Plus grand ou aussi grand que les plus grands, je ne sais, mais pour qui a eu le bonheur de tremper ses lèvres dans un 1947, un 1948, un 1959, un 1966, un 1978, un 1989, un 1996, un 1998, ou un 2000, cela ne fait aucun doute! Monsieur le Marquis est bien une légende bordelaise !"


Alain Bringolf - pour Winemega.com

Merci à Yves pour l'excellente qualité de ses photos.

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Tentative de synthèse de cette Verticale des vins de Léoville Las Cases

 

1996 - Divin !
2000 - Divin !

1948 - Exceptionnel


1955 - Remarquable
1975 - Remarquable
1989 - Remarquable

1959 - Savoureux
1995 - Savoureux

1998 - Excellent

1966 - Délicieux
1978 - Délicieux
1982 - Délicieux
1985 - Délicieux

1947 - Très bon
1970 - Très bon
1988 - Très bon

1994 - Appréciable
1997 - Appréciable
1999 - Appréciable

1979 - Bon

1961 (mise Nicolas) - Décevant

1973 - Encore vivant

1971 - Maigrelet
1991 - Maigrelet
1993 - Maigrelet

1977 - Fatigué

1987 - Passé
1992 - Déclinant

1934 - Hors concours

PROBLEMES DE BOUTEILLES
1947 (mise Cruse)
1983
1986
1990

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