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Frédéric Engerer - Château
Latour

Les vendanges 2003 à Château
Latour -
Pauillac
C'est un mois d'août exceptionnel à Château
Latour
Dans nos archives météorologiques à
Latour et de mémoire de Bordelais, nous n'avons pas retrouvé un mois d'août ayant tant de températures aussi élevées sur une aussi longue période.
Ce sont évidemment les conditions climatiques caniculaires de l’été qui ont marqué le millésime 2003
à
Latour. Il faut remonter à 1947
à
Latour
pour retrouver des températures aussi fortes durant le cycle végétatif de la vigne. Heureusement,
à
Latour, elle bénéficie d’un enracinement profond qui lui permet de puiser l’eau indispensable à son développement et les grands terroirs à sous-sol argileux montreront probablement cette année, leur supériorité. Depuis le débourrement, constaté à la fin du mois de mars, toutes les conditions étaient réunies pour donner à ce
millésime de sérieux espoirs qualitatifs et quantitatifs. Après un automne assez pluvieux
à
Latour, les réserves en eau du sol étaient suffisantes pour que l’éclosion des bourgeons se réalise dans d’excellentes conditions. La douceur du printemps a favorisé le développement des ceps qui, cette année
à
Latour ont produit un nombre de grappes sensiblement supérieur à la moyenne de ces dernières années.
La
floraison a commencé très tôt (début juin) à
Latour et grâce à un climat chaud et venteux, toutes les fleurs ont pu être fécondées en l’espace d’une semaine. Rapidement, les grains se sont formés et sous l’impulsion de températures déjà chaudes en juin, la croissance de la vigne a
été forte et régulière. A la mi-juillet, le manque d’eau s'est fait nettement ressentir
à
Latour. Les grains ont grossi lentement et le feuillage montrait quelques signes de stress. Un orage s’est abattu sur notre région le 15 juillet accompagné d'environ 40 mm d’eau. Même si la force des précipitations a entraîné un ruissellement important, les réserves du sol se sont
reconstituées partiellement et la vigne a pu traverser la canicule qui a suivi, sans trop de dommages. Le mois d’août,
à
Latour, a commencé en déclenchant la
véraison. Des pics de températures allant jusqu’à 45°C à l’intérieur des souches ont pu être relevés pendant les deux premières décades, ce qui a entraîné des blocages végétatifs. La vigne
de
Latour a dû se protéger en refermant tous ces récepteurs de lumière afin de résister aux attaques du soleil. Le développement végétatif,
à
Latour,
s’est ralenti et la maturation des raisins a été lente et parfois hétérogène. Ainsi, la précocité qui s’annonçait depuis la
floraison, s’est vu diminuée par les excès climatiques de l’été. Fort heureusement, à deux reprises le 19 et le 31 août, la pluie est enfin tombée sur notre vignoble
de
Latour
(environ 20 mm), ce qui a permis à la vigne de reprendre son cycle végétatif. Dès le début du mois de septembre, nous avons pu constater une augmentation sensible du poids des baies et des composés phénoliques.
Les vendanges 2003 à
Latour seront parmi les plus précoces de l’histoire de
puisque le 8 septembre nous avons démarré la récolte des premiers
Merlots. Les indicateurs de maturité sont excellents pour ce
cépage avec des degrés compris entre 13° et 14° et des composés phénoliques mûrs et extractibles. L’état sanitaire de la vendange
à
Latour
est parfait, seules les acidités présentent des valeurs plus faibles que celles des derniers millésimes récoltés.
La maturité du
Cabernet-Sauvignon est légèrement plus en retard. Sur l’enclos cependant, on perçoit déjà une nette amélioration de la
structure des pellicules grâce aux alternances de températures entre le jour et la nuit. Les terroirs plus secs
de
Latour
ont souffert davantage et le retard de maturité est plus marqué.
La récolte cette année à
Latour sera sans doute ponctuée par des coupures entre les cépages et les terroirs de qualités différentes, mais c’est un beau
millésime qui s’annonce si la météo de septembre est plus modérée que celle de l’été.
Frédéric Engerer, Château Latour
http://www.chateau-latour.fr/index_fra.html
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