Dégustations de Vins de Bordeaux France, présentées par Laurent Gibet

Vins dégustés en 2007 - les réussites

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Dégustations de vins de Bordeaux - France - présentées par Laurent Gibet

Vins dégustés en 2007 - les réussites

 

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LES REUSSITES

Angelus 1983   -   Angelus 1989   -   Angelus 1990  -  Angelus 1995 -    Angelus 1998  -  
Angelus 2000   -  
Angelus 2001   -   Angelus 2003

Calon-Ségur 1957 - Canon de Brem 2000 - Climens 1988  - Clos Ht-Peyraguey 1957  Conseillante 2001  - Cos d'Estournel 2001 - Coutet 1989 - Eglise-Clinet 1985 - Haut-Brion 1983  

Lafite Rothschild 1988  - Lafite Rothschild 1997  - Latour 1988 - Léoville Barton 1990

Léoville las Cases 1986 - Léoville las Cases 1990 -  Montrose 2001 - Mouton Rothschild 1986    Mouton Rothschild 1986 - Pape-Clément 1957 - Vieux Château Certan 1990

> Eglise Clinet 1985 - Pomerol

Vin de Bordeaux, France

Nez complet, éclatant, un peu évolué, associant des senteur multiples : bâton de réglisse, cassis, poivron noble, «after eight »(chocolat/menthe), sous-bois (champignons). La bouche présente une belle texture de merlot, la concentration n’occultant pas une certaine douceur tannique. Profondeur, finesse et longueur parachèvent ce tableau réussi. Ce joli vin a le tort de passer après le sublime Clos de la Roche 1989 de Dujac, d’un raffinement rare. 17/20

> Pape Clément 1957 - Pessac Leognan Graves Vin de Bordeaux, France

Niveau bas. Le caractère empyreumatique de ce vin est d’une admirable violence. Il propose un nez énorme de suie, de goudron, de brique chaude qui s’affinera vers des notes moins accentuées de havane (Cohiba), de terre, de truffe également. Des notes complémentaires intenses de gelée de cassis, de fumée (thé tari Souchong), de cuir composent ainsi un panel olfactif à la fois marqué et captivant. Un jus fruité, vivant, boosté par une bonne acidité et une présence tannique non négligeable (légère accroche astringente) expliquent une grande présence en bouche, que l’on n’oubliera pas facilement. 17/20

Château Eglise Clinet, dégustation

> Calon Segur 1957 Saint-Estèphe

Vin de Bordeaux, France

Bon niveau. Nez de médoc évolué, herbacé, combinant des odeurs de fleurs, de graphite, de cèdre, de santal, de cassis (le fruit est encore très frais), de cuir. Bouche complète, avec de la douceur en milieu et un autoritaire retour ferme en finale. Jeunesse et rectitude pour une expression dont on se demande si elle n’implique pas une infime pointe liégeuse (à moins de la confondre avec un peu de rouille (aspect ferrugineux). 16.5/20

> Canon de Brem 2000 - Canon Fronsac

Vin de Bordeaux, France

Robe noire. Nez de grande qualité, volontaire : minéral, fruits noirs, pain grillé (et encore une pointe lactée), réglisse, pruneau, inflexions végétales/florales, soupçon mentholé. Bouche charpentée, fruitée, aux tannins relativement massifs ; saveurs puissantes d’une grande franchise. La matière est mûre, vigoureuse mais sans lourdeur. On atteint ici une sorte de sommet de rusticité assumée. 16/20

> Angelus 2003 - Saint-Emilion

Vin de Bordeaux, France

Nez mûr, plutôt explosif, boisé racé : roncier, mûre, cacao, graphite, épices.
Bouche longue, fruitée, assez lascive mais pas si joufflue que cela (un très léger manque de chair, le 2003 paraissant curieusement plus filiforme que le 2004). Un vin doté, qui bénéficie d’une rassurante accroche astringente en finale. 16.5+/20

