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Château Haut-Brion - Jean-Philippe Delmas

Les vendanges 2002 à Château
Haut-Brion -
Pessac-Léognan-Graves
Les grandes années sont toujours des années sèches et sur ce point toute l'année 2002 a été à Bordeaux une année très sèche. Dans son ensemble, une des plus sèches connues
à
Haut-Brion. Les très faibles précipitations ont été assez bien réparties pour apporter à la vigne la régularité hydrique dont elle a besoin. Il en fut de même pour la température assez homogène, mais avec un été plutôt frais et le raisin tarda à mûrir. L'inquiétude des vignerons
à
Haut-Brion fut grande début septembre, jusqu'à l'apparition de conditions idéales pour la récolte : temps raisonnablement chaud, vent du Nord ou de l'Est extrêmement sec. Mauvais temps pour les champignons, peu ou pas de cèpes, pas de
botrytis non plus et le grain de raisin put parfaire sa maturité sans craindre l'attaque des moisissures si fréquentes en automne.
Pour ceux qui suivent la nature, qui ne croient pas que des méthodes artificielles puissent supplanter un soleil quelque peu défaillant, la surveillance de la maturité se fait avec grand soin. C'est le cas à
Haut-Brion. Chaque jour, on surveille l'évolution du
fruit. On goutte les grains, la pellicule surtout et les pépins. Rien ne remplace cette analyse sensorielle qui ne s'acquiert qu'au fil des ans et que seule une équipe entraînée oeuvrant en symbiose peut utiliser au mieux.
Ainsi, les blancs ramassés entre le 9 et le 17 septembre, les
Merlots entre le 19 et le 27 septembre, les
Cabernets-Francs et les
Sauvignons du 30 septembre au 8 octobre, furent tous apportés au cuvier
de
Haut-Brion sans une goutte de pluie.
Il est encore difficile aujourd'hui d'évaluer la qualité réelle de ce
millésime à
Haut-Brion. A ce jour, la
structure
tannique
des premières cuves est très harmonieuse, le
fruit est très présent et le tannin abondant est doux et "mûr" à la fois. La sécheresse a amené à maturité des raisins plutôt petits, contenant un faible volume de jus, donc assez concentré. La récolte est faible en volume, surtout dans les
cabernets, alors qu'ils laissaient espérer une récolte plus abondante que les
Merlots touchés par la
coulure. La perte en volume est de l'ordre de 30 % à
Haut-Brion.
De ce qui précède, beaucoup de conditions semblent réunies pour espérer tenir un très bon
millésime 2002 à Château
Haut-Brion.
Jean-Philippe Delmas -
Château
Haut-Brion
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