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Château Palmer
- Philippe
Delfaut

Les vendanges 2002 à
Château Palmer -
Margaux
Château Palmer
: 23 septembre 2002
la récolte s'annonce très faible en volume
à
Château Palmer. Fin juin début juillet, nos prévisions faisaient déjà état d'une petite récolte. A l'origine, le climat particulièrement défavorable que nous avons connu entre le 21 mai et le 9 juin
à
Château Palmer: des températures très fraîches et une succession de journées pluvieuses ont considérablement gêné le bon déroulement de la
floraison. La
coulure (absence de fécondation) et le
millerandage (fécondation incomplète ou avortement des jeunes baies ) sont responsables de la baisse de
rendement.
La
véraison a débuté très lentement début août pour s'accélérer à partir du 13 avec un net réchauffement des températures. Les raisins ont mûri progressivement et profitent pleinement d'un beau mois de septembre qui a relancé tous nos espoirs pour ce
millésime de
Château Palmer.
Les richesses en sucres sont déjà excellentes et les acidités encore un peu hautes, signe que le raisin a encore besoin de quelques jours pour atteindre son optimum. Autre aspect de la maturité : les composés
phénoliques. Nous mesurons des richesses importantes en
anthocyanes et tanins, supérieures aux 3 dernières années.
A
Palmer, la faiblesse du
rendement y contribue certainement pour une grande part . Tout ceci est de bonne augure pour la vinification.
Château Palmer
:
27 septembre 2002
Aujourd’hui nous commençons le ramassage des grands
Merlots, issus
de vignes plus âgées qui font la
richesse de
Palmer. La couleur, l’odeur, la
saveur des premiers jus confirment totalement les analyses faites depuis le début du mois.
La
richesse en sucres et la couleur sont bien supérieures à
Palmer
2001 et
Palmer
2000. L’acidité est légèrement plus haute, à cause d’une teneur en
acide malique supérieure (il sera dégradé pendant la
fermentation malolactique). Les tanins sont nets, sans aucune verdeur et les pépins contribuent très peu à la somme des tanins, ce qui est très encourageant pour les macérations. Autre confirmation, la faiblesse des
rendements pressentie dès le mois de juillet. Nous ne dépasserons pas 25-30 hl/ha dans les
Merlots (45 hl/ha
en année normale). Dommage que cette excellente maturité ne
profite pas à davantage de raisins.
Château Palmer
:
30 septembre 2002
Dans le cuvier de
Palmer,
les premières cuves fermentent déjà et l'emplissent d'une odeur
caractéristique et délicieusement fruitée. Les jus se colorent
immédiatement, avant même que l'on ait pratiqué le moindre
remontage, signe que les
anthocyanes (à l'origine de la couleur) sont très facilement extractibles. Nous n'aurons pas à nous préoccuper de la couleur cette année ! Par contre, nous devrons être vigilants sur les
vins de fermentation car nous n'avons jamais rencontré de telles richesses en sucre (250 gr. de sucre par litre!). La mise en barriques se fera dès la fermentation achevée, courant octobre et jusqu'à la mi-novembre.
Château Palmer
:
3 octobre 2002
Après seulement 6 jours de
cuvaison, la couleur est sombre, presque noire, encore trouble. Le
nez est marqué par la fermentation, et aussi les fruits frais. En bouche la
richesse alcoolique contrebalance la
structure
tannique déjà bien présente de ce
Palmer
2002. La
cuvaison peut se poursuivre pour apporter un supplément de
gras. Pendant ce temps, la cueillette des
cabernets a démarré. Nul besoin d'attendre plus longtemps, car nos analyses indiquent que la maturité
phénolique est atteinte. Ce n'est pas souvent le cas, mais cette année, le
Cabernet-Sauvignon a mûri immédiatement après le
Merlot. Certainement , l'excellent climat de septembre lui aura permis de rattraper le
Merlot.
Château Palmer
:
8 octobre 2002
L'automne arrive subitement à
Palmer. Il a gelé ce matin dans certains endroits du
Médoc et le ciel est chargé de nuages annonçant la pluie. Fort heureusement, nous avons terminé de vendanger hier après-midi
à
Palmer et nous pouvons remercier la nature d'avoir contribué même tardivement à l'excellente maturité des raisins. Il n'a pas plu une seule goutte depuis le commencement de la cueillette le 26 septembre
à
Palmer. Nul n'avait imaginé en août une si grande
richesse naturelle, tant au niveau des sucres que des
composés phénoliques. Les fermentations se déroulent très
rapidement malgré le taux d'alcool élevé et nous effectuons des
remontages modérés étant donné la facilité d'extraction de la
couleur et des tanins. Nous pressentons un
millésime de très grande qualité à
Palmer: il suffit pour cela d'observer la couleur presque noire des jus lors d'un
remontage. Nous avons maintenant confirmation de l'extrême faiblesse des
rendements. Ils ne dépasseront pas 25 hl/ha cette année contre 44 hl/ha en 2001. "Dommage, car peu d'amateurs en profiteront", nous a dit un membre du cercle
Palmer, venu partager l'expérience des vendanges avec nous.
Philippe Delfaut ,
Château Palmer
chateau-palmer.com/fr1
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