> Angelus 2000 - Saint-Emilion

Vin de Bordeaux, France

Nez solaire mais sans lourdeur excessive ; on engrange avec bonheur des notes multiples de fruits noirs et rouges confiturés, de réglisse, d’herbes aromatiques (en décoction), de figue rôtie, de poivre, de boîte à cigares.
Bouche au caractère plus exotique, au velours admirable, qui remplit la bouche de manière démonstrative (osée ?) et corsée mais se déroule sérieusement en finesse et sans chaleur trop excessive. Ses éléments sont mieux fusionnés que dans le cas du 2003. 17/20

> Angelus 1998 - Saint-Emilion

Vin de Bordeaux, France

Robe intense mais un peu plus mate.
Olfaction profonde, corsée, racée. Le kiosque à odeurs est complexe : minéral, havane, rose ancienne, figue, poivre, réglisse.
En bouche, c’est de la belle ouvrage : on se régale d’une production qui rappelle un peu le 2000, raisonnablement riche (cossue mais pas crémeuse), délectable. Longueur et relative fraîcheur complètent ce tableau d’excellence. 17/20

> Angelus 1995 -  Saint-Emilion

Vin de Bordeaux, France

Bouquet profond, sanguin, plus végétal, moins expansif que celui du 1996, sur des odeurs de cassis, de tabac, d’agrumes, de minéral, de figue.
En bouche, l’austérité, qui confère de la vigueur au vin, est adroitement enjolivée dans une trame de qualité, ferme et sapide. Tannins un tantinet poudreux (aspect pulvérulent). 16.5/20

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> Angelus 1990 - Saint-Emilion

Vin de Bordeaux, France

Des senteurs aguicheuses de graphite, d’épices, de fruits confiturés, d’eucalyptus, de réglisse, de figue émanent d’un nez expressif, dopé par un peu de volatile. Bouche au beau développement, dentelée et longue, qui peut rappeler un Châteauneuf-du-Pape (caractère fin et corsé). Finale enivrante. 17/20

 

 

> Angelus 1983 - Saint-Emilion

Vin de Bordeaux, France

Appréciable floraison aromatique exposant des notes de fruits à l’eau de vie, de fraise, de rafle, de fraise, de réglisse, de cuir, de pot-pourri (raffinement floral). L’ensemble est fondu, cohérent, retenu. Il vaut le détour car, pinotant légèrement, il se boit à petites lampées gourmandes et a le mérite de ne pas décrocher en finale. Un beau vin fin. 16.5-17/20

> Angelus 2001 - Saint-Emilon

 Vin de Bordeaux, France

Nez minéral en diable, compact, empyreumatique : moka marqué, fruits noirs.
Tannins remarquables pour une trame pleine, cohérente, juteuse, caressante, très persistante. Le prolongement est délicieusement suave, salivant, éclatant, la finale entraînée par une sensation de poussée continue bluffante. Difficile de ne pas se resservir une belle rasade de ce vin en pleine forme, déjà fondu et prêt pour une longue croisière. Bien plus dévoilé que le Léoville-Barton bu le 5 avril 2007 et j'attends avec impatience la comparaison avec la Conseillante 2001 (à l'encépagement plus exclusif), qui arrivera fin avril 2007 avec une énorme réputation sur ce millésime (lequel verra ponctuellement le dossard de l'autre ?). 18/20

> Angelus 1989 - Saint-Emilion

Vin de Bordeaux, France

L'attendu 1989, déjà bu à grand niveau, est
nettement moins évolué que le 1990. Profond, martial, minéral, il délivre avec plus de réserve
des notes pour autant multiples de mine de crayon, de fruits noirs, d'agrumes, de figue, de
girofle, de sirop de cassis, de grillé. La bouche possède de la prestance et se déroule longuement, en sérénité et en finesse. L'ampleur est peut-être moindre que dans le cas du 1989 (18/20) bu en septembre 2003, servi avec Unico 87 (18/20), Eglise-Clinet 86 (17/20) et Muntada 95 (16/20). Plus que de nombreux autres dégustateurs, je suis ce soir séduit par le charme et la vigueur (certes relative) de ce vin. Le domaine a légèrement changé de nom pour passer en
tête de l'ordre alphabétique de crus classés ! 18/20


