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22 septembre 2003 - VENDANGES

Après la canicule, le
millésime
2003 s'annonce prometteur, mais pas facile. Ce sera surtout la plus petite récolte depuis douze ans.
La récolte 2003 de vin en France devrait s'élever à 48 millions d'hectolitres, en baisse de 15 % par rapport à la moyenne. On prévoit 22 millions d'hectolitres de vins fins, 13 millions d'hectolitres de vins de pays et 7,7 millions d'hectolitres de vins destinés au cognac. Pour le seul département de la Gironde, les chiffres sont revus tous les jours à la baisse; les vendanges amèneront sans doute la plus petite récolte depuis 1991. « Sans doute pas plus de 30 hectolitres à l'hectare », prédit pour son appellation le président de Pomerol, Jean-Marie Garde. Et d'ajouter : « La quasi-totalité des merlots sont rentrés. Il y a un beau potentiel avec de bons degrés et des acidités faibles. C'est la marque des années chaudes à
Pomerol. Je pense que le
millésime sera un compromis entre 1990 et 1971. Mais avec de tous petits
rendements... » .
« C'est un
millésime
exceptionnel, mais il va falloir apprivoiser des raisins d'un nouveau style, avec une
acidité très basse et des degrés très élevés, estime Jean de Laittre, au
Château
Le Thil-Comte-Clary, dans les
Graves. Le vinificateur devra être inventif et prudent à la fois. Les extractions ne sont pas faciles, et je ne vais pas vinifier toutes les cuves de la même façon. C'est un
millésime de sensibilité...» « C'est le
millésime de l'extrême », annonce carrément Alain Moueix, dans le chai de
Château Fonroque,
cru classé de
Saint-Emilion. Les grands terroirs devraient faire du grand vin. On ramasse de très belles choses, et les raisins sont bien mûrs. Je suis très optimiste. Mais on a de petits
rendements.... »
Bon mais rare. Volumes extrêmement petits pour une canicule extrême, une précocité extrême et des degrés par endroits extrêmes, tout confine à l'exception cette année, y compris, selon beaucoup de viticulteurs, les difficultés liées aux conditions du
millésime et à la chaleur de l'été. Pour l'heure, vu la clémence de la météo, qui prévoit encore une belle semaine, les raisins devraient finir de mûrir en beauté, notamment les cabernets, qui s'annoncent partout somptueux. Il y a donc un dieu pour les vignerons. « C'est vraiment une année atypique, relève Bernard Vincent, vigneron à Montignac, dans
l'Entre-deux-Mers; c'est l'année du technicien, mais c'est d'abord une année de petit
rendement. Si l'on ramasse du raisin mûr, il n'y aura aucun problème. Mais si on n'a pas de nuits fraîches, la pourriture risque d'exploser. On va s'apercevoir que le climat océanique est très bénéfique à Bordeaux... »
« Pour les vins blancs, résume le président des bordeaux et bordeaux supérieur, Alain Vironneau, il y a des gens qui vont faire des vins alcooleux, et d'autres des super
vins blancs. Quant aux rouges, il faut aller chercher là toutes
les potentialités, avec des moyens techniques s'il le faut. On a
rarement atteint un tel potentiel qualitatif. » Reste le
problème des volumes. C'est la deuxième petite récolte après
2002 en Gironde, et plusieurs exploitations, déjà pénalisées par
des cours très bas, risquent de souffrir encore plus. « Le
tonnage va être bon, mais avec des petits grains, on va avoir des surprises dans le
rendement
en jus », prévient Eric Larramona,
au
Château Fombrauge, à
Saint-Emilion. Autrement dit, ce sera sans doute très bon, mais il n'y en aura pas beaucoup. « Volumes extrêmement petits, précocité extrême, degrés extrêmes, tout confine à l'exception »
06 octobre 2003
"(..) Et à peu près partout, il est acquis que ce
millésime restera celui de la canicule, avec ses conséquences : précocité historique,
richesse en sucre, qualité satisfaisante. Satisfaisante mais hétérogène. « Les gens qui ont pris la peine de bien travailler vont faire un
millésime d'exception, estime l'oenologue bordelais Georges Pauli (Gruaud Larose). Il y aura des rouges somptueux,
meilleurs que 2000. Les vieilles vignes ont atteint le summum des potentialités. C'est l'année pour créer des oeuvres d'art ! » Comme souvent à Bordeaux, on ne trouvera pas ces « oeuvres d'art » partout. La grande diversité des terroirs, des
rendements, des cépages, des méthodes culturales, entraîne d'inévitables écarts de qualité d'une parcelle à l'autre. Mais, globalement, après un soleil rayonnant pendant quatre mois, la maturité est au rendez-vous, et la majorité des vignerons a le sourire. (..)
« Je n'ai jamais goûté des
Cabernets-Francs comme ceux-là, s'extasie Hubert de Bouärd, au
Château Angelus, premier cru de
Saint-Emilion. Ils sont entre 14 et 15 degrés.... ». A
Margaux
, Florent Granier, directeur du
Château Labégorce, se félicite des raisins qui ont « des pellicules épaisses et soyeuses qui annoncent des tanins charnus et volumineux ». Au
Château
Mouton Rothschild, premier cru de
Pauillac, on n'a pas lésiné sur le personnel pour assurer la bonne marche de la récolte. 450 personnes à la vigne et 70 au cuvier ont été réquisitionnées pour ramasser et trier la vendange. Là encore, les cabernets s'annoncent explosifs, et le directeur technique, Eric Tourbier, prévoit « un vin très élégant avec une grande noblesse de tanins ». Toutes les circonstances sont réunies pour faire un grand vin et nous avons aujourd'hui quelque chose de très prometteur. «Je n'ai jamais vu des
Cabernets-Francs aussi remarquables. C'est un
millésime exceptionnel, qui me paraît très proche du 1982. » dit Eric Tourbier. (..)
http://www.sudouest.com/150106/une.asp
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