 

Chateau Angélus, dégustation

 

> Haut-Brion 1983 - Pessac Leognan  Graves Vin de Bordeaux, France

Bouquet « noir », racé, empyreumatique : mûre, havane, fleurs fanées, fumée, épices. Bouche fine, beau caractère et belle tension (acidité conséquente, alcool mesuré, relative fraîcheur fruitée, sveltesse). 16.5-17/20

> Montrose 2001 - Saint-Estèphe

Vin de Bordeaux, France

Ici aussi, un nez plus délié que dans le cas d’Angélus. Senteurs de minéral, de fraise, de réglisse, de poivron, d’estragon, de clou de girofle, et une légère évocation forestière (sous-bois).
En bouche, on apprécie une belle expressivité, la fraîcheur, la finesse. Un style retenu, moins offert que dans le cas d’Angélus 2001, pas si ferme que cela, très buvable. 16/20

Cos d'Estournel, dégustation

> Cos d'Estournel 2001 - Saint Estèphe

 Vin de Bordeaux, France

Bel ensemble aromatique très « rive gauche » composé de senteurs de fraise, de minéral, de pain grillé, de végétal (poivron, herbes aromatiques). Beau classicisme en bouche pour une matière assez svelte, digeste, équilibrée (en l’état clairement plus réservée et possédant moins d’éclat qu’Angélus 2001 toutefois). 17/20

> Mouton Rothschild 1986 - Pauillac

 Vin de Bordeaux, France

Vin racé, corsé, puissant. Légère pointe exotique et malencontreuse légère sécheresse intrusive. Le vin possède du cachet et il faudra surveiller son évolution (les avis sont partagés). 17/20

 

 

 

Château Mouton Rothschild

 

> Mouton Rothschild 1986 - Pauillac

 Vin de Bordeaux, France

Robe intense, brillante, d'un violacé très juvénile. Nez expressif, dense, jeune, encore marqué par le bois. Notes solaires, fruitées (cassis), épicées, mentholées. Le verre vide dégage des notes de vanille encore prononcées. La bouche partage les dégustateurs. Certains lui trouvent une densité et une race incomparables, du potentiel et en même temps un charme immédiat. Ils le situent clairement au niveau d'un premier cru bordelais exceptionnel (rappelons la note de 100 chez Parker). D'autres le trouvent certes imposant, massif, plein de potentiel, mais également peu typé (on a pensé à des cabernets américains, du style de ceux produits chez Ridge, voire italiens - supertoscans), à la limite de l'exubérance aromatique par la maturité de son fruit. On peut alors rétroactivement apprécier le classicisme et la retenue plus orthodoxe du Las-Cases 1986. 16.5/20

> Conseillante 2001 - Pomerol

 Vin de Bordeaux, France

Bouche concentrée, sombre, réservée. Le vin est très sérieux, consistant et refuse de trop se dévoiler pour le moment. 17/20

> Léoville las Cases 1986 - Saint-Julien

 Vin de Bordeaux, France

Robe intense. Nez épicé, herbacé. Les notes de cèdre, de réglisse, de poivron laissent peu de doutes sur l'origine bordelaise du vin.
- Bouche racée, typée, particulièrement fraîche, encore très jeune, longue. Bonne densité, sans excès. Sa minéralité et sa tension évoquent Pauillac (mais on est ici sur un millésime acide et ferme). 16.5/20

> Lafite Rothschild 1997 - Pauillac

 Vin de Bordeaux, France

Senteurs extasiantes, racées, typées très grand cru du Médoc : cassis, cèdre, épices, tabac, graphite. L'équilibre en bouche est magnifique, la longueur, la finesse et la gourmandise au rendez-vous. Un vin salivant, au raffinement seigneurial (Lafite a énormément trié en 1997). Il possède encore beaucoup de potentiel. 17.5-18/20

 

> Vieux Château Certan 1990 - Pomerol

 Vin de Bordeaux, France

Nez de grande race : cassis encore bien frais,
cacao, réglisse, herbes aromatiques, figue fraîche, cuir. Bouche parfaitement en place, jeune,
fine et puissante à la fois. Un petit côté oriental dans ce profil confituré et frais, lascif
et ferme (socle du cabernet-franc, on a aussi pensé à Lafleur), qui surfe brillamment sur les
obstacles potentiels du millésime. Ce vin très stable ne bronche pas à l'air (contrairement au
Margaux 1985 bu à côté) et confirme la grandeur décelée lors de la dernière dégustation. Il se
boit "comme du petit lait". 18/20

> Latour 1988 - Pauillac

 Vin de Bordeaux, France

Grande classe médocaine pour un vin racé
(cassis, graphite, boîte à cigares, herbes aromatiques), profond, vital, digeste,
imperturbable. Un style sans concession, assez insurpassable. 19,5/20

 

 

Chateau Latour

 

> Léoville las Cases 1990 - Saint-Julien

 Vin de Bordeaux, France

Une très belle bouteille, fondue,
racée, réconfortante. Contrairement aux vins plus jeunes, le plaisir de ses constituants
harmonisé est au rendez-vous. 18/20

 

> Lafite Rothschild 1988 - Pauillac

 Vin de Bordeaux, France

Race médocaine aristocratique (cassis encore très frais, viande rouge au four, graphite, cèdre - un hommage rétroactif au vin libanais précédent ?). Peut-être un peu moins séducteur que lors de la dernière dégustation mais le potentiel est là, pour ce premier cru indéboulonnable, tout en sérénité. 18.5/20

 

 

 

Léoville Barton

 

> Léoville Barton 1990 - Saint-Julien

 Vin de Bordeaux, France

Superbe galerie aromatique, mûre et joliment
évoluée, dans laquelle on peut s'amuser à identifier une armada de senteurs : cacao, café, cassis, cèdre, poivre, champignons, havane, menthol. Bouche au grain

admirablement fins, duveteuse (taffetas), envoûtante. Un grand vin, rayonnant (que j'ai imaginé sur Pomerol, sur le même millésime, ou 1989). Il jouit des atouts d'une race aristocratique médocaine (sans austérité) et de la sensualité libournaise (rigoureusement corsetée). Un grand Bordeaux 1990. 18.5/20

> Coutet 1989 - Barsac

 Vin de Bordeaux, France

Très belle liqueur sur un millésime périlleux (mais on est dans une zone géographique favorable pour éviter ce piège). Goûts classiques (gentiane, citron vert, safran, miel, écorce d'orange). Le vin, doué d'élévation, se déguste prestement. Rivaliser (presque) en attention de plaisir avec Dom Pérignon, alors que nous sommes en fin de repas, prouve la grande qualité de ce vin. Yquem 89 lui est supérieur (complexité, finesse), je crois. 18/20

 

> Climens 1988 - Barsac

 Vin de Bordeaux, France

Bu à Rauzan-Ségla à l'occasion de la session du
GJE sur les Bordeaux 2004. On retrouve avec bonheur la délicatesse proverbiale des meilleurs
vins du domaine, structurée par la force d'un millésime qui commence à bien s'exprimer. Amers et longueur assez incomparables, comme dans le cas du 1988 bu à Astaffort en avril 2007. 18/20

 

> Climens 1988 - Barsac

 Vin de Bordeaux, France

Liqueur bordelaise parfaitement ciselée, retenue. Amers racés (évocation de gentiane) et équilibre irréprochable. Un travail d'orfèvre,
reconnaissable. Finale exultante ! 19/20

 

> Clos Haut Peyraguey 1957 - Sauternes-Barsac

Vin de Bordeaux, France

Robe acajou. Exhalaisons d’orange, d’abricot sec, de cire. Sveltesse, finale un brin tannique et acidité constituent ici les paramètres d’un très beau vin âgé, irréprochable en termes de finesse et de fraîcheur. Il n’y a aucun relâchement dans cette matière qui, à défaut d’exploser en queue de paon, se déroule parfaitement pour finir sur des beaux amers. Pensé à un Tokaji. 16.5/20

Laurent Gibet pour Winemega.com

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